L'art sert aussi à changer le monde

Réunis pour le vernissage de l'exposition Change le... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Réunis pour le vernissage de l'exposition Change le monde une oeuvre à la fois, on retrouvait au Musée québécois de culture populaire, mardi, les intervenants suivants: de gauche à droite, Naïd, artiste accompagnateur, Javier Escamilla, artiste accompagnateur, Yvon Noël, directeur du MQCP, et Richard Grenier, coordonnateur du projet.

François Gervais, Le Nouvelliste

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La 5e édition de l'exposition Change le monde une oeuvre à la fois est présentée au Musée québécois de culture populaire jusqu'au 1er mai.

Plus qu'une exposition, il s'agit d'un projet qui trouve son aboutissement dans plus d'une centaine d'oeuvres d'art exposées au regard du grand public mais dont l'impact est nettement plus profond.

Plus de 400 jeunes de sept écoles secondaires de la région ont participé à la 5e édition de ce projet qui est en nomination aux Grands Prix culturels de Trois-Rivières pour le Prix de l'initiative éducation-culture.

Au départ, les jeunes participants âgés entre 13 et 17 ans ont eu à répondre à une simple question: «Que changerais-tu dans le monde, et comment?»

Ils ont été guidés dans leur réflexion par leurs enseignants en arts plastiques mais également par Javier Escamilla, artiste visuel professionnel qui, à travers diverses rencontres, les a aidés à orienter leur réflexion pour qu'elle puisse, ultimement, prendre la forme d'une oeuvre d'art.

Le choix du médium, la forme, les techniques utilisées ont tous été laissés aux élèves dans un processus global qui, entre la première rencontre et l'exposition finale, a pris plusieurs mois.

«Ce que j'aime beaucoup, c'est qu'à chaque fois qu'on travaille un sujet comme ça, ça amène les élèves à se questionner un peu plus que d'habitude, constate Crystel Lebel-Alexandre, professeure d'arts plastiques au Collège Marie-de-l'Incarnation.

En plus, l'élève doit choisir lui-même les matériaux à utiliser en se demandant lesquels seront utiles pour passer son message. Ça engage encore davantage l'élève dans son processus de création.»

Par ailleurs, les élèves travaillent en compagnie d'un artiste professionnel qui leur offre une autre perspective, ce qui exige de la souplesse d'autant que Javier Escamilla leur impose une démarche artistique rigoureuse.

«On part de questions globales à la première rencontre, explique-t-il, où ils nomment les sujets qui les touchent personnellement. Ensuite, on situe la préoccupation dans un aspect plus global.

Ils doivent faire une recherche sur le sujet, approfondir la réflexion et après, ils proposent une forme à lui donner. Par la suite, comme accompagnateur, on chemine avec eux au niveau technique, visuel, etc. On aide à les orienter pour faire en sorte que leur projet véhicule leur message.»

«Ce qui aide à l'efficacité de la démarche, c'est qu'elle part d'une préoccupation intime. Pendant le processus, on fait de nombreuses évaluations. On pose un regard sur ce qu'ils ont fait pour voir si ça fonctionne bien avec le message qu'ils cherchent à véhiculer.

Ça, c'est très exigeant pour eux parce que ce n'est pas une évaluation comme celles auxquelles ils sont habitués avec des notes mais c'est aussi plus personnel, particulièrement quand ils présentent leur projet devant la classe qui donne son opinion.»

Il ne fait aucun doute qu'en termes pédagogiques, le projet rejoint plusieurs des objectifs visés par les enseignants mais il va plus loin par la sensibilisation qu'il implique aux problèmes qui pèsent sur le monde qui les entoure.

C'est ce désir de sensibilisation qui était à l'origine du projet dans le Réseau In-Terre-Actif il y a cinq ans. «On a cogné à des portes dans les écoles, raconte Richard Grenier, coordonnateur du Réseau, et cette année, on a treize enseignants dans sept écoles qui collaborent au projet. En plus, on inaugure une nouveauté cette année avec la participation de quelques commerces du centre-ville trifluvien qui exposent des oeuvres.»

Ces commerces sont: La boîte à coupe, Le Sacristain, Le Panetier, La Petite Brûlerie, le Café Frida, le Marché Notre-Dame, Le Temps d'une pinte ainsi que les bureaux de Tourisme Trois-Rivières. Pour ce qui est des écoles participantes, elles sont le Collège Horizon, l'école Jean-Nicolet, le collège Notre-Dame-de-l'Assomption, l'institut Kéranna, l'école des Pionniers, l'école La Découverte ainsi que la Maison des jeunes Coup de Pouce.

«L'année prochaine, on souhaite ouvrir davantage au milieu communautaire et aller à l'international également. Nous allons participer au Forum social Mondial de Montréal cet été. On croit vraiment que c'est un projet dans lequel les gens peuvent prendre la parole sur différents enjeux, proposer des solutions, etc., en plus d'avoir un impact intime important pour les participants dont certains disent que la prise de parole artistique a été carrément thérapeutique pour eux.

L'objectif global d'éducation citoyenne des jeunes aux grands enjeux du monde a assurément été atteint mais la sensibilisation demeure un processus constant qu'on compte poursuivre.»

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