Du jamais-vu en toponymie

Un des rues Claude-Jutra... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Un des rues Claude-Jutra

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Une telle vague de «débaptême» de rues comme le Québec a connu mercredi avec le cas de Claude Jutra est du jamais-vu.

Voir le nom d'un personnage en voie d'être rayé aussi rapidement de la carte est en effet une première à la Commission de toponymie du Québec, où on a passé une vraie journée de fou mercredi.

«C'est très, très rare. Je n'ai pas souvenir que ce soit déjà arrivé», lance d'entrée de jeu le porte-parole de la Commission, Jean-Pierre Le Blanc.

Mercredi a été une journée pleine de rebondissements pour cet organisme provincial qui n'a pas l'habitude de se retrouver au coeur d'une actualité aussi explosive que le cas de la «désofficialisation» du nom Claude Jutra.

Le terme désofficialisation est en effet le bon pour parler du rôle de la Commission, qui ne nomme pas comme tels les lieux publics, un exercice qui relève des municipalités.

Or, elles ont été plusieurs à décider très rapidement mercredi de retirer le nom du cinéaste de leurs rues ou parcs.

«On est occupés, on suit le dossier avec intérêt», a relaté M. Le Blanc en fin d'après-midi. «Hier [mardi], on parlait d'allégations, mais ce matin, c'est plus précis. À la Commission, on s'est occupé de voir comment on pourra procéder, on a partagé les informations avec les municipalités. Premièrement, il faut régler la question du processus et, par la suite, on va voir les propositions.»

Généralement, poursuit M. Le Blanc, le débat sur un toponyme potentiellement controversé se fait avant qu'une rue ne soit nommée.

«Le débat se fait avant, et il y a déjà eu des controverses, mais elle, elle est spéciale», a-t-il dit à propos de la décision aussi rapide de rayer le nom de Jutra.

Même si l'ampleur de la vague était incomparable avec le cas du cinéaste, Jean-Pierre Le Blanc cite le récent exemple de Gatineau, qui, en juin, a supprimé les noms de rues Alexis-Carrel et Philipp-Lenard, nommées en 1991.

Ces deux scientifiques ont remporté le prix Nobel, mais ils sont aussi connus pour leurs positions antisémites et leurs sympathies pour le régime nazi d'Adolf Hitler. Ces rues ont respectivement été rebaptisées Marie-Curie et Albert-Einstein.

Pas de personnes vivantes

Pour éviter d'avoir à faire face à des controverses, la Commission de toponymie du Québec exige notamment qu'un nom soit donné au moins un an après la mort de la personnalité en question. Cette mesure est d'ailleurs prescrite par l'Organisation des Nations Unies.

«Mais on a souvent des demandes. Après les Jeux olympiques, par exemple, une ville veut honorer quelqu'un qui a gagné une médaille d'or. C'est légitime, mais il y a d'autres façons d'honorer», estime M. Le Leblanc.

Quant aux édifices privés, comme l'aréna Marcel-Aubut de Saint-Hubert-de-Rivière-du-Loup, qui, en novembre, a changé de nom dans la foulée des allégations de harcèlement sexuel contre le célèbre avocat, leur nomination ne concerne pas la Commission.

«C'est très, très rare. Je n'ai pas souvenir que ce soit déjà arrivé»,

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