Saint-Élie-de-Légendes, un village à coeur ouvert

Les âmes de la série Saint-Élie-de-Légendes: à l'avant... (Karine Dufour)

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Les âmes de la série Saint-Élie-de-Légendes: à l'avant Léo Déziel, Fred Pellerin et Madame Garceau; au centre la réalisatrice Patricia Beaulieu et à l'arrière, Maurice Gendron, Rocker ainsi que Jacques Langlois.

Karine Dufour

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Montréal) Fred Pellerin a beau avoir modelé ses plus beaux contes autour de Saint-Élie-de-Caxton, son village se révélera d'une manière toute nouvelle et particulièrement intimiste les mardis 8, 15, 22 et 29 décembre à 20 h, sur les ondes de Radio-Canada. La série s'intitule Saint-Élie-de-Légendes, fait le pari de mousser la part d'humanité d'une communauté et, à l'image de l'oeuvre du conteur, génère une succession de sourires tout en ayant ce pouvoir de frapper un direct au coeur sans crier gare.

C'est du moins ce qu'on a été en mesure de découvrir lundi à l'occasion du visionnement du premier épisode livré aux journalistes, une première heure qui démontre à quel point la réalisatrice Patricia Beaulieu, originaire de Pointe-du-Lac, a su capter le regard du conteur sur son monde et le transmettre avec sensibilité et délicatesse.

Dans ce premier épisode, on est invité à suivre Jacques «Jack» Langlois, qui vit aujourd'hui sur une fermette en retrait du village. Or, l'homme est aussi cet ami du défunt père de Fred et Nicolas Pellerin, celui qu'ils ont vu tant de fois dans le salon de leur enfance au coeur de leurs veillées musicales. Or, c'est à Jack que les deux frères demanderont de reprendre l'harmonica pour la première fois depuis 15 ans, histoire de monter sur scène à l'occasion du spectacle du 150e anniversaire de leur village. La prémisse est simple, le résultat est chargé.

Dans cet épisode comme dans les suivants, le téléspectateur sera guidé par la voix de Fred Pellerin, que l'on retrouve parfois en narrateur, parfois en entrevue, sinon en interaction avec son monde. Plutôt protecteur de nature en ce qui concerne ses proches et soucieux de ne pas chambouler le quotidien des gens de son patelin, il a laissé les caméras se coller à leur quotidienneté cette fois, «parce que je l'ai fait avec Patricia», dit-il, citant la complice qui travaille avec lui depuis ses débuts.

Ce projet est né il y a six ans, au moment où Léo Déziel a décidé soudainement de fermer son garage après 70 ans. Apprenant la nouvelle, Fred Pellerin s'est réservé le dernier rendez-vous et a demandé à Patricia Beaulieu de trouver une caméra pour filmer ces instants, images qu'il conservait depuis. Dans ce document d'une vingtaine de minutes, les gens du village venaient saluer Léo qui fermait son garage, rapporte-t-il. «Il y avait là-dedans une densité d'émotion et une ''humanitude'' incroyable.»

Dans le deuxième épisode, c'est ce document qu'il présentera à M. Déziel et à son épouse Janine, six ans plus tard. Pour rendre hommage au garagiste, on organisera aussi pour lui un concert de klaxons, avec la complicité de Jeannot Bournival, qui a longtemps travaillé au garage Déziel avant de devenir le musicien que l'on connaît aujourd'hui.

Le troisième épisode nous révélera Madame Garceau, petite beauté de 84 ans qui n'avait pas fait de jardin depuis le décès de son mari en 2000, mais qui acceptera de relancer son potager avec Fred. Enfin, dans le dernier épisode, on aura rendez-vous avec Maurice Gendron, une autre âme de ce village dont le rire en fait éclater tellement d'autres, et qui nous réserve quelques surprises.

La réalisatrice a pris le temps qui se doit pour capter le naturel, pour cerner la beauté de la simplicité et le résultat du premier épisode le démontre de fort belle manière. De toute évidence, les personnages oublient totalement la caméra qui, elle, ne les oublie jamais. Avec un dosage intelligent, cette série saisit et cadre l'essentiel, qu'il se traduise par un clin d'oeil, une hésitation, un regard ou un éclat de rire contagieux.

«À partir du deuxième épisode, on n'a plus besoin de réexpliquer le village, ni le projet, on rentre dans les personnages tout de suite», faisait valoir Fred Pellerinhier, lui qui aura bientôt un autre rendez-vous très particulier avec les siens.

Quelques jours avant la diffusion du premier épisode à Radio-Canada, Patricia Beaulieu et lui présenteront les quatre heures à tous les citoyens de Saint-Élie-de-Caxton. Il a beau avoir vu et revu les quatre épisodes, le conteur était chamboulé une fois de plus hier devant toutes ces images tournées au cours de la dernière année.

Pour lui, la série offre l'essence de tous ces nouveaux personnages qui ont le potentiel de devenir légendes un jour, fait valoir le conteur. «Moi, je raconte les histoires d'il y a 50 ou 100 ans, mais dans 50 ans, si quelqu'un raconte des histoires, il risque de raconter ce qui se passe aujourd'hui.»

Et de toute évidence, la source est loin d'être tarie dans ce Saint-Élie de tous les possibles, comme en témoignera la série. «On aurait eu du stock pour faire dix épisodes», observe Fred. «Je pense qu'à Saint-Élie, il se passe plus d'affaires à chaque jour que je peux en conter dans mes histoires...»

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