Le blues n'a pas de pays pour Frédéric Pellerin

Désormais basé à Lyon, en France, le Trifluvien... (Stéphane Lessard)

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Désormais basé à Lyon, en France, le Trifluvien Frédéric Pellerin, alias They Call Me Rico, demeure attaché à sa région d'origine et il procédera au lancement de son tout dernier album à la Shop du Trou du Diable de Shawinigan le 26 mars.

Stéphane Lessard

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) On dit de beaucoup d'artistes qu'ils sont à cheval sur deux continents avec un pied en Amérique et l'autre en Europe mais il y en a bien peu pour qui l'expression est aussi juste que Frédéric Pellerin. L'auteur, compositeur et interprète trifluvien qu'on connaît désormais sous le nom de They Call Me Rico habite la France mais revient lancer son plus récent album, This Time, à la Shop du Trou du Diable, à Shawinigan, le 26 mars prochain.

L'album blues teinté d'un évident souci d'authenticité sonne bien américain même s'il a été bricolé à Lyon où habite le musicien depuis trois ans. «Je suis allé là-bas pour un séjour de dix mois et ça fait trois ans que j'y habite. J'y avais quelques contacts au départ mais j'ai été étonné de voir que la scène blues est très organisée là-bas. Il y a un bon public et tout un réseau d'événements et de scènes où on peut se produire. J'y ai une carrière qui roule très bien; je me produis sur des grosses scènes en solo ou en première partie de gros noms mais aussi dans de plus petits lieux qui font de la place à des musiciens en émergence.»

«J'ai été étonné de constater qu'il y a un important public qui non seulement aime le blues mais le connaît à fond. J'étais tout récemment en tournée au Tennessee et au Mississippi, aux sources de cette musique et j'étais accompagné de musiciens français qui connaissaient toutes les petites villes avec de profondes racines de blues ainsi que d'obscurs musiciens de là-bas. C'était assez fascinant.»

On ne s'étonne d'ailleurs pas d'apprendre que Frédéric Pellerin ait fait ce pèlerinage aux racines du blues en entendant les dix places de This Time. On y perçoit une indéniable préoccupation d'authenticité, de respect de la musique dans sa nature profonde sans négliger la part qui appartient en propre à l'interprète.

«Je pense que le mot authenticité convient bien à la musique que je fais. Bien sûr, c'est ma musique à moi, avec diverses influences mais j'ai un souci d'offrir une musique vraie. Au Mississippi, j'ai rencontré quelques vieux musiciens de blues et j'ai vu à quel point ils sont à la recherche de quelque chose d'indéfinissable qui dépend moins du style musical que d'une sorte de sincérité dans l'approche.»

Le nouvel album, son troisième depuis qu'il fait son chemin en solo après avoir oeuvré au sein du groupe Madcaps, il le voit comme une sorte d'exorcisme. «Si, côté professionnel, ça va très bien, la dernière année a été plus rude à d'autres niveaux et l'album m'a servi d'exutoire. Il est très contrasté dans la mesure où des pièces rudes et un peu sales côtoient des musiques nettement plus lumineuses. La palette des émotions est assez large et reflète ma personnalité: les gens connaissent moins mon côté tendre», analyse Pellerin qui demeure un proche ami de Steve Hill avec qui il a découvert le blues dans sa jeunesse trifluvienne.

Techniquement, Pellerin cultive l'authenticité en s'obstinant à n'enregistrer que des prises directes. «Si une erreur survient dans l'enregistrement, pas question de reprendre le bout fautif. Je tiens à n'enregistrer que des pièces intégrales. Par contre, comme je suis perfectionniste, je peux faire 25 enregistrements différents de la même pièce pour en choisir un pour l'album. Ce que je recherche, ce n'est pas la perfection de l'interprétation mais un côté viscéral dans la musique. Si je sens que je touche à l'essence du blues, ça m'importe peu de chanter faux à un moment ou qu'il y ait une erreur dans le jeu de guitare. Je veux faire ressortir l'émotion et l'esprit de la musique.»

Le 26 mars, à Shawinigan, le public pourra entendre les deux facettes de They Call Me Rico avec des chansons tirées du dernier album ainsi que de ses deux précédents; certaines interprétations se feront en solo, d'autres avec trois de ses potes musiciens: Dominic Laroche à la basse, Nic Grimard à la guitare et Charlie Glad, au violon et aux claviers. «On va se payer une traite!».

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