Une grenouille d'une tonne à vendre

L'artiste sculpteur de Charette, Claude Desrosiers, a mis... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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L'artiste sculpteur de Charette, Claude Desrosiers, a mis deux semaines à réaliser cette grenouille à partir d'un bloc de calcaire d'une tonne. Il est ici à gauche en compagnie de Serge Dupuis, propriétaire du commerce La Jardinière, sur le boulevard des Hêtres, à Shawinigan, où l'oeuvre a été réalisée et demeure.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) On connaît depuis le XVIIe siècle la grenouille qui a voulu se faire aussi grosse que le boeuf mais un batracien d'une tonne, ça, on en connaît peu. On peut en voir un depuis vendredi à l'entrée de la Jardinière, sur le boulevard des Hêtres à Shawinigan.

La sculpture est l'oeuvre de Claude Desrosiers, un artiste domicilié à Charette qui se fait une spécialité des sculptures de pierre réalisées en public. S'il remplit des commandes comme cette statue du père Frédéric qu'il sculptera en juillet pour le compte de la Fabrique de Saint-Élie-de-Caxton, cette grenouille est une initiative personnelle.

«C'est une idée que j'ai eue, explique-t-il tout simplement, je ne saurais pas très bien dire pourquoi. C'est dans l'air du temps en début d'été les grenouilles: on en voit partout en campagne. J'ai fait venir un bloc de calcaire d'une tonne qu'on appelle la pierre de Saint-Marc parce que ça vient de Saint-Marc-des-Carrières. Ça ressemble à une sorte de marbre.»

On dit que la grenouille pèse une tonne ce qui n'est pas tout à fait vrai. C'est le bloc initial qui avait ce poids. La grenouille n'en a pas tellement moins parce que le sculpteur se fait un devoir de ne pas trop soustraire de roche à son matériau de base.

«L'idée, c'est de faire parler la pierre et souvent, j'improvise devant le morceau brut qui me dicte en fonction de sa forme ce que je peux faire avec. C'est comme une danse avec la pierre. Un bloc carré, ce n'est pas très inspirant.»

«Dans ce cas-ci, je suis content: je trouve que ma grenouille est très réussie. Elle est impressionnante, c'est vrai, mais elle a surtout de beaux volumes et le jeu d'ombre et de lumière qu'elle crée est intéressant. Je l'ai complétée en deux semaines. Depuis plus de 20 ans que je vis de ce métier, j'ai pris pas mal de vitesse.»

La grenouille est à vendre: 5000 $, transport et installation chez l'acheteur inclus. Pour les intéressés, la sculpture va demeurer à la vue des gens le long du boulevard.

Claude Desrosiers, lui, est passé à autre chose. Il a un été chargé devant lui: trois statues monumentales à réaliser pendant l'été.

«Je suis chanceux, j'ai beaucoup de commandes. Je me suis fait connaître essentiellement par le bouche à oreille. J'ai une bonne quarantaine d'oeuvres installées un peu partout au Québec. Je ne fais même plus partie de la banque des artistes pour les contrats de 1 % (programme par lequel 1 % du budget de construction des édifices publics est consacré à une oeuvre d'art qui va l'orner) mais je suis très occupé. Je travaille le plus souvent en public. J'aime ça. Je veux que mon art soit accessible, qu'il fasse plaisir aux gens, que ça leur parle. Je n'ai aucune prétention.»

«C'est pour ça que je ne vends pas mes statues bien cher: je veux que les gens aient les moyens de l'acheter. L'important, ce n'est pas le prix qu'on paie pour une oeuvre mais qu'elle nous parle. Je trouve que c'est là que l'art prend son sens. Ce n'est pas une question d'argent, de prix ou de marché. Moi, je ne fais pas de fortune mais je vis correctement de mon métier.»

Il reste que la sculpture de statues en pierre est exigeante. L'artiste affirme qu'il est chanceux parce qu'il ne souffre d'aucune blessure liée à son travail mais il doit prendre soin de lui.

«Quand j'entreprends une statue, je me donne énormément. C'est beaucoup d'heures de travail: je dois m'assurer de bien manger et de bien me reposer pour tenir le coup. Ça exige de la concentration. Ce n'est pas tout d'être bien physiquement: il faut que le coeur y soit aussi, qu'on ait de l'inspiration.»

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