Regard sur la grande imposture

C'est au terme de neuf années de recherche... (La Presse)

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C'est au terme de neuf années de recherche que la cinéaste Ève Lamont a pu réaliser son documentaire Le commerce du sexe sorti plus tôt cette année. Elle le présentera aux Trifluviens dans le cadre de Ciné-Campus jeudi, 19 h 30, dans le cadre d'une projection suivie d'une discussion avec le public.

La Presse

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Dans le cadre de sa série Ciné-Documentaire, Ciné-Campus présente le film Le commerce du sexe de la cinéaste Ève Lamont ce jeudi, 5 novembre, à 19 h 30. La projection sera suivie d'une discussion entre la réalisatrice et le public.

Celle-ci est d'ailleurs intarissable sur le sujet de son film. Il faut dire qu'il a généré deux documentaires distincts: L'imposture, sorti en 2009, et celui-ci, sorti en mai dernier et que les deux sont le résultat de neuf années de recherche au cours desquelles Ève Lamont est allée sur le terrain.

Elle a rencontré des centaines de femmes et de nombreux intervenants de l'industrie de la pornographie dont plusieurs parlent très ouvertement à la caméra de ce monde méconnu qui profite d'une énorme désinformation pour prospérer. 

«L'imposture traitait de la prostitution mais Le commerce du sexe se penche sur toute l'industrie qui l'entoure, explique la cinéaste. Plusieurs prostituées témoignent dans ce dernier film et racontent leur parcours douloureux à l'intérieur de la structure de ce commerce. Je trouvais important de lever le voile sur son mode de fonctionnement basé essentiellement sur le proxénétisme. Même pour les femmes qui disent être libres, c'est un système impitoyable et je peux dire pour en avoir rencontré énormément que la grande majorité des femmes qui ont vécu la prostitution sont carrément traumatisées.» 

«La prostitution comme on la connaît ici, est une immense imposture. On tente de nous faire croire que la plupart des femmes le font librement, par choix. Même certaines prostituées le soutiennent. Or, il faut bien comprendre qu'il n'y a pas de chemin heureux qui mène à la prostitution. Ce n'est pas par hasard si les femmes doivent faire usage de drogues pour se déconnecter pour arriver à s'y adonner et satisfaire jusqu'à une dizaine de clients dans une même journée. Ce n'est qu'une toute petite minorité qui arrivent à s'en sortir indemnes. La prostitution est certainement une des plus grandes violences faite aux femmes dans notre société.»

Le film démontre que ceux qui profitent financièrement de ce commerce ont tout intérêt à véhiculer l'idée que c'est une pratique normale alors que la prostitution est basée sur un profond rapport d'inégalité et d'asservissement de la femme. Or, le problème ne touche pas exclusivement les personnes directement impliquées dans ce commerce parce que le coût social est, en bout de ligne, énorme, bien que difficile à chiffrer.

La cinéaste admet que son film, pourtant très révélateur, reste en-deça de la réalité. «J'ai voulu tracer un portrait que je qualifierais de clinique de la situation de la prostitution telle qu'elle existe partout en province. J'ai même rencontré des femmes chez vous, à Trois-Rivières, au cours de ma recherche. L'idée, pour moi, c'est de susciter la discussion, le débat sur la question. C'est la première étape.» 

C'est pour cela que la discussion avec le public à la suite de la projection est précieuse à ses yeux. C'est là qu'elle peut aller plus loin et exposer certaines pistes de solution comme ce qu'on a fait en Suède où la loi criminalise désormais les clients et où, en 15 ans, on a vu le nombre de clients diminuer de 40 %.

L'admission à cette représentation est gratuite pour les membres de Ciné-Campus et au coût de 6 $ pour les non membres.

La projection aura lieu à la salle Léo-Cloutier du séminaire de Trois-Rivières.

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