L'ADN du musée démystifié

L'exposition 30 ans d'objets et d'émotions a été... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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L'exposition 30 ans d'objets et d'émotions a été inaugurée jeudi au Musée des religions du monde de Nicolet et sera à l'affiche jusqu'au 12 mars 2017. On aperçoit sur la photo le directeur du musée, Jean-François Royal.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Nicolet) Il s'est plus récemment fait connaître par des expositions comme Tabarnak: l'expo qui jureÀ la vie, à la mortVoilà, le voile musulman dévoilé, ou encore 1984, je me souviens.

Mine de rien, le Musée des religions du monde de Nicolet démystifie la diversité des religions et fait rayonner Nicolet depuis maintenant 30 ans. Une nouvelle exposition, 30 ans d'objets et d'émotions, souligne cet anniversaire.

Fidèles à leur habitude de faire preuve de créativité dans leur façon d'aborder des sujets a priori plus «sérieux», le directeur du musée, Jean-François Royal, et son équipe ont encore innové avec l'angle choisi pour célébrer ses 30 ans. Trente mots et 30 objets ont été identifiés pour dévoiler les coulisses du musée, illustrer l'aval et l'amont de son action.

«On présente le musée dans une facette peu connue, on le présente dans ce qu'on fait, dans ce qu'on est. Habituellement, on montre toujours des résultats finaux, on montre une exposition quand elle est terminée. Là, on présente l'ADN de notre institution. À travers 30 mots et 30 objets emblématiques, vous allez découvrir des actions qu'on fait dans le quotidien», résume Jean-François Royal.

Volontairement, les vignettes qui accompagnent chacun des objets ne fait que les identifier, sans en dire plus sur leur signification. Le but est de favoriser la médiation culturelle entre le guide et le visiteur.

Chacun des 30 mots associés à la vie et l'identité du musée peut être développé en lien avec des objets exposés. Par exemple, pour illustrer le mot «recherche» et son importance en muséologie, on fait le lien avec une lampe funéraire chinoise datant de la dynastie Han.

«On pensait que c'était un arbre de Bodhi. Une consultante a fait la recherche pour découvrir que c'était une lampe funéraire qui accompagnait les morts dans les tombes chinoises», explique M. Royal. Les expertises de luminescence ont permis de dater la création de la pièce à entre 1600 et 2000 ans.

«Je pense qu'on est le seul musée en Amérique qui a une lampe comme ça et très peu de musées en Europe en ont», précise le directeur du musée. Une autre pièce rare se trouve au Musée des religions du monde et figure à l'exposition inaugurée jeudi.

Il s'agit d'une dalle funéraire de Basse Normandie de la fin du XIVe siècle, exposée pour illustrer les concepts de conservation et de restauration. «Il y a seulement le MET (Metropolitan Museum of Art) de New York et nous qui en avons», précise M. Royal.

Avec cette exposition, Jean-François Royal espère justement démontrer l'importance de sa collection. «Plusieurs personnes pensent qu'on est un musée de reliques, de médailles, de vieilles affaires dont les curés voulaient se débarrasser... Ce qu'on voulait montrer avec cette expo-là, c'est qu'on a une collection de prestige, une collection sérieuse, avec des artefacts sérieux. On devient des gardiens du patrimoine. On a des réserves, et on prend soin de nos objets.»

D'ailleurs, une des trois réserves du musée sera ouverte au public cet été. Du 29 juin au 3 août, Jean-François Royal offrira lui-même des visites guidées de la nouvelle réserve du musée, les mercredis à 13 h 30, sur réservation.

Parmi les objets sélectionnés pour l'exposition 30 ans, on peut aussi voir un vitrail de synagogue de la première moitié du XXe siècle, une chasuble française de 1889, deux masques funéraires égyptiens du deuxième millénaire avant Jésus-Christ et une tête de Bouddha sculptée en Thaïlande au XVIIe siècle.

Depuis 30 ans, le musée a présenté 175 expositions, dont 70 artistiques, 54 sur le christianisme, 26 multireligieuses, huit dédiées au bouddhisme, cinq au judaïsme, trois à l'islam, deux à l'hindouisme et trois concernant les spiritualités.

Il est le seul musée dans les Amériques à traiter des similitudes et divergences entre diverses religions. Il en existe six autres ailleurs dans le monde, en Allemagne, en Russie, au Bélarus, à Taïwan, en Écosse et en Tunisie.

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