Police académie: humain et nuancé

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Pour la projection du documentaire Police Académie devant les aspirants policiers de l'École nationale de police du Québec, la réalisatrice Mélissa Beaudet, deuxième à partir de la gauche, était entourée de ses trois principaux protagonistes: de gauche à droite, Lou Vaillancourt Thivierge, Pascal Gagné et Claudie Lavoie.

Sylvain Mayer

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) On présentait jeudi soir le documentaire Police Académie sur les lieux même où une bonne partie du film a été tournée, soit à l'École nationale de police du Québec, à Nicolet.

Le film, qui s'attache à montrer la formation de trois jeunes policiers depuis leurs études collégiales en techniques policières jusqu'à leur premier emploi dans une force constabulaire, a été projeté devant environ 260 aspirants policiers présentement en formation à Nicolet et des étudiants en techniques policières au Collège Ellis de Drummondville.

Le film a semblé plaire aux aspirants policiers et pour cause: il offre un aperçu humain et nuancé sur la formation des policiers en suivant le parcours de Lou, Pascal et Claudie, trois jeunes aux profils complètement différents qui aspirent à porter l'uniforme.

C'est à travers ces trois personnalités qu'on découvre un apprentissage rigoureux nettement plus axée sur l'art de la communication, de la médiation et de la diplomatie que sur la répression malgré l'image souvent véhiculée des représentants des forces de l'ordre. 

Dans le contexte des nombreuses bavures policières fortement médiatisées depuis quelques années tant au Québec qu'aux États-Unis, Police Académie offre un point de vue très pertinent qui aurait tendance à réconcilier le spectateur avec le travail des représentants des forces de l'ordre. 

On le doit à la caméra plutôt neutre de Mélissa Beaudet et à son choix très judicieux de protagonistes. Elle a eu la main heureuse pour ce qui est des contrastes de personnalités mais aussi en allant chercher en Lou Vaillancourt Thivierge, un personnage tout à fait atypique et intéressant.

Très tenté par des études en philosophie, il a opté pour la police et ce, même si, à l'époque du printemps érable, il militait du côté des carrés rouges en faveur de la grève étudiante. «Je conserve le courage de mes convictions, disait-il lors de la projection à laquelle il a assisté avec les deux autres protagonistes du film. J'en parle très ouvertement avec mes coéquipiers aujourd'hui. Je crois en une justice sociale.» Il est le plus articulé et le plus intéressant des trois policiers en devenir par la profondeur de ses réflexions et son sincère désir d'aider.

Il est celui qui contribue le plus à bousculer l'image très souvent négative qui est véhiculée des policiers. Pourtant, ce n'était pas là l'objectif initial de la démarche de Mélissa Beaudet. «Ce n'est pas un film d'opinion, dit la cinéaste. C'est un documentaire d'observation. C'était important pour moi d'être neutre et de laisser le spectateur se faire sa propre opinion. Je présente simplement un accès privilégié à la formation des policiers. Ç'a été tourné sur trois ans et on découvre non seulement comment ils sont formés mais qui sont les trois individus auxquels je m'intéresse.»

«S'il y a une chose qui m'a étonnée dans l'ensemble, c'est de découvrir que seulement 30 % des appels auxquels répondent les policiers en patrouille sont des cas criminels. Les autres sont de nature sociale: maladie mentale, détresse, violence conjugale, itinérance, etc. Je me suis aperçue qu'ils sont surtout confrontés à la détresse humaine.»

«Je suis très satisfait du contenu, indiquait Pascal Gagné, un des protagonistes. À la première écoute, j'étais mal parce que je me trouvais tellement spontané que je pensais que ça aurait l'air fou. Avec le recul, je m'aperçois que c'est une des forces du film: il nous présente comme nous sommes, naturels, humains et les gens autour de moi me disent que c'est un point de vue rafraîchissant sur les policiers parce que c'est sincère.»

La réalisatrice a eu la main heureuse parce que ses trois protagonistes ont obtenu un emploi dans un corps policier au terme de leur  formation alors que, selon les chiffres officiels, seulement 55 % des finissants de l'ÉNPQ deviennent policiers. Elle soutient que l'ÉNPQ lui a ouvert grandes ses portes sans lui mettre la moindre pression quant au contenu.

Ce documentaire n'est certainement pas spectaculaire et sensationnel mais révélateur et susceptible d'intriguer le grand public. Il sera diffusé intégralement le 16 janvier 2016 sur les ondes de ICI RDI et, plus tard à des dates qu'il reste à confirmer, sur les ondes de Radio-Canada.

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