Culture et commerce: le mariage possible

Frédéric Laurin... (Photo: François Gervais)

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Frédéric Laurin

Photo: François Gervais

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Dans leur volonté clairement exprimée de favoriser la commercialisation des produits dans le secteur des arts et de la culture, Culture Mauricie et Culture Centre du Québec avaient organisé mercredi un midi-conférence avec le professeur en économie Frédéric Laurin de l'UQTR pour discuter de la question.

Celui-ci a d'abord présenté les résultats d'une étude menée pour analyser la problématique de la commercialisation des arts et de la culture dans les deux régions. L'étude confirme que les écueils majeurs se situent bel et bien autour de la commercialisation. «On a constaté qu'on a des infrastructures culturelles importantes dans les deux régions et qu'il y a aussi beaucoup d'artistes mais que ça demeure un secteur peu connu. La consommation culturelle est plus faible dans nos deux régions qu'ailleurs au Québec. Il y a assurément un dynamisme culturel intéressant dans les deux régions visées mais ça reste sous exploité», résume l'économiste.

À la suite de ces constats, le chercheur a proposé des pistes de solution.

«Essentiellement, ça tourne beaucoup autour de la coopération entre artistes: mettre des ressources en commun pour se donner les moyens de faire de la commercialisation.»

Autre élément important à retenir: les artistes doivent se donner un niveau de professionnalisation adéquat pour rejoindre efficacement les consommateurs. «Il y a un effort de représentation, de booking, etc. à faire et pas qu'au niveau régional mais au niveau de la province puisque les produits culturels ne sont pas exclusivement régionaux.»

Quand on recherche ailleurs des initiatives de commercialisation efficaces, on s'aperçoit qu'il y a beaucoup de regroupements d'artistes pour la production et la promotion, mais encore peu pour la commercialisation. «Un des problèmes dans ce secteur économique, c'est l'hétérogénéité, dit le spécialiste. En musique, par exemple, les problématiques des musiciens classiques, populaires ou de musique traditionnelle sont très différentes les unes des autres. Et c'est vrai dans tous les domaines.»

Malgré ces embûches, Frédéric Laurin a confiance d'avoir mis de l'avant des pistes de solution concrètes applicable de façon efficace à court terme. «Par exemple, on a pensé à la création d'une sorte de bureau de suivi de projets. L'idée serait d'identifier des groupes d'artistes ayant des projets spécifiques de commercialisation et, dans un plan stratégique de commercialisation pour nos deux régions, offrir une coordination de ces actions-là.»

«Je pense notamment à un groupe d'artistes en arts visuels qui pourraient se payer les services d'un représentant des ventes auprès d'entreprises. Celles-ci dépensent beaucoup pour la décoration de leurs locaux: plutôt que d'acheter des reproductions d'oeuvres d'art faites en Chine, ils pourraient investir leur budget dans des oeuvres originales d'artistes locaux.»

Il a aussi été question de mettre en ligne des sites Internet semi-transactionnels où les visiteurs sont en mesure de voir le travail de différents artistes et où on retrouve des liens menant directement au site de l'artiste, là où se vendent les oeuvres.

La démarche de commercialisation de la culture entreprise par Culture Mauricie et Culture Centre-du-Québec est donc bien entamée et si des initiatives concrètes sont mises de l'avant rapidement, elles ont toutes les chances de produire des résultats à court terme.

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