Une symphonie et un pianiste éblouissants!

Le jeune pianiste Antoine Rivard-Landry a livré une... (Andréanne Lemire)

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Le jeune pianiste Antoine Rivard-Landry a livré une brillante interprétation du Concerto no 3 de Bartok dimanche avec l'Orchestre symphonique de Trois-Rivières.

Andréanne Lemire

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le programme du troisième grand concert de la saison de l'Orchestre symphonique de Trois-Rivières, dimanche, a fait se côtoyer la majesté d'un classique parmi les classiques, la neuvième symphonie de Beethoven, avec la fraîcheur du talent de la relève, incarnée par Antoine Rivard-Landry qui a livré le troisième concerto pour piano de Bartok.

L'OSTR a offert à une salle comble un bel après-midi où le brio d'un maître du XIXe siècle européen et celui d'un jeune Québécois de 2015 ont ébloui, comme un soleil défiant la grisaille de ce premier jour de novembre.

En première partie de concert, le lauréat du 29e Concours del'OSTR, Antoine Rivard-Landry, s'est assis au piano pour proposer une brillante interprétation du Concerto no 3 de Bela Bartok, la dernière oeuvre composée par le Hongrois qui avait migré aux États-Unis pour fuir les nazis en 1940. Ce concerto a été créé en février 1946 à Philadelphie, cinq mois après la mort du compositeur. Ce contexte peut servir d'explication à la mélancolie qui émane du deuxième mouvement, doux, paisible. Un mouvement qu'Antoine Rivard-Landry a rendu avec une intensité tout en sensibilité, sans exubérance.

«Ce concerto pour piano de Bartok est la première pièce pour laquelle j'ai eu une obsession. J'avais 10, 12 ans, et j'étais fasciné par le premier et le troisième mouvements, plus virtuoses. Avec le temps, j'ai réalisé que le deuxième mouvement était le coeur de l'oeuvre. C'est là que tout est évacué. J'ai réappris l'oeuvre en lisant sur l'homme, sur le contexte», confiait le pianiste invité, en conférence préconcert.

En présentant le concerto sur la scène, le chef Jacques Lacombe a renchéri: «La clé de l'oeuvre est dans le deuxième mouvement. Bartok a dicté les dernières notes sur son lit de mort. C'est peut-être un adieu à la vie, une fenêtre sur l'autre vie. C'est paisible, mais on sent aussi une tension, peut-être la peur de l'inconnu?» 

Solide dans les passages plus techniquement exigeants, délicat à souhait dans ceux plus nuancés, Antoine Rivard-Landry a justifié, par sa performance de dimanche, le choix du jury qui l'a couronné au concours de l'OSTR en 2013. Le musicien qui a célébré son 19e anniversaire samedi a entamé cet automne sa deuxième année d'études à la prestigieuse Julliard School of Music de New York. Un talent extrêmement prometteur!

En deuxième partie, l'OSTR a fait sienne la neuvième symphonie de Beethoven, surtout connue par le thème de son quatrième mouvement, l'Ode à la joie. L'orchestre s'est distingué une fois de plus dans la maîtrise des subtilités identifiées et mises en valeur par son chef Jacques Lacombe. Une interprétation puissante, qui a su faire ressortir la splendeur de l'oeuvre composée en 1824 et qui a traversé le temps pour des raisons évidentes.

Une mention spéciale au choeur de l'OSTR, préparé par Raymond Perrin. Les quelque 90 choristes ont entonné l'Ode à la joie avec conviction et entrain. Plusieurs des chanteurs levaient les yeux de leur partition pour regarder le chef et la salle, l'air heureux d'être là. Avec la contribution des quatre solistes invités - la soprano Stéphanie Lessard, la mezzo-soprano Mia Lennox, le ténor Michiel Schrey et le baryton Gregory Dahl - le choeur a fait honneur à la grandeur de la neuvième symphonie, que l'OSTR avait jouée en 2009. 

Maestro Lacombe a apprécié pouvoir constater le chemin qu'il a parcouru avec son orchestre en dix ans. «On peut cheminer avec certaines oeuvres. On ne part pas de zéro quand on les a déjà interprétées. Ce qui m'a fasciné, cette semaine, c'est de voir l'évolution de l'orchestre. Ça nous permet de peaufiner», indiquait-il avant le concert.

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