L'art fascinant de la peinture sur sable

L'artiste russe Oksana Kalinko a offert une performance... (Andréanne Lemire)

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L'artiste russe Oksana Kalinko a offert une performance fascinante, samedi avec l'Orchestre symphonique de Trois-Rivières, en créant en direct des oeuvres éphémères de peinture sur sable.

Andréanne Lemire

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le programme du concert de l'Orchestre symphonique de Trois-Rivières de samedi avait annoncé la présence de la peintre sur sable russe Oksana Kalinko pour agrémenter l'interprétation des Tableaux d'une exposition de Moussorgski. «Ah bon...», avions-pu nous dire avec détachement avant de vivre l'expérience de ce mariage inédit entre musique et arts visuels proposé par l'orchestre et Mme Kalinko.

Normalement et de toute évidence, la musique est reine dans un concert d'orchestre symphonique. Si quelques effets de mise en scène ou de compléments visuels sont parfois greffés au programme musical pour en iriser la couleur, la musique demeure le point focal. Mais pas quand Oksana Kalinko s'exécute devant vous. L'artiste russe monopolise toute l'attention, dans une sorte d'envoûtement inexplicable.

Debout devant une table de verre, l'artiste transforme le sable en tableaux mouvants, et l'oeuvre évolutive est diffusée sur un grand écran. On n'aurait pas spontanément imaginé que le concept de peinture sur sable puisse se révéler si sophistiqué. Mme Kalinko utilise la combinaison de ses dix doigts et de ses mains comme une multitude de pinceaux, de pinces, de balais ou de crayons desquels naissent des images aussi magnifiques qu'étonnantes.

Au rythme des 14 mouvements des Tableaux d'une exposition de Moussorgski, l'artiste trace des paysages ou des images raffinées, qu'elle efface partiellement et récupère de façon ingénieuse pour en créer d'autres. On regarde évoluer l'oeuvre avec fascination, bercé par la musique de Moussorgski orchestrée par Ravel. Les musiciens dirigés par Jacques Lacombe ont-ils livré une performance inspirée et sans faille? On suppose que oui, puisque rien n'a pu nous tirer de cette expérience quasi onirique avant la dernière note.

Oksana Kalinko en était à sa première visite en sol nord-américain. Spécialisée en peinture et en sculpture sur bois et sur pierre, en peinture sur tissu, verre et mur, en maroquinerie et en sculpture sur métal, Mme Kalinko a découvert la peinture sur sable en 2009 sous l'influence de Marina Sosnina, du studio SandARTist. Elle a joint le studio, et en plus de pratiquer son art au coeur de divers projets musicaux, elle enseigne la méthode de la peinture sur sable comme art thérapeutique à l'Université de la psychologie pratique de Saint-Pétersbourg et offre des classes de maître.

La peinture sur sable permet l'exploration et l'expression de textures, de volumes, de contrastes et d'effets de profondeur que les formes plus traditionnelles de peinture (huile, acrylique ou aquarelle) ne peuvent produire avec une telle précision. Le seul regret que l'on puisse exprimer à la fin de la performance d'Oksana Kalinko concerne la nature éphémère de ses tableaux. On aurait aimé pouvoir figer chacun d'eux soit pour les encadrer ou les colliger dans un livre.

La deuxième partie du concert Tableaux russes a été consacrée à la cinquième symphonie de Prokofiev par un orchestre composé de 70 musiciens, soit 16 de plus que l'effectif permanent. L'oeuvre, que le chef Jacques Lacombe affectionne particulièrement et dirige par coeur, n'avait jamais été présentée par l'OSTR.

«Pour moi Prokofiev est un des plus grands compositeurs du XXe siècle. Sa cinquième symphonie est peut-être une des dernières grandes symphonies à avoir été écrites. C'est une oeuvre que je rêvais de faire depuis longtemps avec l'OSTR. Dans ma liste d'oeuvres fétiches, c'en est une que j'aime beaucoup diriger», confiait Maestro Lacombe lors de la causerie pré-concert samedi. Le chef avait dirigé la cinquième de Prokofiev à l'Orchestre symphonique de Québec mercredi dernier, et la reprendra en ouverture du festival Tanglewood avec l'Orchestre symphonique de Boston en juillet.

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