Anik Salas: le parcours de la combattante

La cinéaste trifluvienne Anik Salas a effectué lundi... (Olivier Croteau)

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La cinéaste trifluvienne Anik Salas a effectué lundi soir un lancement officiel de son court métrage La guerre des bleuets qui profite d'une diffusion exceptionnelle cette semaine dans treize salles québécoises dont au Tapis rouge, à Trois-Rivières.

Olivier Croteau

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Faire des films est affaire de créativité, certes, mais aussi, et surtout, de passion et de ténacité. La Trifluvienne Anik Salas en a fait la preuve avec son tout premier court métrage qu'elle a réussi à réaliser sans recours aux subsides gouvernementaux. De plus, son film, La guerre des bleuets, est présentement projeté dans treize salles commerciales québécoises dont Le Tapis Rouge, à Trois-Rivières.

Précisons d'abord qu'Anik Salas est bachelière en communication sociale de l'UQTR. Envoûtée par le travail avec la caméra, elle a suivi une formation intensive de six mois à l'Institut national de l'image et du son à Montréal. Là-bas, elle a rencontrée Stéphanie Labbé, étudiante également, mais au volet auteure. Celle-ci lui a proposé le scénario d'un court métrage qui a charmé la cinéaste et elles ont décidé de se relever les manches et de faire le film.

Avec l'implication de Denys Desjardins, cinéaste lui aussi mais ayant déjà sa propre maison de production, ils ont réussi à financer la réalisation de l'oeuvre. Ils ont eu recours au socio-financement, principalement concentré à Trois-Rivières, et à de l'argent des Films du Centaure, la boîte de production de Denys Desjardins de même qu'à la générosité de toute une équipe qui a travaillé bénévolement pour finalement arriver avec un court métrage de 13 minutes. L'accomplissement n'est pas banal mais l'histoire ne s'arrête pas là.

Le film a été sélectionné pour plusieurs festivals de courts métrages à Londres, Cannes, Toronto mais également un autre au Texas où le film a remporté le GOLD REMI Award. Forts de ce succès, les producteurs ont tout simplement appelé directement des propriétaires de salles dont Jacques Foisy, du Tapis rouge, en leur proposant de projeter leur court métrage. C'est d'ailleurs Jacques Foisy qui a eu l'idée de le jumeler au Garagiste, long métrage québécois lui aussi tourné dans la région de Charlevoix et d'une durée qui permettait de le combiner à un court métrage. Denys Desjardins a convaincu le distributeur TVA Films de projeter les deux films ensemble si bien que La guerre des bleuets se retrouve aujourd'hui dans 13 salles à travers le Québec.

«Pour nous, c'est un miracle, soutient la cinéaste venue présenter son film à Trois-Rivières lundi soir dans le cadre d'un lancement officiel, histoire de remercier ceux qui ont contribué au financement de son film. En même temps, ça se présente bien parce que c'est une comédie sympathique et accessible mettant en vedette une septuagénaire qui voit une jeune femme venir lui voler sa talle de bleuets. Ça soulève des thèmes universels: la tradition bousculée par la nouveauté, l'affrontement entre la ville et la campagne, etc. C'est ce qui fait qu'on a pu trouver un distributeur international lors de notre passage à Cannes.»

«Moi, j'aime l'aspect esthétique du cinéma et le décor de Charlevoix m'offrait des paysages magnifiques. Je suis également maniaque des mouvements de caméras et de leur pouvoir expressif. Avec l'humour fin dont fait preuve Stéphanie dans son scénario, on a une belle combinaison. En plus, pouvoir compter sur Patricia Nolin comme interprète principale, c'était inespéré.»

«Évidemment, ce qui compte pour nous, c'est que le film soit vu. On est très heureux de la réception qu'il a eu dans des événements à travers le monde et ici au Québec. Si, un jour, il était diffusé à la télévision, ce serait vraiment l'idéal.»

Quoi qu'il arrive de ce premier film, la jeune femme compte poursuivre sa carrière mais pas seulement au grand écran. «J'aime tout autant travailler pour le web ou la télévision. J'ai présentement deux projets en marche: une web série ainsi qu'un documentaire. La possibilité de faire évoluer des personnages à travers toute une série, ça m'attire beaucoup.»

«Ce que le parcours de La guerre des bleuets démontre, c'est que ça vaut la peine dans ce milieu de sortir des sentiers convenus et pousser toutes sortes de portes qu'on imagine fermées. Il faut faire preuve d'imagination.»

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