L'émotion sous toutes ses formes à Danse Encore

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La compagnie française Pokemon Crew a fait plaisir au public trifluvien avec sa prestation pleine de fraîcheur et d'énergie à travers des chorégraphies mettant en valeur les talents athlétiques des interprètes.

Andréanne Lemire

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Même le ciel a convenu que la programmation méritait le déplacement et s'est abstenu de perturber la première soirée d'effervescence du Festival international de Danse Encore vendredi soir au centre-ville. L'événement a rapidement pris son erre d'aller et c'est aussi bien à l'extérieur qu'en salles que la danse a assumé son rôle de reine d'une fin de semaine.

Malgré la présence des percussionnistes de Samajam qui ont paradé sur la rue des Forges avant d'offrir leur spectacle qui précédait le méga party zumba sur la grande scène de la rue Badeaux, les festivaliers n'ont pas été tellement nombreux au départ des activités vers 18 h 45. La foule a cependant pris de l'ampleur à mesure que la soirée avançait.

Il faut dire que les amateurs étaient déchirés entre les spectacles extérieurs et les autres en salles. La salle Anaïs-Allard-Rousseau accueillait la danse contemporaine et la compagnie Rubberbandance devant environ 90 personnes.

Il s'agissait d'un spectacle très spécial puisque c'était la première mondiale de Vic's Mix, une rétrospective des 15 ans d'existence de la compagnie et de son chorégraphe Victor Quijada. Puisant à même les chorégraphies de sa bande à lui autant que dans ce qu'il a conçu pour d'autres troupes, il a mis sur pied un spectacle qui traduit parfaitement l'essence de cette compagnie dont le langage en est un de fusion.

On l'a constaté dès l'entrée en scène des danseurs urbains sur la musique du ballet Roméo et Juliette de Prokofiev. La solennité de la musique se mariant de façon étonnante avec les mouvements athlétiques des danseurs bien ancrés dans l'urbanité moderne et la violence quelle sous-tend. Ces mariages improbables ont été récurrents pendant tout ce spectacle qui a distillé une jeunesse et une énergie rafraîchissante même dans les moments graves.

Le traditionnel gala de Danse Encore a encore... (Andréanne Lemire) - image 2.0

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Le traditionnel gala de Danse Encore a encore permis des découvertes étonnantes comme le duo Tangram avec sa danse grave et touchante.

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Le jeu du chorégraphe avec les mouvements, suggérant les arrêts sur image et de constants reculons comme autant de jeu avec le temps ont mis en lumière l'extraordinaire malléabilité des interprètes apparaissant souvent comme des pantins de caoutchouc livrés à des forces qui les manipulent. Un très beau spectacle, pour tout dire. 

On n'était pas dans la même puérile et vibrante énergie qui animait la salle Thompson voisine avec la présentation du premier gala de l'édition 2016. Le gala a offert un visage un peu différent en ne présentant que cinq invités qui ont été appelés à présenter des numéros d'une quinzaine de minutes chacun. La formule a ceci de bon qu'elle permet d'aller un peu plus en profondeur et de créer un contact plus étroit avec chacun des invités.

Tangram, avec sa danse plutôt grave, trahissant la difficulté pour les êtres d'entrer en communication les uns avec les autres dans notre monde aurait eu de la difficulté à se faire justice avec une très courte prestation. Les deux interprètes ont pu créer leur atmosphère et modeler leurs personnages intrigants et mystérieux. 

À cette gravité, les Français Pokemon Crew ont apporté un peu de légèreté qu'ils mélangent avec des mouvements et une énergie puisée dans le hip hop. Les performances excessivement athlétiques et spectaculaires des danseurs ont permis au jeune public du gala de pousser les hauts cris à satiété. Cette spontanéité a toujours plu aux danseurs sur la scène et c'était manifestement le cas pour les interprètes de Pokemon Crew qui s'en sont donnés à coeur joie.

C'est par une parade avec Samajam que se... (Andréanne Lemire) - image 3.0

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C'est par une parade avec Samajam que se sont ouvertes les activités officielles du Festival international de Danse Encore vendredi soir au centre-ville trifluvien. 

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Autre contraste avec Ballet Hispanico qui a suivi. Avec des chorégraphies aussi enjouées bien que moins spectaculaires, ils ont apporté une belle fraîcheur nourrie de rigueur technique. Le public a beaucoup apprécié et les danseurs ont beaucoup apprécié que le public ait autant apprécié.

La sophistication de Dana Fogllia Dance a apporté un autre ingrédient à la recette de la soirée, un côté rigoureux où l'individualité disparaissait entièrement dans la conception collective. Les jeunes du public y ont reconnu des éléments vus dans certaines vidéos de Beyoncé. Inutile de dire que ça leur a plu.

Il reste que comme prévu, les chouchous de la soirée ont été les gauchos de Che Malambo à qui la direction artistique du gala a concédé 30 minutes, le double des autres prestation. Non sans raison. Les Argentins ont fait une autre démonstration extraordinairement spectaculaire et divertissante de leur version de la podorythmie, façon pampa argentine. Ça débordait d'énergie brute, de testostérone et de muscles. Le mot subtilité n'est pas dans le vocabulaire des gauchos et ils ont donné le spectacle que le public attendait d'eux. Du rythme, de la puissance, de la sueur, des percussions, du plaisir. Le niveau de l'ovation qu'on leur a réservée réclame une mesure sur l'échelle de Richter.

Le gala sera repris samedi, 20 h 30. À la Maison de la culture, place à Company 605 dès 19 h 30. En soirée, la grande scène accueillera Tapestry, Zogma, 360 MPM et Samajam. Rien pour s'ennuyer en somme. La Place du Festival sera aussi animée pendant toute la journée.

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