Du cinéma comme à la belle époque

L'orgue et le cinéma renouent grâce à l'événement... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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L'orgue et le cinéma renouent grâce à l'événement Orgue et cinéma de Pro-Organo qui aura lieu le dimanche 1er mai au cinéma Le Tapis rouge. De gauche à droite, on retrouve l'organiste Claude Beaudoin, le directeur artistique de Pro-Organo Raymond Perrin et le président du même organisme, Jean-Éric Guindon.

François Gervais, Le Nouvelliste

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Pro-Organo Mauricie ne manque pas d'idées pour rapprocher l'orgue du grand public. Après son match d'improvisation de février, on se lance dans une autre aventure intrigante en conviant le public à assister à la projection d'un film muet accompagné par la musique improvisée de l'organiste trifluvien Claude Beaudoin.

L'événement aura lieu le 1er mai à 13 h au cinéma Le Tapis rouge et le film choisi est Nosferatu le vampire, de Friedrich Wilhelm Murnau.

Le film date de 1922 et est considéré comme un chef-d'oeuvre de l'expressionnisme allemand. C'est une adaptation du roman Dracula de Bram Stoker et il s'agit d'un des premiers films d'horreur de l'histoire du septième art présenté ici dans une version restaurée d'une durée de 92 minutes.

L'expérience des spectateurs sera évidemment sonore au moins autant que visuelle et on a choisi de marier l'ancien et le moderne en utilisant un orgue moderne qui reproduira grâce à la technique numérique de l'échantillonnage les sons des orgues de théâtre qui ont jadis meublé les salles obscures.

L'orgue que Pro-Organo Mauricie a déniché à Québec sera doté de trois claviers et d'un pédalier comme bien des orgues d'église mais les jeux de l'orgue seront accessibles par l'intermédiaire d'un écran tactile et le son, reproduit par des haut-parleurs.

Claude Beaudoin assure que sa seule adaptation sera de s'habituer à l'utilisation de l'écran tactile. Son vrai défi, considérable, sera d'improviser pendant 92 minutes tout en demeurant fidèle au film.

«Je l'ai vu deux ou trois fois jusqu'ici mais c'est surtout pour en connaître les personnages. Je ne veux surtout pas l'apprendre par coeur: je veux laisser toute la place à l'inspiration du moment. C'est un gros défi, mais c'est très emballant.»

Le musicien compte reproduire autant que possible l'expérience de visionnement comme on la vivait dans les années 20 ou 30.

«C'est l'histoire et les images qui vont me guider. Je ne connais pas toutes les normes du genre mais je vais essayer de rester dans l'esprit de ce qui se faisait à l'époque où film a été créé. Je n'exclus pas une pointe d'humour avec des références anachroniques mais je vais d'abord chercher à être fidèle au film et au temps. La musique est un élément constituant d'un film.»

«Je pense que ça peut être une superbe expérience pour le spectateur. Il y a une belle intensité dramatique dans le film qui prête à un visionnement comme ça. J'y vais comme musicien avec ma sensibilité et ma perception personnelles. Le stress n'est pas dans la crainte de manquer d'inspiration mais d'arriver avec le bon punch au bon moment. Il y a une part d'inconnu, de saut dans le vide à laquelle je tiens; ça reste un exercice d'improvisation.»

Derrière cette initiative inhabituelle et plutôt réjouissante, on décode la volonté de Pro-Organo de continuer de démystifier l'orgue et de le rapprocher du grand public.

Le président de l'organisme, Jean-Éric Guindon en convient volontiers: «Le plus difficile pour nous, c'est encore de faire connaître Pro-Organo. Un événement comme celui-ci va y contribuer. C'est un test, un peu comme le match d'improvisation l'avait été et nous avons été contents des résultats. Si tout se passe bien, on peut espérer une saison de quatre événements l'année prochaine dont les retours de l'improvisation et, peut-être, de l'orgue au cinéma. Les commanditaires sont au rendez-vous et le fait de sortir des sentiers battus semble leur plaire.»

«Un des critères qui nous ont guidés dans le choix du film, c'était sa longueur. Pour une première expérience, on ne voulait pas choisir une oeuvre trop longue mais on voulait aussi un film intéressant pouvant profiter d'un tel accompagnement. On cible forcément une clientèle de cinéphiles mais aussi les mélomanes. Je pense que c'est une belle occasion d'élargir notre clientèle traditionnelle et je suis confiant qu'on va refuser du monde dans cette salle de 125 personnes.»

Les billets sont en vente au coût de 20 $ et on peut les obtenir en contactant Pro-Organo par le biais de son site Internet (proorgano.ca) ou par téléphone, au 819-372-7652.

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