Ingrid St-Pierre renouait avec son public trifluvien

Ingrid St-Pierre était comme chez elle vendredi soir... (Stéphane Lessard)

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Ingrid St-Pierre était comme chez elle vendredi soir à la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture bondée de fans pour l'occasion.

Stéphane Lessard

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Elle s'est présentée sur la scène tout simplement, presque discrètement. Seule sa petite jupe de paillettes trahissait un petit côté glamour conforme à l'ampleur qu'a prise sa carrière. C'est pourtant un spectacle tout simple qu'Ingrid St-Pierre a présenté à son public trifluvien qui remplissait la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture vendredi soir.

La chanteuse a rapidement convenu, dans sa première intervention parlée, qu'elle était très excitée de revenir chez elle à Trois-Rivières, de retrouver son monde là où tout a commencé pour elle, comme artiste. L'ampleur de l'événement n'a pas été un prétexte suffisant pour la pousser à tenter de se réinventer ou à donner une dimension nouvelle à ses chansons comme beaucoup d'autres le font en spectacle à la recherche d'on ne sait trop quoi. Pourquoi remodeler les jolies choses au risque de les travestir? La musique d'Ingrid Saint-Pierre n'en a pas besoin, pas encore.

C'est avec une charmante délicatesse qu'elle a repris plusieurs chansons de son très bon troisième album: Tokyo. Elle en a reproduit presqu'à l'identique les atmosphères homogènes mais particulières qui meublent l'opus grâce à une instrumentation hors norme. Sur scène, vendredi, elle était accompagnée du violoncelle de Camille Paquette-Roy, de la harpe d'Éveline Grégoire Rousseau, de la batterie de Liu-Kong Ha et, le plus souvent, du trombone ou du cornet de Benoît Rocheleau. Incongru, comme groupe? Certes, mais le résultat était parfaitement efficace à nous transporter dans l'univers intime et unique de la petite blonde qui menait discrètement le bal.

Cela est sans doute très éloquent quant à l'art particulier de la jeune maman originaire de Cabano: elle n'est probablement jamais si bonne que quand elle est seule au piano, une grâce qu'elle nous a réservée pour plusieurs chansons comme au temps où, a-t-elle rappelé en précisant que ce sont d'excellents souvenirs, elle jouait au Café Morgane les samedis soirs ou au Rouge vin les vendredis. Je me permets de retenir au delà des autres chansons ainsi présentées 63 rue Leman, tirée de Tokyo. Une pièce toute simple mais tellement touchante sur les souvenirs, la maison qu'on quitte, la vie qui passe. Dans ces moments-là, que voulez-vous que je vous dise, Ingrid Saint-Pierre m'émeut. Beaucoup.

Sa simplicité, le charme de sa timidité y sont sans doute pour quelque chose. Son écriture aussi, forcément, constellée de petites paillettes d'émotions. Ses chansons sont souvent belles comme tout, sincères, délicates, pudiques et vraies.

Elle a fouiné également du côté de ses deux premiers albums sur l'ensemble de la soirée. On pense à Feu de Bengale, La planque à libellules, La chocolaterie, notamment. C'est évidemment Ficelles qui a reçu le plus chaleureux accueil du public. Son classique est venu après une présentation de la courte pièce musicale écrite pour son grand-père décédé avant l'arrivée de son arrière-petit-fils. Il ne l'aura connu qu'à travers une photo d'échographie que sa petite Ingrid a partagé avec lui à l'hôpital tout juste avant sa mort.

Ingrid St-Pierre a pris de l'assurance depuis ses jours trifluviens. Elle se permet désormais des escapades debout au micro, à l'écart de la protection de son piano. Elle le fait de façon charmante avec juste ce qu'il faut de timide gaucherie.

L'intimité obligée de la salle Anaïs-Allard-Rousseau lui va à ravir même si sa carrière a pris de l'ampleur. Il y avait longtemps, trop, qu'on ne l'avait vue et elle nous avait manqué.

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