Nos travers, le carburant de Guy Nantel

Vingt-cinq ans de carrière ont permis à Guy...

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Vingt-cinq ans de carrière ont permis à Guy Nantel de se faire un nom et d'occuper un créneau bien identifié dans l'humour québécois: l'humour social et politique. Avec Corrompu, son quatrième spectacle solo qu'il présente à Shawinigan samedi soir, il connaît son plus grand succès en carrière.

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Il y a des humoristes dont la carrière décolle comme une navette spatiale dès leur premier spectacle solo. Et ça dure parfois le temps d'un voyage dans l'espace. D'autres, dont la carrière a plus de similitudes avec une voiture dotée d'un petit moteur trois cylindres, ce qui ne veut pas dire qu'elle ne se rende pas à destination.

Ce n'est pas insulter Guy Nantel que de dire que sa carrière a plus de parenté avec la seconde option. Et c'est aujourd'hui, à son quatrième spectacle solo et après vingt-cinq ans de carrière que l'humoriste connaît son plus grand succès. Corrompu, qu'il présentera au Centre des arts de Shawinigan ce samedi, 7 novembre, a dépassé les ventes de billets de ses trois autres spectacles et en a donné plus de représentations. Il a encore des représentations prévues jusqu'en 2016, dont la supplémentaire du 20 février au Théâtre du cégep trifluvien. 

«Ma carrière a toujours marché sur le principe du lentement mais sûrement, analyse l'humoriste en entrevue. Moi, ça me va. J'aime encore autant qu'à mes débuts tout ce qui entoure le métier: l'écriture, la scène, évidemment, mais aussi la routine d'avant spectacle. Dès le moment où je quitte la maison en voiture, je suis bien. Découvrir la salle, manger avec l'équipe avant le spectacle, j'adore tout ça. Je suis un authentique passionné de mon métier.»

On le sait, sa marque de commerce, c'est l'humour social, politique. Mais on a tort de croire qu'il se contente de suivre l'actualité pour inclure de nouvelles blagues. «La politique est un prétexte pour parler des humains. De notre morale élastique, par exemple. On est facilement scandalisés par les faiblesses des autres, mais indulgents en maudit envers les nôtres! Je m'applique à provoquer une réflexion chez les gens: je mets des attitudes, des comportements en relief pour faire rire d'abord et, ensuite, réfléchir.»

Inutile de préciser qu'en mettant ainsi le doigt sur nos travers, Nantel peut créer un malaise dans son public. Il l'assume. «Ma force c'est que je suis pas mal bon pour marcher en équilibre sur la ligne qui sépare le malaise de l'humour. Gilles Latulippe m'avait déjà dit qu'avec la tête et l'énergie que j'ai, je peux pas mal dire n'importe quoi parce que les gens sentent que j'aime le monde. Oui, j'aime déranger, mais c'est pour que les gens prennent conscience de certaines choses. C'est leur bien que je veux, finalement.» 

On se doute bien de quoi parle Corrompu, né en pleine Commission Charbonneau. Mais la corruption n'est pas ponctuelle. «Elle était là il y a 20 ans et elle le sera dans 20 ans. Il faut bien voir que tout le monde est corrompu à sa propre échelle. Tant que les gens ne se font pas prendre, ils trichent. Et je m'inclus là-dedans. C'est de ça que parle mon spectacle et très peu de politique.»  

De la dernière campagne électorale, bien plus que le résultat, il retient notre façon de voter. «Quel pourcentage des électeurs connaissent ne serait-ce que les grandes lignes des programmes des partis? Même pas 1 %. Les gens votent le plus souvent sur l'image, des impressions. C'est très émotionnel. Peu importe qui on élit, après quelques années, on les critique parce qu'ils sont corrompus et nous trahissent. Quand on y pense, on vote simplement pour changer de bourreau aux quatre ans.»

Malgré le succès de Corrompu, la vie de ce spectacle tire à sa fin. «Quoi qu'il arrive, on termine en mai. Toute bonne chose a une fin et je veux le laisser pendant que j'ai encore du fun à le faire. J'ai des idées pour un prochain spectacle. Je vais plus m'attacher à la psychologie des gens.» Ça ne devrait pas faire tellement changement, en somme.

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