Le message d'espoir de Martin Gray

Isabelle Saint-Hilaire avait invité Martin Gray à Shawinigan... (Émilie O'Connor Le Nouvelliste)

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Isabelle Saint-Hilaire avait invité Martin Gray à Shawinigan en 2009. Il avait donné une conférence devant les élèves de l'école Val-Mauricie et des membres du public à Espace Shawinigan.

Émilie O'Connor Le Nouvelliste

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Shawinigan) «On a perdu un bon ambassadeur de la vie», résume Isabelle Saint-Hilaire pour commenter le décès de l'auteur et conférencier Martin Gray à l'âge de 93 ans dans la nuit de dimanche à lundi.

L'écrivain franco-américain Martin Gray, photographié en 2004.... (PHOTO JEAN-PIERRE MULLER, ARCHIVES AFP) - image 1.0

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L'écrivain franco-américain Martin Gray, photographié en 2004.

PHOTO JEAN-PIERRE MULLER, ARCHIVES AFP

Mme Saint-Hilaire est celle qui avait insisté auprès du survivant de l'holocauste pour qu'il vienne donner une conférence à Shawinigan en 2009 devant les élèves de l'école secondaire Val-Mauricie et des centaines de membres du public.

En sixième année, Isabelle Saint-Hilaire avait été marquée par sa lecture du livre de Martin Gray Au nom de tous les miens. Celle année-là, elle avait aussi eu la chance d'assister à une conférence du célèbre écrivain à l'église Saint-Paul de Grand-Mère.

«Je commençais à découvrir que les livres étaient écrits par des auteurs! Avant, je m'attardais à l'histoire du roman et non à l'auteur. Mais lui, je l'avais comme connu à travers son livre et il venait chez nous!», se souvient celle qui est devenue enseignante de français.

«Quand j'enseignais, j'ai toujours parlé de Martin Gray à mes élèves en début d'année, pour leur dire comment cet auteur-là m'avait marquée, et que je voulais qu'eux aussi découvrent des romans qui les marqueraient», poursuit-elle.

En 2008, Mme Saint-Hilaire est tombée par hasard sur un article de Martin Gray dans un magazine dans la salle d'attente d'un cabinet de dentiste, tandis que parallèlement, dans son milieu de travail, elle était sensibilisée à la problématique du haut taux de suicide en Mauricie.

Une idée s'est imposée à son esprit: elle inviterait Martin Gray à venir parler aux jeunes de son école.

«Je voulais qu'il vienne leur livrer son message, leur dire à quel point c'est important de s'accrocher et de poursuivre sa vie même si on a plein d'embûches.» Ignorant le scepticisme de ses collègues quant au succès de sa démarche, l'enseignante a écrit à Martin Gray, qui habitait en France, pour l'inviter à Shawinigan-Sud.

Martin Gray a rapidement téléphoné à Mme Saint-Hilaire chez elle, pour d'une part saluer son souci de vouloir aider les jeunes ainsi, mais d'autre part pour signifier que son emploi du temps très chargé l'incitait à décliner l'invitation.

La Centre-mauricienne a suffisamment insisté, notamment en évoquant à nouveau l'enjeu du taux de suicide élevé dans la région, pour que Martin Gray cède et promette de la rappeler dans le temps des Fêtes pour fixer un rendez-vous pour le printemps suivant.

Finalement, Martin Gray est arrivé chez Isabelle Saint-Hilaire le 26 avril 2009, a dormi chez elle, et a livré son message le lendemain devant 2000 personnes - des élèves de Val-Mauricie et des gens du public - à Espace Shawinigan, pour repartir la journée même.

Son hôtesse garde le souvenir d'un homme «très, très simple» et généreux avec le public venu l'écouter. Elle s'inspire aussi de la force et la détermination de cet homme qui a vécu son lot d'épreuves.

«J'ai retenu de son message que dans les moments difficiles, il faut se fixer un objectif et il faut avoir des routines dans nos vies. Il faut se lever le matin, faire son lit, déjeuner, s'habiller, peu importe la routine qu'on se donne... Ce sont ces routines-là qui nous sauvent quand plus rien n'a de sens.»

«Le fait de rester en action, d'avoir notre routine comme point de repère, comme point d'ancrage, c'est ce qui va nous permettre de laisser passer le temps, de laisser un peu guérir ce qu'il y a à guérir, et après d'émerger», partage-t-elle.

«Une autre chose qu'il avait dite qui m'a marquée, c'est que les jeunes voient les épreuves comme quelqu'un qui monte une montagne dont le sommet est dans les nuages. Les jeunes se découragent avant d'être rendus parce qu'ils ne voient pas le but, ne voient pas où ils s'en vont. C'est pour ça qu'il dit de marcher, qu'il y a un bout. Une des raisons du suicide c'est ça, les jeunes ne voient pas comment se sortir des épreuves qu'ils vivent», observe Mme Saint-Hilaire, aujourd'hui conseillère pédagogique à la Commission scolaire de l'Énergie.

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