La Bolduc symphonique

Steve Normandin s'est joint à l'OSTR samedi pour... (Olivier Croteau)

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Steve Normandin s'est joint à l'OSTR samedi pour livrer des versions de chansons de La Bolduc qu'il a lui-même orchestrées

Olivier Croteau

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Samedi soir, 12 décembre 2015, ni le paysage ni le mercure au thermomètre n'évoquaient l'approche de Noël. Il fallait se rendre à la salle J.-Antonio-Thompson pour se téléporter dans l'atmosphère des réjouissances de fin d'année.

L'orchestre symphonique des Trois-Rivières y avait invité Steve Normandin pour transmettre l'aspect rassembleur et collectif de la fête, et les petits chanteurs de Trois-Rivières pour célébrer la symbolique de la Nativité.

«Ce soir, nous allons redoubler d'efforts pour compenser le manque de neige, afin de vous mettre dans l'ambiance des Fêtes», a annoncé le directeur artistique et chef de l'OSTR, Jacques Lacombe, en s'adressant au public de la salle comble en début de concert.

Ces efforts ont définitivement porté leurs fruits, comme en ont témoigné les éclats de rire qui ont fusé pendant la prestation de Steve Normandin en première partie, et le choeur géant constitué par l'assistance qui entonnait les cantiques de Noël avec les Petits chanteurs, dans une communion dirigée par Jacques Lacombe.

À huit ans, quand il a intégré la première cohorte d'élèves de l'École des Petits chanteurs de la Maîtrise du Cap, dirigée par Jacques Lacombe, Steve Normandin jouait du piano, de l'accordéon et de l'harmonica, et il connaissait parfaitement le répertoire de La Bolduc. Jacques Lacombe, qui avait

20 ans à l'époque, se souvient de cet enfant particulièrement doué, qui savait déjà transposer des tonalités de chants lorsqu'il accompagnait ses amis Petits chanteurs au piano, à l'occasion.

Trois décennies après ce premier contact, les deux hommes se sont retrouvés pour concevoir un projet de «symphonisation» de chansons de La Bolduc. Steve Normandin a orchestré une douzaine de titres du répertoire de Mary Travers, qui en contient une centaine. Il les a chantés samedi, accompagné de l'OSTR, dans un mariage a priori intrigant, mais au final brillamment réussi.

Le multi-instrumentiste avait souhaité faire de chaque chanson «un petit film, un petit poème symphonique». Mission accomplie avec brio. En reconnaissant tout le talent de Mme Bolduc et en lui accordant tout le mérite de son succès, il n'en demeure pas moins que ses chansons s'inscrivent dans le style de son éqoque: les accompagnements plutôt rudimentaires deviennent un peu redondants de chanson en chanson.

Steve Normandin a su incarner une «personnalité» à chaque titre qu'il a choisi d'orchestrer, de Ça va venir, découragez-vous pas à Les maringouins en passant par Les conducteurs de chars, J'ai un bouton sur la langue et la très belle Sans travail, qui a valu une ovation nourrie à l'orchestre et son invité.

Steve Normandin a pris soin de présenter chaque chanson, la plupart du temps en la situant dans son contexte, ce qui a enrichi l'expérience des spectateurs de toutes les générations.

En présentant son invité, Jacques Lacombe avait ainsi commenté le répertoire de La Bolduc: «On vit dans un monde qui change de plus en plus rapidement. Il est important de se reconnecter avec nos racines. En ré-entendant les chansons, cette semaine, j'ai été fasciné de voir à quel point les thèmes traités sont encore d'actualité. On n'a qu'à regarder les bulletins de nouvelles pour constater qu'il y a des choses qui n'ont pas tellement changé.»

En deuxième partie de concert, Maestro Lacombe a cédé son podium à un de ses élèves en direction d'orchestre au Conservatoire de musique de Montréal. Thomas Le Duc-Moreau a pris la baguette pour diriger l'OSTR dans le Concerto Grosso en sol mineur Pour la nuit de Noël de Corelli. «Il a ce qu'il faut, physiquement et mentalement, pour devenir un grand chef», a complimenté Jacques Lacombe en causerie pré-concert en parlant de son élève.

Les Petits chanteurs de Trois-Rivières se sont par la suite installés derrière l'orchestre pour interpréter dix pièces de Noël parmi les plus connues. Jacques Lacombe s'est souvent retourné vers le public pour l'inviter à se joindre au choeur, dans un bel esprit de communauté et de fraternité auquel a aussi participé Steve Normandin. La soirée s'est terminée sur un Hallelujah de Haendel fort approprié.

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