Rendez-vous suave entre le TNC et La Dame aux camélias

Les comédiens Julie Balleux et Samuel Fortin forment... (Photo: Olivier Croteau)

Agrandir

Les comédiens Julie Balleux et Samuel Fortin forment un solide tandem pour servir toutes les nuances du tourment amoureux au sein de la pièce La Dame aux camélias, présentée ces jours-ci par le Théâtre des Nouveaux Compagnons à la Maison de la culture de Trois-Rivières.

Photo: Olivier Croteau

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le défi était audacieux, peut-être même un peu casse-cou. Faire revivre au sein d'une troupe de théâtre amateur le Paris libertin des années 1850 afin d'épouser un classique d'Alexandre Dumas (fils) tout en adoptant le langage et les humeurs qui s'y collent, l'aventure avait de quoi soulever quelques doutes.

La surprise n'en est que plus belle ces jours-ci sur les planches de la Maison de la culture de Trois-Rivières, là où le Théâtre des Nouveaux Compagnons fait les choses avec classe pour proposer à son public La Dame aux camélias. La pièce est servie par une distribution qui offre un calibre de jeu réjouissant et une mise en scène classique fort bien adaptée, signée par le président du TNC, Yves Deguire.

Dès jeudi, la troupe était fin prête à aborder cette production et elle a évité tous les cafouillages et hésitations qui s'invitent parfois au soir de première, pour épouser plutôt un texte exigeant avec, pour la plupart des comédiens, une aisance qui les honore.

La pièce propose une histoire d'amour très improbable entre le jeune Armand Duval (Samuel Fortin) et la fort jolie mais aussi très prostituée Marguerite (Julie Balleux). Une relation vouée à un échec annoncé, mais qui s'accrochera solidement à un sentiment tenace qui, malgré le contexte tout à fait défavorable, rivalisera d'intensité pour gagner au fil du temps quelques profondeurs et bon nombre de tourments. Après des prémisses plus frivoles, le drame s'invitera par ailleurs graduellement à la soirée.

Si la distribution dans son ensemble répond habilement à la commande avec un niveau de jeu harmonieux entre tous, les lumières posées sur Samuel Fortin et Julie Balleux nous font découvrir deux comédiens qui brillent particulièrement, nous donnant déjà envie de les revoir dans d'autres productions.

Elle est suave en courtisane, se transforme finement à mesure que l'amour devient plus sérieux, et épate au moment où son personnage bascule dans quelques détours plus tragiques, avec une prestance habitée où le ton, la gestuelle et le verbe se marient pour donner pleine substance à cette dame aux camélias. Lui est solide, ingénu comme il se doit au départ, et tout en sensibilité pour nuancer la suite et donner corps à l'amoureux tourmenté.

Le tandem va jusqu'à nous offrir une chimie qui opère, situation qui ne se produit pas si fréquemment sur les planches du théâtre au sein de la région. Or, pour y adhérer, encore faut-il que le spectateur accepte une trame qui propose un début de relation un peu moins crédible dans sa vitesse de croisière entre les deux protagonistes, ce que l'on oublie rapidement par la suite.

Pour offrir le tout au public, le metteur en scène Yves Deguire fait ce qu'il faut avec un bon dosage, sans trop d'éclat. Décors sobres qui permettent de visiter plusieurs lieux sans encombrement, le tout rehaussé parfois d'ombres chinoises ou d'un rideau diaphane qui fait place à quelques effets bien pensés. Le piano en milieu de scène, sur lequel s'exécute joliment la comédienne Ève Lisée, permet aussi d'agréables transitions. Costumes et coiffures se marient à l'ensemble pour une cohérence complète.

Le public en est quitte pour une soirée de deux heures vingt, incluant un entracte, qui peut présenter quelques longueurs ici et là, mais rien pour ternir une sortie théâtrale bien agréable. Le rendez-vous est beau aussi pour constater la tournure intéressante que prend cette troupe et pour découvrir de nouveaux visages qui laissent présager une relève fort prometteuse.

La pièce est présentée de nouveau samedi 20 h et dimanche 14 h, de même que les 19, 20 et 21 novembre à 20 h.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer