Une véritable bête d'écriture

Le romancier d'origine trifluvienne David Goudreault qui vient... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Le romancier d'origine trifluvienne David Goudreault qui vient de remporter le Grand Prix littéraire Archambault avec son premier roman, en lance un nouveau sous le titre de La bête et sa cage.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) À peine vient-il de mériter le Grand Prix littéraire Archambault pour son premier roman, La bête à sa mère, que le Trifluvien d'origine David Goudreault lance son second, La bête et sa cage.

Ça pourrait avoir l'air planifié, ça ne l'est qu'à moitié. Si tout continue de bien se passer, ce qui, à l'origine, a été conçu comme une trilogie se bouclera dans un an avec la sortie du dernier roman du cycle La bête.

La bête et sa cage est une suite. Faut-il avoir lu le premier pour l'apprécier? Pas du tout. Est-ce que ça aide? Ça ne nuit pas. On y retrouve le délinquant du premier roman enfermé dans l'établissement carcéral. C'est la dynamique de ce monde, caricature de la vie en société, que le romancier explore à travers l'oeil déformant du trouble de personnalité de son héros, de sa violence, de ses maladresses et de ses illusions.

Goudreault continue de s'enfoncer dans les méandres de l'esprit tordu de son criminel avec la même touche que dans le premier roman. Il porte sur le monde qui l'entoure le même regard cru et décapant mêlé d'un humour qui établit une distance rassurante pour le lecteur. Les enjeux sont renouvelés et son personnage s'engage plus profondément dans son choix de se réaliser par le crime. Le monde carcéral avec sa faune sordide mais remarquablement structurée lui en donne tout le loisir.

«Dans le premier roman, explique Goudreault, je me suis basé sur mon expérience dans le travail social alors que cette fois, j'ai fait des recherches rigoureuses pour mieux comprendre le milieu carcéral. J'ai parlé à une bonne vingtaine de personnes, des agents de probation, des agents carcéraux mais aussi à des détenus.»

Le portrait de l'univers carcéral et criminel que dessine l'auteur n'a absolument rien de romantique. Jamais, d'ailleurs, celui-ci ne vient-il prendre le dessus sur la psychologie de son personnage central, véritable sujet de ses romans.

«Il y a un contrat tacite entre l'écrivain et le lecteur par lequel le premier propose à l'autre de le suivre, de se laisser guider en lui promettant que ça va valoir la peine. Je trouve que je leur réserve de bonnes chutes. Mais pour ça, il faut que le style soit assez séduisant pour convaincre.

Moi, j'ai un énorme respect pour le lecteur et je ne lui offrirais rien que je n'aurais pas de plaisir à lire moi-même. J'ai aussi travaillé très fort pour m'assurer qu'à travers le récit, je ne laisse traîner aucun fil inutile, qui ne mène nulle part.»

La rencontre de plusieurs lecteurs depuis le lancement du bouquin lui indique que ses efforts ne sont pas passés inaperçus. «Beaucoup m'ont dit avoir lu le premier roman plus d'une fois et découvert des aspects, des détails pertinents qui leur avaient échappé à la lecture initiale. J'ai dû réécrire chaque roman une bonne dizaine de fois pour m'assurer qu'il soit conforme à mes attentes. Je pense avoir un assez bon sens de la formule mais plus que tout, je travaille très fort.»

À ses yeux, malgré les inévitables similitudes, ses deux romans sont profondément différents. «Dans le second, mon personnage cristallise ses volontés criminelles et il prend du galon dans la hiérarchie. Malgré cela, les lecteurs me disent qu'ils lui trouvent quelque chose de sympathique et c'est vrai que j'ai un attachement pour lui. Même de l'espoir en sa réhabilitation. Malgré qu'il soit très mal parti dans la vie, j'ai espoir qu'il puisse trouver une façon de s'en sortir. Il vit même une histoire d'amour dans La bête et sa cage, ce qui est une avancée significative pour lui.»

Le romancier va plus loin. «Pour moi, c'est même un roman d'amour. À travers sa distorsion cognitive, mon héros offre quand même une réflexion sur l'amour. J'y aborde encore le désir de contact avec sa mère, mais aussi le rapport à son père avec la présence d'une figure parentale parmi les détenus.

On constate également chez lui une très grande soif de reconnaissance. C'est un des aspects dans lequel tout lecteur peut se sentir concerné. Je pense que les gens peuvent se sentir interpellés personnellement par plusieurs aspects de mon personnage.»

La bête à sa mère est un best-seller. Avec un tirage initial de 5000 copies marqué par l'espoir d'en imprimer d'autres rapidement, la maison Stanké aspire à un autre succès avec celui-ci.

Aux lecteurs de décider et ceux d'ici auront la possibilité d'assister gratuitement à une rencontre entre David Goudreault et l'animatrice Patricia Powers à la Librairie Poirier le samedi 30 avril à 13 h.

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