Le chanteur est devenu grand

C'est un spectacle tout en nuances et en... (Olivier Croteau)

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C'est un spectacle tout en nuances et en émotions qu'a livré Fred Pellerin qui présentait Plus tard qu'on pense pour la première fois dans la région samedi soir à Shawinigan.

Olivier Croteau

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François Houde
Le Nouvelliste

(Shawinigan) L'autre Fred Pellerin, celui qui chante, était de retour à la maison samedi et dimanche. Et on sait combien la maison, c'est important pour lui. D'accord, Shawinigan n'est pas Saint-Élie, mais c'est l'arrêt le plus près de son village dans la tournée d'une cinquantaine de représentations de son spectacle musical Plus tard qu'on pense. Et c'est dans la salle Philippe-Filion du Centre des arts qu'il a retrouvé le plus grand nombre de spectateurs en provenance de son village.

On ne peut pas dire qu'on a beaucoup senti que le spectacle de samedi était un événement. C'était un très beau spectacle, beaucoup plus maîtrisé que ce que Fred aime laisser croire. Plus que tout, le spectacle était fidèle au Fred qui chante: vrai, en douceur, sans grandes envolées mais emmailloté dans l'émotion avec quelques pointes de pure beauté et d'humour, évidemment. De la chanson toute en mots soutenue par des arrangements originaux et variés qui ne sont à aucun moment venus faire concurrence aux textes.

Fred est homme de paroles, d'abord et avant tout, mais la musique lui va bien. On l'a senti plus assuré et assumé que jamais avec sa guitare autour du cou. Toute la soirée a été marquée par une rigueur et un professionnalisme impeccables sans qu'il paraisse coincé ou que ça nuise à la chaleur et à la qualité du contact avec son public.

Évidemment, il a jasé. Mais entendons-nous bien: Plus tard qu'on pense n'est en rien prétexte pour permettre à Fred de raconter. C'est un spectacle de chansons généreux et étoffé qui vient attester de la valeur du répertoire du Fred chanteur. Ses trois excellents musiciens et lui ont interprété quelque chose comme vingt-quatre chansons puisées dans l'un ou l'autre des quatre albums qui jalonnent son parcours musical. Certaines étaient là pour leur message, d'autres, parce qu'elles sont en voie de devenir des classiques et d'autres encore parce qu'elles le sont déjà.

Il a butiné un peu plus allégrement dans Plus tard qu'on pense, le dernier, mais plus de la moitié de ses chansons venaient de plus loin dans son parcours. Aucune n'a vieilli.

Fred n'était pas tenu de rendre hommage à ceux à qui il a volé des titres. Il a pourtant souligné le talent de David Portelance et Manu Trudel, deux de ses plus riches sources. On a senti sa profonde fierté quand il a raconté que Portelance avait abandonné la musique quand il lui a emprunté des chansons pour son premier album et qu'aujourd'hui, l'auteur et compositeur a repris le métier.

Musicalement, chaque chanson de Plus tard qu'on pense avait son enveloppe propre, merci aux arrangements de Jeannot Bournival et à la panoplie d'instruments parfois étranges qui jonchaient la scène. Ce n'était pas de la poudre aux yeux, même pour la poubelle dont a joué Bournival dans Le musée du jamais vu, mais bien une façon de donner sa personnalité à chaque chanson et au spectacle, sa saveur. Fred a su bien s'entourer en allant chercher Alexis Dumais et Daniel Lacoste tous deux très nettement plus que compétents. Un mot également sur les éclairages, magnifiques à certains moments mais surtout, en parfaite adéquation avec le ton de ce spectacle sincère et dépourvu d'ostentation.

On a dit plus tôt qu'on n'a pas nécessairement senti l'événement samedi soir. Ce n'est pas tout à fait vrai. Au rappel, Fred est revenu en scène en disant qu'il s'agissait d'un moment très spécial parce que c'était samedi l'anniversaire de l'épouse d'Ovide Samson pour qui il a écrit une de ses plus belles chansons. Il est cependant décédé avant de l'entendre. Il l'a offerte à Carmelle dans un moment de troublante émotion. La voix cassée du chanteur a failli ne pas se rendre jusqu'au bout alors que dans la salle, par centaines, on s'essuyait les larmes. Bouleversant.

Fred a quitté son public sur une chanson pour la route, celle qu'il lui reste à faire avec ce spectacle dans les prochains mois. Mille après mille s'est terminée par «Tu ne peux pas savoir comme j'peux t'aimer» chanté par toute la salle à l'intention du gars derrière le micro. Jamais ces paroles n'ont résonné si vraies.

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