Franchir les frontières de toutes sortes

Dans le cadre du vernissage de l'exposition Voyage... (Olivier Croteau)

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Dans le cadre du vernissage de l'exposition Voyage Transparent qui avait lieu à la Galerie R3 de l'UQTR mardi, une performance à plusieurs volets a été présentée.

Olivier Croteau

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières)  L'exposition Voyage Transparent ne sera présentée que pour deux jours encore à la Galerie R3 de l'UQTR mais les réflexions qu'elle soulève lui survivront.

L'exposition est sous la gouverne des commissaires The Two Gullivers, pseudonyme qui cache les artistes Besnik Haxhillari et Flutura Preka. C'est à eux qu'on doit le concept de base de l'exposition par lequel on a demandé à trois autres duos d'artistes, dont deux en provenance de l'UQTR, de voyager avec une valise transparente remplie d'objets laissés à leur inspiration.

Les quatre duos se sont rendus à Venise dans le cadre de sa 56e Biennale plus tôt cette année. Là-bas, les artistes se sont livré à des performances dont témoigne l'exposition à l'UQTR par le biais de documents visuels présentés à la Galerie R3.

Les duos de Voyage transparent sont formés des deux commissaires, de Vessna Perunovich avec Boja Vasic, de Lorraine Beaulieu avec Philippe Boissonnet et du couple formé par France Arseneault et Aimé Zayed.

Sur la base d'objets identiques, les valises en plexi, chaque duo a manifesté la singularité de son inspiration et posé nombre d'interrogations qui sont davantage le carburant de cette exposition que quelque réponse qu'on pourrait leur proposer. Plusieurs concepts sont également suggérés par la démarche dont celui de la reprise de performances dans le temps, avec l'évolution que cela comporte, ce qui leur confère forcément une nouvelle nature.

La seule idée de voyager avec une valise transparente n'est évidemment pas innocente. Cela suggère d'emblée une ambivalence entre le secret et l'indiscrétion, concept rendu de plus en plus flou par les impératifs de sécurité dans les aéroports, notamment. Faire étalage de ce qui est habituellement caché est, dès le départ, vu comme suspicieux pour ne pas dire subversif. 

Par ailleurs, les impératifs de sécurité menacent-ils désormais le droit à l'intimité? Quel bagages secrets portons-nous encore dans un monde où le secret semble constamment reculer?

L'ambivalence a certes été accentuée par l'imagination des artistes. On en veut pour illustration les poupées Barbie sans vêtement dont la duo AZED formé de France Arseneault et Aimé Zayed a rempli sa valise transparente. Plus singulière mais pas moins troublante, leur performance vénitienne intitulée Le mariage transparent; ils se sont promenés à trois dans les rues de la Sérénissime vêtus d'un niqab pour deux femmes, un noir et un transparent et d'une djellaba dans les deux tissus pour l'homme se tenant entre les deux femmes. On a ainsi poussé le thème de l'indiscrétion en s'attaquant aux frontières nationales et culturelles dans une réunion symbolique de l'Orient et de l'Occident, la transparence de la démocratie s'unissant à l'opacité de l'obscurantisme.

L'exposition marque une volonté avouée de l'institution universitaire trifluvienne de s'ouvrir aux collaborations avec des artistes d'ailleurs. «Quand on participe à l'international, il y a un échange qui est très enrichissant et bénéfique pour tout le monde, explique Aimé Zayed en sa qualité de directeur du département de philosophie et des arts à l'UQTR. Ça permet un décloisonnement de la recherche. L'idée de l'internationalisation est importante parce qu'elle permet notamment d'aller chercher plus de subventions. Nous sommes d'ailleurs présentement en pourparlers avec des artistes égyptiens très avant-gardistes pour une exposition quelque part en 2016 ou 2017.»

« On essaie d'aller de l'avant et de sortir des frontières. On va voir de plus en plus de ces événements ici et c'est notre volonté d'aller le plus loin possible pour faire éclater les frontières de Trois-Rivières et du Québec. Ça s'inscrit dans une politique de l'institution qui nous demande d'avoir des échanges internationaux. C'est une des raisons pour lesquelles celle-ci est une exposition qui est importante à nos yeux.»

L'exposition, qui a débuté le 2 décembre, se terminera le 11.

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