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La collection Robert-Lionel-Séguin commence à prendre le large

Yvon Noël, directeur du Musée québécois de culture... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Yvon Noël, directeur du Musée québécois de culture populaire, devant un marche-à-terre de la collection Robert-Lionel-Séguin.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le litige entre le Musée québécois de culture populaire et l'Université du Québec à Trois-Rivières concernant le sort de la collection Robert-Lionel-Séguin n'est pas encore réglé.

Par contre, l'UQTR, propriétaire de la collection, commence à la disperser. Mercredi, 438 boîtes de documents ont pris le chemin du Centre d'archives de Vaudreuil-Soulanges, la région d'origine de M. Séguin.

Le directeur du Service des communications de l'UQTR, Bertrand Barré, confirme que 320 boîtes de livres et 118 boîtes d'archives ont été transférées du Musée au centre d'archives.

Il s'agit des livres de la collection personnelle de M. Séguin, ainsi que des documents inscrits au Registre du patrimoine culturel du Québec dont des actes notariés, des journaux, des disques, de la monnaie, des plans, des cartes et des dossiers généalogiques.

Rappelons que la collection Robert-Lionel-Séguin réunit quelque 22 000 objets représentatifs du patrimoine québécois, dont une grande partie associée aux métiers traditionnels.

Cette collection appartient à l'UQTR depuis 1983 mais en 1991, le Musée québécois de culture populaire a obtenu le mandat de sa gestion, sa conservation et sa mise en valeur.

Toutes ces tâches impliquaient des coûts d'environ 140 000 $ par année pour le Musée, qui depuis quelques années réclamait une compensation financière de l'Université.

Celle-ci a toujours refusé, et en est venue à proposer la cession de la collection au Musée pour la somme symbolique de 1 $. Le Musée a refusé et a lancé un premier ultimatum à l'Université pour qu'elle reprenne sa collection avant le 30 juin 2015. L'ultimatum a été reporté au 30 septembre puis au 30 novembre.

«On peut bien dire à l'Université de sortir ça d'ici avant telle date mais jusqu'à maintenant, on ne l'a pas fait frémir avec nos ultimatums... On souhaite que le recteur Daniel McMahon traite ce dossier de façon responsable parce que pour nous, ça commence à être très compliqué», indique le directeur du Musée, Yvon Noël.

C'est que le Musée doit déménager sa réserve d'ici 2021, puisque l'édifice qui la loge, sur le boulevard des Forges, sera rétrocédé à la Commission scolaire du Chemin-du-Roy.

Le Musée doit donc tenir compte de la relocalisation de sa propre collection de 60 000 objets en plus des 22 000 artefacts de la collection Robet-Lionel-Séguin.

«On est en train de faire l'analyse de nos besoins pour le projet de relocalisation, alors il faut savoir maintenant ce qui arrivera à la collection pour nos évaluations en termes d'espace et de conditions muséales», explique M. Noël.

«Quand on a avisé l'UQTR qu'il n'y avait pas de prolongation de délais, en décembre, c'était André G. Roy qui était recteur par intérim, donc on n'était pas surpris qu'il ne prenne pas de décision. M. McMahon est en fonction depuis quelques semaines. On sait qu'il a été mis au courant du dossier.

Maintenant on est en attente, mais on n'attendra pas pendant des mois. On souhaite que le recteur traite ce dossier avec diligence parce que nous ça commence à être extrêmement problématique. Il y a une firme qui fait l'analyse de besoins, et l'étude doit être complétée en avril», ajoute-t-il.

Du côté de l'UQTR, on indique que «le nouveau recteur prend acte du dossier et des rencontres sont prévues avec des représentants du Musée et du ministère de la Culture et des Communications pour conclure une entente.»

Autre détail, la veuve de Robert-Lionel Séguin, Huguette Servant, recevait un montant de 65 000 $ par année depuis 1983, en vertu d'un contrat signé avec l'UQTR le 1er avril de cette année-là. Mme Servant a reçu à ce jour plus de 2 millions $ de l'UQTR. L'Université a mis fin à ce contrat en décembre dernier.

Un don qui fait des heureux

«Nous sommes très heureux d'accueillir ce patrimoine documentaire inscrit au patrimoine culturel du Québec. Il sera bien conservé selon les normes archivistiques, mais plus encore, il sera mis en valeur et diffusé.

Nous avons à coeur de bien conserver et diffuser notre histoire et les documents qui la relatent. C'est l'histoire d'une région qui se trouve dans ces boîtes et les archives pourront nous en apprendre davantage sur les gens et les événements de Vaudreuil-Soulanges», commente pour sa part la directrice du centre d'archives de Vaudreuil-Soulanges, Julie Bellefeuille.

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