Un documentaire au coeur de l'actualité

Alyssa Symons-Bélanger est une militante que le cinéaste... (ONF)

Agrandir

Alyssa Symons-Bélanger est une militante que le cinéaste Olivier D. Asselin a suivi dans son combat contre la construction de pipelines à travers le Québec dans le cadre du documentaire Pipelines, pouvoir et démocratie qui sera présenté jeudi soir au Séminaire de Trois-Rivières.

ONF

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La question du transport du pétrole en provenance des sables bitumineux de l'Alberta est au coeur de l'actualité québécoise.

Dans ce contexte, le documentaire d'Olivier D. Asselin Pipelines, pouvoir et démocratie qui sera présenté le jeudi 3 mars à 19 h 30 dans le cadre de Ciné-campus ne pourrait être plus pertinent.

Ce qui pourrait surprendre, dans le cadre de ce débat très chaud, c'est l'approche privilégiée par le cinéaste qui, plutôt que de défendre une position, a préféré suivre la démarche de quatre personnes opposées au projet d'oléoduc Énergie Est.

C'est donc un film qui porte sur le transport du pétrole, mais c'est peut-être davantage un film sur notre démocratie.

Le cinéaste en convient. «D'abord, il faut dire que j'ai choisi de faire du cinéma direct où j'ai porté mon regard sur quatre individus et ce, pendant deux ans et demie.

Je me suis inspiré du cinéma direct qu'a développé l'ONF dans les années 60. C'est vrai que c'est un enjeu criant d'actualité mais je n'ai pas voulu mettre de l'avant une position journalistique. Je me considère comme un conteur d'histoire et je voulais raconter celle-ci pour qu'elle soit accessible au plus large public possible.»

«Le film part d'un enjeu, la construction d'un pipeline à travers la vallée du Saint-Laurent, pour déborder notamment sur un autre enjeu qui est le déficit de démocratie dans notre société.

On voit des citoyens qui doivent se battre contre de multiples obstacles dont un lobby excessivement bien organisé de la part des grandes pétrolières. On peut constater comment le pouvoir politique s'exerce et la disproportion de moyens entre les tenants des deux points de vue en cause.»

Pourtant, comme c'est parfois le cas lors de tournages aussi longs que celui-ci, les événements ont relancé le scénario et pas forcément dans le sens attendu. C'est pendant le tournage que le gouvernement a annoncé qu'il ne permettrait pas la construction du port pétrolier de Cacouna.

Or, le film relatait les efforts, en apparence dérisoires, de groupes de pression pour que ce projet soit abandonné. «C'est la preuve, soutient le cinéaste, que même dans un contexte aussi sclérosé que celui de notre système politique, quand on s'allie pour défendre une cause, on peut renverser la vapeur. Si les événements n'avaient pas pris cette tournure inattendue, peut-être que je serais encore en train de filmer.»

Avec son apport dans un débat qui est loin d'être clos, Olivier D. Asselin souhaite interpeller les gens sur les enjeux fondamentaux qui sont sur la table et qui continuent de toucher tous les Québécois. «Les compagnies pétrolières ont essuyé un refus pour leurs projets de pipelines Keystone Excel aux États-Unis et Northern Gateway en Colombie-Britannique. Les citoyens du Québec détiennent désormais la balance du pouvoir sur le développement des sables bitumineux qui constituent, disons-le, une incroyable catastrophe environnementale.»

Évidemment, le cinéaste souhaite que son film, avec son approche particulière et la réflexion qu'il propose, soit vu par le plus grand nombre. Or, sa diffusion déjà considérable le satisfait.

«Le film sera présenté dans une vingtaine de villes au Québec et l'ampleur de la tournée dépasse nos attentes. Si j'avais fait un film militant, je n'aurais probablement pu atteindre que des gens convaincus d'avance.

Avec l'approche plus neutre adoptée, je pense que je peux toucher un plus large public et susciter une vraie réflexion. Le plus stimulant, c'est que partout où on présente le film, les gens posent beaucoup de questions et se sentent vraiment interpellés.»

Lors de la représentation de jeudi soir à la salle Léo-Cloutier du Séminaire Saint-Joseph, le réalisateur sera présent pour répondre aux questions du public en compagnie de Marc Brullemans, représentant du Comité vigilance hydrocarbures.

L'admission sera gratuite pour les membres de Ciné-Campus et de 6 $ pour les non-membres.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer