La récupération au service d'un créateur

Michel Rousseau, de Charette, utilise du bois et... (Stéphane Lessard)

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Michel Rousseau, de Charette, utilise du bois et d'autres matériaux récupérés de vieilles maisons pour en faire des meubles. Il est une des trois têtes d'affiche de l'émission Les récupérateurs qui entreprend sa deuxième saison de diffusion ce soir, 21 h, sur le canal Historia.

Stéphane Lessard

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Avec des cotes d'écoute la plaçant parmi les trois plus regardées du canal Historia, l'émission Les récupérateurs a manifestement séduit l'auditoire à sa première saison. Assez pour qu'on se lance dans une deuxième de douze épisodes qui débute ce soir, 21 h, avec le même trio d'animateurs incluant Michel Rousseau, artisan récupérateur installé à Charette, en Mauricie.

Ce Gaspésien d'origine a posé son baluchon dans la région il y a une douzaine d'années au moment de se lancer dans ce métier assez peu conventionnel qui lui apporte énormément de satisfaction. Dans le cadre de l'émission, on le voit explorer des immeubles laissés à l'abandon dont il retire des éléments à partir desquels il réalise des meubles uniques nés de son imagination et de son savoir-faire. Or, le concept de l'émission ne trahit rien de son travail.

«Il n'y a pratiquement pas de mise en scène dans l'émission, expliquait l'artisan mardi, à la veille du premier épisode de la seconde saison. Les caméras sont installées discrètement dans les édifices qu'on visite de façon à ce que le spectateur soit témoin de notre surprise en entrant dans les pièces. Mais essentiellement, je fais simplement mon travail devant des caméras.

Dans la réalité, il y a des visites où je ne trouve absolument rien d'intéressant alors que dans d'autres, c'est le jack pot. D'ailleurs, je peux dire que dans la saison qui commence, il y a un épisode de ce type où je suis comme un enfant à Walt Disney!» Il se refuse à dire de quel épisode il s'agit, laissant la surprise à l'auditoire.

L'effet le plus évident que l'émission a eu sur son travail, c'est qu'elle lui a ouvert les portes de bâtiments auxquels il n'avait pas accès avant. «L'essentiel de mon travail se faisait dans des granges ou des bâtiments agricoles où je récupérais du bois, surtout, mais l'émission m'a permis d'avoir accès à d'anciennes usines, des pensionnats, des forges, des édifices publics de toutes sortes. Ça a beaucoup élargi mon inventaire et ça a forcément eu un effet sur le design de mes meubles.»

Sa notoriété d'artisan y a évidemment beaucoup gagné mais l'effet est moins clairement apparent sur sa clientèle, déjà importante, que sur son réseau de fournisseurs.

«Au niveau de la clientèle, ça va bien: j'ai toujours une bonne quinzaine de meubles commandés d'avance. Je suis super chanceux parce que j'ai des clients fidèles qui reviennent souvent me commander d'autres meubles.

En plus, dans 90 % des cas, les gens me laissent carte blanche dans la création. Ils m'indiquent le type de meuble, les dimensions et quelques indices quant à leurs goûts et me laissent aller. Je ne peux pas demander mieux.»

On peut d'ailleurs consulter le site Internet de ce créateur (www.rousseauartisan.com) ou sa page Facebook (Rousseau artisan récupérateur) pour avoir une idée de ses créations et de son talent. 

Il y a cependant un aspect négatif à la notoriété que lui donne Les récupérateurs et c'est une augmentation de la compétition dans son créneau professionnel. «C'est vrai que beaucoup d'artisans récupérateurs sont apparus sur le marché depuis le début de la première saison de l'émission. Ça ne me nuit pas encore au niveau de mes clients mais c'est vrai que ça a un effet sur les sources d'approvisionnement en matériaux. Ça ne m'inquiète quand même pas.

En fait, la compétition m'excite et m'amène à travailler plus fort. J'ai un créneau haut de gamme qui a sa clientèle et je sais que ce n'est pas tout le monde qui peut offrir des produits de même niveau. Le marché va s'écrémer avec le temps. En ce qui me concerne, je me vois continuer encore pour de nombreuses années.»

Si le tournage de la seconde saison est bouclé pour lui, il ne sait rien d'une éventuelle troisième saison. 

«J'adore faire l'émission et si jamais ça ne revient pas pour une troisième saison, je serai heureux d'avoir vécu deux ans de bonheur. Quoi qu'il arrive, je vais poursuivre ma production de meubles.»

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