Les réalités contemporaines en scène

Le Trifluvien d'origine Jacques Leblanc a quitté la... (Nicola-Frank Vachon)

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Le Trifluvien d'origine Jacques Leblanc a quitté la direction du Théâtre La Bordée de Québec pour accepter le poste de directeur du Conservatoire d'art dramatique de Québec.

Nicola-Frank Vachon

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Jacques Leblanc a quitté son Trois-Rivières natal en 1978 pour entreprendre ses études au Conservatoire d'art dramatique de Québec.

Diplômé de l'établissement en interprétation en 1981 et en mise en scène en 1982, il y retourne 34 ans plus tard pour y occuper le fauteuil de directeur. Le prolifique comédien et metteur en scène a quitté la direction artistique du Théâtre de la Bordée, à Québec, pour relever ce nouveau défi.

En 1978, M. Leblanc était déjà familier avec le monde des conservatoires puisqu'il avait fréquenté celui de Trois-Rivières, en musique, pendant plusieurs années.

«En deuxième année, à l'école Jean-Godefroy, on nous avait passé des petits papiers nous disant que le conservatoire, qui était tout neuf à Trois-Rivières, nous demandait si on avait le goût de suivre des cours de musique. J'avais répondu que ça m'intéressait et que je voulais étudier le violon», se souvient-il.

Il est entré au conservatoire en troisième année, puis a poursuivi sa formation en violon à l'École des petits chanteurs les trois années suivantes. Il a réintégré le conservatoire pendant tout son secondaire au Séminaire Saint-Joseph et ses études collégiales, avant de laisser le violon et s'inscrire au Conservatoire d'art dramatique de Québec.

L'homme de théâtre a renoué avec son alma mater en août dernier, invité à assurer la mise en scène d'un spectacle des finissants du conservatoire.

«Quand j'ai travaillé avec les étudiants, j'ai beaucoup aimé. C'était très vivant, rempli d'imagination, de feu, de passion... en fait, de beaucoup de choses qui animent les artistes. Et tout ce qui se passait dans l'école, j'ai trouvé ça intéressant. En décembre j'ai vu le poste qui était ouvert et j'ai appliqué», raconte-t-il.

Pendant le processus de sélection, Jacques Leblanc était particulièrement occupé. En janvier et février, il jouait dans Grace, au Théâtre du Périscope, et a mis en scène Feydeau, à l'affiche à La Bordée du 1er au 26 mars, tout en finalisant les détails de la programmation de la saison 2016-2017 du théâtre qu'il dirigeait depuis 2004.

«J'ai conçu la saison prochaine en faisant les tests d'aptitude et de gestion et en passant les entrevues pour le conservatoire. Je jouais le soir et je montais un show pour la Bordée. Mon horaire était assez fou, et je me disais: ''Je n'aurai jamais le poste, je suis trop fatigué, je ne réponds pas les bonnes affaires c'est sûr...!''»

Mais il semble que l'expérience de Jacques Leblanc comme comédien, metteur en scène et gestionnaire ait correspondu aux attentes des instances du Conservatoire de musique et d'art dramatique du Québec, qui ont annoncé sa nomination le 7 avril.

Jacques Leblanc a quitté La Bordée avec le sentiment du devoir accompli, prêt à franchir une autre étape.

«J'ai mis à jour tous mes dossiers, la programmation de la saison prochaine est bouclée, les artistes sont engagés, le lancement est fait, les abonnements sont en vente», énumère-t-il, avant d'ajouter: «Je suis parti avec le théâtre en bonne santé financière et artistique, avec une très bonne réputation, très fortement coté. C'est un départ déchirant mais ça m'amène à d'autre chose.»

Le Conservatoire d'art dramatique de Québec regroupe actuellement une cinquantaine d'élèves, dont 36 en interprétation, une douzaine en scénographie et un en mise en scène.

Au Québec, les futurs comédiens peuvent aussi être formés au conservatoire d'art dramatique de Montréal, à l'École nationale de théâtre du Canada, ou encore dans les programmes collégiaux offerts aux cégeps de Saint-Hyacinthe et Lionel-Groulx de Sainte-Thérèse, entre autres.

Comme directeur du conservatoire de Québec, Jacques Leblanc souhaite axer son action sur l'adaptation aux réalités contemporaines.

«Le théâtre aujourd'hui est différent de ce qu'il était il y a 30 ans, d'abord parce qu'il y a beaucoup de nouvelles technologies mises de l'avant. Il y a souvent de la vidéo dans les spectacles de théâtre, donc ça change quelque chose pour les interprètes qui doivent parfois intervenir avec ces différents médias», observe-t-il.

«Avec internet, il y a beaucoup de nouvelles façons de jouer qui peuvent ressembler à un jeu à la caméra, mais il faut développer ça pour être ancré dans notre façon de faire aujourd'hui. Le jeu est plus réaliste, mais demande autant de technique. Les techniques de base sont les mêmes, mais appliquées à différents médias.»

La technologie influence aussi les façons de travailler des scénographes. Par exemple, la conception de décors est de plus en plus assistée par ordinateur, fait remarquer celui qui est entré en poste le 2 mai.

La liste des diplômés du Conservatoire d'art dramatique de Québec comprend notamment Robert Lepage, Guylaine Tremblay, Marie Tifo, Raymond Cloutier, Rémy Girard, Josée Deschênes, Fabien Cloutier, Céline Bonnier, Benoit Gouin, Germain Houde, Denis Bernard et Marie-Soleil Dion.

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