François Lambert, un maître des effets visuels

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L'Ursulois d'origine François Lambert occupe aujourd'hui un poste de superviseur à la composition d'effets visuels chez Industrial Light and Magic. Il est en nomination pour un prix de la prestigieuse Visual Effects Society pour son travail sur le film Tomorrowland. Les prix seront remis le 2 février à Los Angeles.

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Il existe un artiste originaire de Sainte-Ursule dont on n'entend pas souvent parler mais qui s'est fait une place de choix dans le monde du cinéma américain.

François Lambert occupe un poste de superviseur à la composition des effets visuels au sein de la mythique compagnie Industrial Light and Magic fondée par George Lucas. Il vient d'être mis en nomination pour un prestigieux prix de la Visual Effects Society de Los Angeles pour son travail sur le film Tomorrowland (Le monde de demain) mettant notamment en vedette George Clooney.

«Je suis vraiment très content de cette nomination. C'est une très belle reconnaissance de la qualité de notre travail. Plus prestigieux que ça, il reste les Oscars», d'indiquer François Lambert en guise de mise en perspective.

L'homme de 42 ans a été mis en nomination trois fois pour ces prix et a gagné en 2007 pour son travail sur Pirates des Caraïbes: le coffre du mort. Au cours de sa carrière, il a travaillé sur pas moins de 49 films hollywoodiens dont 25 au sein de ILM incluant l'épisode III de Star Wars en 2005.

Cette fois-ci, l'extrait présenté au jury est un plan séquence d'environ cinq minutes dans lequel les personnages déambulent dans une ville du futur. «C'est probablement le meilleur travail de ma carrière, estime-t-il. C'est un projet qui représentait beaucoup de gros défis. On devait conserver un côté suffisamment concret et réaliste pour que cette ville du futur soit plausible en même temps qu'il fallait transporter les spectateurs dans un autre monde. On retrouve dans cette seule séquence plus de 1000 plans d'effets spéciaux différents et ça a exigé plus de dix mois de travail. Je dirais que c'est probablement notre défi le plus réussi.»

Le diplômé du collège de Jonquière dans le programme Art et technologie des médias est aujourd'hui à la tête d'une équipe qui compte une quarantaine d'artistes à San Francisco et presque autant à Vancouver où ILM a un bureau. «Et ça, c'est sans compter les nombreux sous-traitants avec qui nous travaillons sur chaque projet dont la firme Hybride située à Montréal. C'est un des aspects les plus intéressants de mon boulot aujourd'hui: je fais partie de notre équipe décisionnelle au niveau artistique. Quand on monte un projet, je travaille en étroite collaboration avec les réalisateurs des films pour m'assurer que notre travail est conforme à leur vision. Artistiquement, c'est vraiment très stimulant.»

Au sein d'une entreprise légendaire dans le domaine, à travers des productions majeures, les défis sont sans cesse plus passionnants. «C'est un domaine en très rapide évolution. Les capacités techniques augmentent constamment mais en même temps, la demande des réalisateurs évolue aussi de sorte que chaque projet est un défi. Je travaille présentement sur un autre épisode de Capitaine America. J'ai travaillé sur les effets spéciaux du premier mais là, c'est complètement autre chose. C'est plus subtil mais tout aussi exigeant.»

S'il se dit très honoré d'être mis en nomination aux VES Awards pour un quatrième fois, il avoue rêver aux Oscars. «L'an dernier, j'ai assisté à la cérémonie par que mon supérieur immédiat était en nomination. C'était toute une expérience. J'aimerais y retourner, mais en étant en nomination, cette fois. Cette année, on était sur la liste préliminaire de dix films retenus mais on n'a pas franchi la dernière étape de la mise en nomination. C'était proche.»

Travaillant à San Francisco mais habitant la banlieue de San Rafaël, le père de deux jeunes enfants dit songer encore à un retour au Québec mais ne croit pas qu'il pourrait trouver des défis aussi exaltants. «J'étais venu ici pour un contrat de cinq mois avec l'intention de retourner au Québec par la suite. Ça fait 13 ans. C'est le plus long contrat de cinq mois de l'histoire! Je me suis taillé une bonne place dans la compagnie. ILM est une Mecque des effets visuels et je travaille avec des légendes, des gens qui ont travaillé sur le premier Star Wars il y a 40 ans. J'aime beaucoup ce que je fais, j'y mets beaucoup de coeur et je commence à être connu: on me demande pour donner des conférences et des séminaires un peu partout.»

Avec ces deux enfants qui ont commencé à fréquenter l'école là-bas, ses racines creusent sans cesse plus profondément dans le sol californien. La famille revient quand même chaque année à Sainte-Ursule et à Saint-Paulin d'où est originaire sa conjointe. «Je me sens encore québécois et je n'exclus pas de revenir au Québec un jour.» Quand il aura gagné son Oscar, peut-être.

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