Automne difficile pour les musées de la région

À Boréalis, la baisse de clientèle étudiante a... (Olivier Croteau)

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À Boréalis, la baisse de clientèle étudiante a été de 62 % en octobre et de 100 % en novembre.

Olivier Croteau

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'automne 2016 a été dur pour les institutions muséales de la région avec les perturbations dues aux négociations qui ont marqué le monde de l'éducation au cours de la dernière session scolaire et qui ont amené une baisse marquée de visites d'écoliers dans les musées.

Le bilan qu'en tracent les directions aujourd'hui, avec la fin des négociations dans le secteur de l'éducation, est plutôt négatif sans être dramatique. À la Cité de l'énergie, le directeur Robert Trudel estime avoir perdu 6 % de sa clientèle globale avec des visites scolaires qui sont tombées presque à zéro depuis septembre.

«On accueille normalement tout près de 75 autobus d'écoliers à l'automne et cette année, si on en a eu cinq, c'est beau. C'est pas loin de 4000 visiteurs de moins sur un achalandage total annuel de près de 70 000 personnes.»

Heureusement, cette chute arrive dans le cours d'une année particulièrement achalandée à la Cité de l'énergie de sorte que les répercussions seront ainsi amoindries. «Dans ma tête, ce qui est perdu est perdu mais on espère que l'achalandage scolaire normal qu'on reçoit entre février et juin retrouvera le niveau des années antérieures. Ça reste quand même un manque à gagner entre 40 000 $ et 50 000 $. Dans notre cas, on a travaillé à varier la clientèle depuis plusieurs années de sorte que les groupes scolaires ne sont pas nécessairement essentiels à notre survie.» 

Au Musée québécois de culture populaire, la diminution des groupes scolaires à l'automne a fait mal. «Pour le scolaire, on a connu une baisse de 66 % cet automne, ce qui est très important, d'indiquer le directeur Yvon Noël. Par contre, pour ce qui est des nuitées en prison, les chiffres sont demeurés bons mais c'est là une activité qui s'adresse à une clientèle un peu plus vieille, soit la toute fin du secondaire et le collégial, surtout.»

«Dans l'ensemble, pour toute une année, c'est près de 10 000 élèves qu'on reçoit, ce qui est presque un sixième de tous nos visiteurs. Dans ce cas-ci, ce n'est que la session d'automne qui est touchée, mais c'est quand même un gros manque à gagner. Même si la situation semble s'être réglée pour ce qui est des négociations, je ne pense pas qu'on va récupérer le retard après les Fêtes. De toute façon, nos capacités d'accueil ne sont pas illimitées.»

«Il faut prendre cette situation comme un incitatif à diversifier notre offre pour toucher davantage d'autres clientèles: les adultes, les aînés, les jeunes en visite autonome, etc. On travaille déjà fort là-dessus.»

À Boréalis, la directrice des communications Audrey-Ann Guimond a indiqué que la baisse de clientèle étudiante a été de 62 % en octobre et de 100 % en novembre puisque le musée n'a pas reçu le moindre groupe scolaire. Pour ce qui est de décembre, Boréalis a compensé les réservations en baisse en mettant sur pied des visites dans les écoles.

«Ça représente environ 1500 visiteurs de moins, estime-t-elle. En tout et partout, sur une année, les élèves représentent 15 % de notre achalandage. Par contre, comme nous connaissons une année record en terme d'achalandage, bien que nous n'atteindrons pas notre objectif de 42 000 visiteurs, nous demeurons confiants d'atteindre les 40 000, ce qui serait un record.»

À Nicolet, au Musée des religions du monde, le directeur Jean-François Royal estime avoir perdu presque la moitié de ses visites scolaires pour l'automne et lui inclut aussi les réservations à venir pour 2016.

«Nous recevons la majorité de notre clientèle scolaire au printemps, mais le plus souvent, les réservations du printemps sont faites dès septembre. Nous avons perdu des visites à l'automne et il nous manque beaucoup de réservations pour le printemps. Globalement, pour nous, ce sont 15 000 $ de revenus en moins cette année et autour de 1500 élèves qui ne viendront pas sur nos 4000 habituels.»

«Nous avons instauré la pratique de nous déplacer dans les écoles avec des animateurs, ce qui va aider notre année. Maintenant que les négociations semblent réglées, est-ce que les directions d'écoles vont autoriser les dépenses normalement dévolues à des visites? Ça reste à voir. Certaines écoles nous ont indiqué qu'elles attendaient que les négociations soient réglées pour confirmer leurs visites au printemps. On se croise les doigts.» Heureusement, là comme dans les autres musées, on a connu un bon été de sorte que ce coup dur n'aura pas de conséquences dramatiques.

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