William Deslauriers sans effet ni artifice

William Deslauriers lance son troisième album mercredi à... (Olivier Croteau)

Agrandir

William Deslauriers lance son troisième album mercredi à Montréal, après quoi il organisera aussi sous peu un deuxième lancement dans son patelin de Victoriaville. L'album ne sera toutefois disponible en magasin que le 27 novembre.

Olivier Croteau

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Il n'a que 25 ans, mais se prépare à lancer cette semaine son troisième album en six ans. William Deslauriers est fébrile à l'idée de présenter ce nouvel opus qui, selon lui, donne plus que jamais la vraie couleur de qui il est véritablement, sans effet ni artifice. Cet album qui se détaille en onze pièces, il lui a donné le titre Le courant passe, comme un souhait formulé à haute voix.

Depuis sa sortie de Star Académie en 2009, le jeune homme a vécu un tourbillon ponctué de quatre déménagements, de trois tournées, «des rires, des pleurs et beaucoup de route... Des changements d'huile autant dans la mécanique des voitures que dans celle de mon coeur», ajoute-t-il. 

Il y a deux ans, il a quitté les Productions J, maison avec laquelle il avait sorti ses deux premiers albums. La séparation s'est faite en bons termes, prend-il soin de préciser. «Je pense qu'on était comme un couple qui ne fonctionnait juste plus. Un couple qui n'avait pas la même vision et qui ne voulait pas s'acheter la même maison», image-t-il.

Pendant un long moment, il a décidé de se retirer et de faire cavalier seul. Après quatre années à tenter d'apprivoiser Montréal, il est également retourné vivre dans son patelin de Victoriaville. «Je peux survivre sur la rue Notre-Dame, mais je ne peux pas y vivre...», sourit-il.

Avec son père, il a acheté deux écoles de conduite, une de moto et l'autre d'automobile, et a apprécié sa nouvelle tranquillité, en retrait de la circulation. Quitte à se taire un peu plus et à vivre avec moins, dit-il en notant son vieux Grand Prix 1976, ses deux chiens et son appartement de six

pièces au pied d'une petite montagne, en compagnie de cette amoureuse qui partage sa vie depuis 11 ans. 

En février dernier, le jour où André Di Cesare l'a contacté pour le rencontrer, il avait pratiquement lâché prise. Non pas qu'il voulait délaisser le milieu artistique, «mais j'avais l'impression que c'était le milieu artistique qui me quittait», nuance-t-il. «Il y avait comme une discordance entre qui j'étais et ce qu'on présentait de moi... J'avais décidé que j'aimais mieux me casser la tête pour payer mon compte d'électricité que de me casser la tête pour faire quelque chose que j'étais supposé aimer.» 

Di Cesare est devenu son gérant et réalisateur, en plus de rallier autour de lui des vieux routiers dont Jeff Smallwood (guitares et banjo), Mario Légaré (basse et contrebasse), Carl Bastien (orgue) et Lulu Hugues aux choeurs, sans compter l'apport du batteur américain Robin DiMaggio (David Bowie, Paul Simon, Diana Ross). Deslauriers a accepté de se laisser guider. «Je me suis juste ouvert et ça a donné plus qui j'étais.»

Sur cet album, l'auteur-compositeur et interprète signe toutes les musiques, mais il cosigne les paroles avec Jean-Guy Prince, qu'il a dû apprivoiser avant de lui accorder pleine confiance. Aujourd'hui, il se réjouit d'avoir laissé une autre plume se mêler de ses états d'âme pour évoquer ses passions, ses questionnements, son désir de liberté et son besoin de silence. «J'ai l'impression de dire plus. Il a su mettre des mots qui m'ont permis de mettre les bons accords sur ses mots.» 

Avec quelques accents folk ou country au passage, Le courant passe propose de nouvelles couleurs, des textures qu'il recherchait, plus dépouillées que ce qu'il a déjà fait. Au jour de l'entrevue, il voyait son cd pour la première fois et s'en est trouvé ému. «Je pense que cet album-là arrive à la bonne place dans ma vie», dit-il. «Aujourd'hui, je suis peut-être un peu plus grand, peut-être un peu moins fou et un peu plus conscient de mon environnement.»

À la veille de son lancement, il ressent une puissante fierté, doublée d'un trac terrible. «J'ai l'impression d'avoir attendu toute ma vie pour faire cet album-là», dit-il. «J'ai le trac de bien faire, le trac de chaque syllabe, de chaque note, le trac que le courant passe... J'espère que les gens vont comprendre l'appel.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer