Margie Gillis: danser pour toucher à l'intime

À 62 ans, la carrière de la danseuse... (François Gervais)

Agrandir

À 62 ans, la carrière de la danseuse Margie Gillis est loin de ralentir. Elle propose une nouvelle forme de réflexion sur son art en revisitant certaines des chorégraphies qui ont marqué sa carrière dans son spectacle Florilège. 40 ans de poèmes symphoniques.

François Gervais

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Ce n'est pas l'acte de naissance qui décide de la longévité de la carrière d'une danseuse. C'est le corps et, dans le cas de Margie Gillis, encore davantage l'âme.

À 62 ans, elle offre un nouveau spectacle, Florilège. 40 ans de poèmes chorégraphiques qui se veut une rétrospective de sa carrière alors qu'elle reprend des chorégraphies qui ont marqué son parcours artistique de 42 ans. Le spectacle sera présenté à la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture de Trois-Rivières, le 26 novembre.

L'artiste se considère évidemment chanceuse d'être encore en mesure de danser. Mais son approche de la danse y est certainement pour beaucoup.

«Tout au long de ma carrière, j'ai beaucoup travaillé à développer une danse faite de mouvements que je voulais aussi naturels que possible. Bien sûr, je danse différemment aujourd'hui que dans ma jeunesse: à mes débuts, j'étais fébrile, aujourd'hui, je suis plus posée. Je n'ai plus la force de mes jeunes années, c'est vrai, mais je déploie une énergie que je qualifierais de plus profonde, plus sage.»

«Et la communication avec le public, le transfert de cette énergie vers les gens est nettement plus fluide. J'arrive mieux à créer une communion émotionnelle entre moi sur la scène et les gens dans la salle. Mon travail a toujours proposé une réflexion mais il a aussi toujours visé à toucher plus profondément. C'est de l'ordre de l'émotion intime.»

C'est ainsi que la danseuse reprend cinq chorégraphies sur la seule base qu'elles ont toutes constitué des moments marquants de sa carrière. On pourra ainsi voir l'interprétation de la Margie Gillis d'aujourd'hui de Waltzing Matilda, de Broken English, de Little Animal, de Bloom ainsi que Voyage, sur un poème de Gilles Vigneault.

«Quand il a été question de faire ce spectacle, j'ai été intriguée mais je ne voulais n'offrir qu'une représentation, convaincue que ce serait un échec. Mais non seulement, ça a fonctionné avec le public, si bien que je promène aujourd'hui le spectacle, mais pour moi, ç'a été une véritable révélation. J'ai été complètement surprise et bouleversée par ces chorégraphies. Je les reprends intégralementsi ce n'est pour quelques détails et surtout, je découvre encore énormément de choses à exprimer à travers elles.»

«Pendant toute ma carrière, j'ai brisé des règles et exploré des avenues nouvelles dans mon domaine. À une certaine époque, danser sur du silence ou sur de la poésie, ça ne se faisait pas. Moi, j'en ai eu envie et je l'ai fait. Plus je vieillis, plus l'expérience est intense avec les spectateurs et plus elle est profonde. J'arrive à expérimenter une forme de vérité non seulement dans mon cerveau maisdans mon corps. On peut transformer les idées en les expérimentant à l'intérieur de soi, plus profondément que simplement dans sa tête.»

Loin de prendre ce regard sur sa carrière comme une forme d'épilogue, elle le vit comme un renouveau.

«Tout cela m'a ouvert une multitude de nouvelles possibilités à explorer au cours des prochaines années. Ce sont des portes qui s'ouvrent sur de nouvelles orientations. Est-ce que je songe à la retraite? Pas du tout. Je suis une artiste. J'ai encore plein de choses à dire.»

Forte d'une génétique exceptionnelle et d'un esprit créatif toujours effervescent, il est difficile d'imaginer un terme à cette carrière qui a mené Margie Gillis sur toutes les scènes de la planète.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer