Les joies au quotidien de Florence K

Florence K revient cette année à l'avant-scène avec... (Patrick Sanfaçon, Archives La Presse)

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Florence K revient cette année à l'avant-scène avec deux grands projets musicaux.

Patrick Sanfaçon, Archives La Presse

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Après une profonde dépression - qu'elle relate sans fard dans son récit Buena Vida, lancé l'automne dernier -, Florence K revient cette année à l'avant-scène avec deux projets musicaux: Quiet Nights, un album de duos romantiques avec le crooner torontois Matt Dusk; et de nouveaux spectacle et disque s'inscrivant dans la foulée de son livre, où elle chantera en français tous les éclats et états d'être fondamentalement humaine.

Dans la vie de Florence K, les projets peuvent parfois se (con)fondre. Lors d'un premier rendez-vous téléphonique, on l'attrape non loin de l'école où elle doit récupérer sa fille à la sortie des classes... pour discuter du disque enregistré avec Matt Dusk. Faute de temps, entente est prise de poursuivre la conversation quelques jours plus tard. On la joint alors pour parler de Buena Vida, de la tournée et de l'album qui en découlent... dans un taxi torontois, alors qu'elle est en route pour rejoindre le crooner, avec qui elle assure la promotion de Quiet Nights dans la Ville Reine.

Chanter, tout simplement

Le projet de duos romantiques existait déjà en version japonaise, Matt Dusk y ayant revisité des classiques aux effluves jazzées tels The Girl From Ipanema et Just The Two Of Us avec une chanteuse nippone.

«Matt voulait faire une version canadienne de Quiet Nights, et il a pensé à moi puisqu'il nous était déjà arrivé de chanter ensemble, entre autres lors de son spectacle de Noël avec l'Orchestre du Centre national des arts, à Ottawa en 2014, raconte Florence K. Il y a quelque chose de flatteur, quand on t'approche comme ça à titre d'interprète uniquement. Je n'ai donc pas eu à jouer du piano, ni à arranger quoi que ce soit. J'ai juste eu à chanter!»

Ce disque «clef en main», sur lequel elle a posé «tout en douceur» sa voix sur celle de son partenaire, a représenté «une véritable pause mentale!» clame d'ailleurs la trentenaire en éclatant de rire.

«Je me suis carrément laissé porter par les chansons, sans même me casser la tête à essayer de les réinterpréter. Je me suis permis de me 'brancher' sur ma voix seulement, en harmonie avec celle de Matt, en contrepoids sur les mélodies», renchérit-elle.

Elle n'hésite pas à comparer Quiet Nights, disponible depuis vendredi, à un «verre de vin rouge qu'on se verse le soir et qu'on sirote doucement». «C'est un disque qui fait du bien à écouter, tout simplement. On n'a pas cherché à réinventer la roue. Pour ma part, après ma dépression, c'est un projet que j'ai voulu approcher de manière totalement relax, sans aucune pression, sinon celle de prendre plaisir à chanter.»

Écrire pour (se) faire du bien

Or, parallèlement à ce plaisir de chanter, il y a de plus en plus, pour Florence K, celui d'écrire. 

D'abord Buena Vida, le livre. Dont les sujets abordés, des plus intimes et liés à sa dépression, ses 40 jours d'hospitalisation et sa remontée à la surface, ont fait rejaillir des souvenirs souvent douloureux, mais qu'elle jugeait nécessaire de creuser pour clore ce chapitre de son existence.

Celle qui a toujours été plutôt discrète sur sa vie personnelle a choisi, après avoir pris le recul nécessaire, de se livrer telle qu'elle est pour parler ouvertement, sans tabou, de la maladie mentale qui l'a fait sombrer. Si elle avoue avoir eu peur que le public apprenne ce qui lui arrivait, au plus fort de la crise, elle ne craint plus de prendre la parole. 

«Écrire a été une première étape pour partager cette expérience. Aujourd'hui, je parle de mon hospitalisation en milieu psychiatrique comme si j'avais été là pour une pneumonie. Et c'est justement comme ça qu'on devrait pouvoir parler de la maladie mentale: sans culpabilité, ni honte, car nous sommes des êtres physiques et mentaux à la fois!» soutient celle qui sera au Salon du livre de l'Outaouais.

L'auteure-compositrice-interprète travaille maintenant à décliner Buena Vida en spectacle (une tournée québécoise est prévue ce printemps) et disque (dont la sortie se fera en octobre), autour des grands thèmes explorés dans son récit.

«J'écris des chansons en travaillant les images les plus fortes du livre, comme l'utopie versus la réalité, le doute, l'amertume, le vertige, le succès, la confiance, l'acceptation...» énumère-t-elle.

«Ce ne seront pas des chansons qui vont raconter ce que j'ai traversé, tient-elle toutefois à préciser. Elles vont rendre compte d'émotions que nous éprouvons tous, à un moment ou à un autre, et avec plus ou moins d'intensité, selon qui nous sommes.»

Pour la première fois de sa carrière, elle écrit principalement en français. «Depuis que j'ai écrit mon livre, je ne vois plus les mots de la même manière dans mes chansons. Je m'exprime avec plus de précision et de significations. Et je le fais en plus dans ma langue maternelle. Musicalement aussi, je touche à des zones différentes...» laisse-t-elle entendre.

Sur scène, Florence K sera au piano, en compagnie d'un seul autre musicien. Des extraits de Buena Vida seront intégrés au spectacle - qui pourrait bien être mis en scène par Marie Brassard. Un spectacle visuel qui se mâtinera d'espoir.

«Parce qu'il est possible de s'en sortir, même si, quand on est dedans, on n'y croit pas du tout. J'ai compris qu'à force de chercher le bonheur absolu, je me suis rendue malheureuse. Je travaille donc par joies quotidiennes, maintenant, c'est nettement plus tangible!»

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