Saint-Élie-de-Caxton accueille Mafane

Fred Pellerin et Mafane.... (François Gervais)

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Fred Pellerin et Mafane.

François Gervais

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(Saint-Élie-de-Caxton) Pour une troisième année consécutive, Saint-Élie-de-Caxton accueille un conteur en résidence durant tout le mois d'avril. À l'initiative du Regroupement du conte du Québec (RCQ), cette résidence, devenue maintenant une tradition, donnera cette année la chance à la conteuse Mafane, originaire de l'Île de la Réunion, de créer un spectacle et de pousser plus loin son art au coeur du pays de Fred Pellerin.

Mafane s'installe donc dans la maison qui a été acquise il y a trois ans pour voir naître et grandir ce projet. Elle travaillera pendant tout le mois sur un spectacle qu'elle mûrit déjà depuis près de deux ans, moment où elle s'est définitivement installée au Québec. Sa démarche artistique tourne presque exclusivement autour de l'idée de l'exil, un thème tout à fait d'actualité présentement.

«L'idée a commencé à me travailler lorsque je discutais avec une amie dont la mère a fui l'Iran, emportant avec elle seulement une valise. Je me suis dit: on quitte son pays pour toujours, qu'est-ce qu'on emporte dans cette simple valise», explique Mafane, qui s'intéresse tout particulièrement au rapport à l'autre dans la migration des individus qui quittent un territoire pour en occuper un autre.

«Déjà, la rencontre entre deux personnes est en soi un choc culturel. Lors de la migration, c'est multiplié par tous les quotients culturels qu'on peut imaginer. Et qu'est-ce qui se passe quand on ne change jamais d'endroit, mais que tout autour de nous change? Il y a là aussi une forme de traumatisme», résume la conteuse, dont le projet a littéralement séduit le comité de sélection du RCQ.

Sa démarche a également plu grandement au conteur Fred Pellerin, pour qui le territoire, les racines et la passation des histoires et des légendes demeure le coeur de son oeuvre qui a fait sa popularité. «De venir s'installer ici, à Saint-Élie, pour un mois, je crois que ça va aussi faire grandir sa vision, car c'est facile de s'enraciner dans notre village. Il y a ici une ouverture d'esprit qui facilite le contact avec les autres», mentionne-t-il.

D'ailleurs, dès son arrivée au village vendredi, Mafane avait déjà été abordée par un camionneur qui lui proposait de la transporter jusqu'à Toronto dans quelques jours, où elle doit donner un spectacle. «Elle est arrivée depuis une heure, et elle a déjà trouvé un lift. C'est pas pire quand même», a lancé Fred Pellerin en éclatant de rire.

La maison qu'il a achetée il y a trois ans pour voir naître ce projet permet de plus en plus d'accommoder des artistes d'un peu partout au Québec, qui vont et viennent pour y consacrer quelques jours à la création. «Le mois d'avril, il est réservé au conteur en résidence. Mais encore la semaine dernière, il y avait Marc-André Fortin, le conteur qui est venu. D'autres, comme Najoua Darwiche et Nadine Walsh, sont également venus. À chaque fois, on demande aux gens de laisser quelque chose dans la maison ou au village. Ça peut être éphémère ou quelque chose qui dure dans le temps, mais en fin de compte c'est toute la communauté qui s'enrichit de ça», croit Fred Pellerin.

De son côté, le RCQ voit en cette initiative une façon supplémentaire d'encourager la création artistique, peu importe où elle prend forme. «Dans une société où l'État se désengage de nos régions, le regroupement trouve important de pouvoir continuer de créer partout sur le territoire», mentionne Nicolas Rochette, directeur général du RCQ.

La résidence de Mafane culminera le 28 avril prochain avec la présentation de son spectacle qu'elle aura créé ici, et qui sera présenté au Rond Coin de Saint-Élie-de-Caxton.

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