Une finale grandiose pour l'OSTR

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L'OSTR a conclu sa 38e saison samedi en présentant une excellente version concert de l'opéra La Traviata de Verdi devant une salle J.-Antonio-Thompson comble.

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les attentes étaient grandes en début de concert, samedi, lorsque le chef de l'Orchestre symphonique de Trois-Rivières, Jacques Lacombe, a confié qu'il pourrait sans aucune gêne présenter n'importe où dans le monde le concert auquel nous allions assister.

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L'orchestre s'est révélé superbe dans la subtilité de son mariage avec les airs, récitatifs, duos et choeurs chantés. 

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

À en juger par les ovations prolongées en fin de soirée, nous pouvons assurément valider la fierté de Maestro Lacombe et la partager. Sa version concert de l'opéra La Traviata était grandiose.

Grandiose, mais dans une simplicité tout à l'honneur du chef qui, année après année, réussit à démocratiser la musique symphonique sans en compromettre la rigueur et la qualité.

Samedi, il s'est adressé au public avec une aise et un naturel confirmant la complicité développée avec celui-ci, pour exprimer à quel point ce dernier rendez-vous de la saison 2015-2016 était spécial pour lui.

Spécial parce qu'il clôturait sa 10e saison à la direction de l'orchestre, spécial aussi parce que qu'il marquait le dernier concert de deux musiciens, la harpiste Caroline Lizotte et le trompettiste solo André Godbout, chaudement remerciés pour leurs loyaux services. André Godbout, coordonnateur du programme musique-études de l'Académie Les Estacades, était membre de l'OSTR depuis sa fondation en 1978.

Enfin, Maestro Lacombe a rappelé son amour de l'opéra lorsqu'il a insisté sur sa fierté devant ce qu'il allait présenter samedi soir, un concert qui, selon lui, n'aurait rien à envier à ceux des capitales internationales - et on sait que Jacques Lacombe en a dirigé un peu partout dans le monde.

Il a par la suite remercié la soliste tenant le rôle principal, Lyne Fortin, de s'être présentée samedi malgré la bronchite qui l'affligeait. Il a même usé d'un peu d'humour en insinuant un parallèle entre la bronchite de Lyne Fortin et la tuberculose de son personnage, Violetta...

La soprano originaire de l'Islet-sur-Mer a été impeccable dans l'incarnation du mélange de force et de vulnérabilité de la courtisane qu'elle a interprétée samedi. Sa voix était magnifique malgré son infection bronchique, et sa présence sur scène juste, convaincante et attachante. 

Comme les autres solistes invités, elle a évité le piège du surjeu ou de l'intensité caricaturale émanant parfois de l'opéra traditionnel. La mise en scène très sobre a permis de mettre en valeur l'oeuvre musicale, et le recours au surtitrage en français, sur un écran au-dessus de la scène, a facilité la compréhension du scénario chanté en italien. 

Les connaisseurs et les puristes en général trouveraient peut-être superflu cet ajout didactique, mais à mon avis, ce surtitrage dans la langue majoritairement parlée et comprise par le public s'inscrit dans la démocratisation d'une musique longtemps associée à l'élite.

Si l'on veut renouveler le public des salles de concert, il faut se permettre d'évoluer vers la simplification (facilitante et non réductrice), tout en ne négligeant pas l'excellence du produit proposé. C'est ce que réussit à faire Jacques Lacombe, qui a aussi invité le public à applaudir selon son inspiration, en faisant référence aux malaises quant à l'étiquette prescrite dans les salles de concert.

L'orchestre s'est révélé superbe dans la subtilité de son mariage avec les airs, récitatifs, duos et choeurs chantés. Dans un contexte d'opéra, l'orchestre doit en quelque sorte respirer avec les chanteurs, devenir leur prolongement, leur complément. Le défi a été brillamment relevé par des musiciens attentifs et minutieux.

Le talent de Lyne Fortin a été solidement appuyé par celui du ténor terre-neuvien Adam Luther, qui a interprété un Alfredo crédible. Quelle belle voix! Au coeur du trio de personnages dits principaux, le duo d'amoureux était accompagné du baryton ontarien James Westman dans le rôle bien soutenu du père d'Alfredo, Giorgio Germont. 

Le ténor trifluvien Frédéric Larochelle-Martin, la soprano Geneviève Lenoir et le baryton-basse Guillaume St-Cyr se sont partagé les autres rôles de cette version de La Traviata acclamée de longues minutes par le public enthousiaste d'une salle J.-Antonio-Thompson comble. Le travail du choeur de l'OSTR, dirigé par Raymond Perrin, mérite aussi d'être souligné.

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