Moby Dick: un événement, à plus d'un titre

Dans Moby Dick, Normand D'Amour incarne un Achab... (Photo Yves Renaud, fournie par le TNM)

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Dans Moby Dick, Normand D'Amour incarne un Achab à la fois aveuglé par son désir de vengeance et lucide face à la mise en barils de l'huile à baleine.

Photo Yves Renaud, fournie par le TNM

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François Houde
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Plus qu'à une pièce, c'est à un événement théâtral que les corporations culturelles de Trois-Rivières et Shawinigan convient le public avec la présentation de la pièce événement de la saison du TNM, Moby Dick, le 3 novembre prochain, au Centre des arts.

La collaboration entre les corporations culturelles de Trois-Rivières... (Stéphane Lessard) - image 1.0

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La collaboration entre les corporations culturelles de Trois-Rivières et Shawinigan permet la présentation au Centre des arts de Shawinigan de Moby Dick dont Bryan Perro, au centre sur la photo, a assuré l'adaptation au théâtre en compagnie de Dominic Champagne. Il est ici accompagné, à gauche, de Stella Montreuil, présidente de la corporation de développement culturel de Trois-Rivières et Josette Allard Gignac, présidente de Culture Shawinigan. 

Stéphane Lessard

Événement parce que la pièce, adaptée du roman pour la scène par Bryan Perro et Dominic Champagne est grandiose et spectaculaire mais aussi parce qu'elle a été l'objet d'une collaboration exceptionnelle. Normalement, les pièces présentées dans le cadre des tournées du TNM sont présentées à Trois-Rivières. L'entente avait déjà été prise avec la salle Thompson il y a plus d'un an.

Par contre, quand, au cours de l'hiver, Bryan Perro a demandé au TNM que la pièce soit présentée chez lui, à Shawinigan, les dirigeants ont acquiescé tout comme la Corporation de développement culturel de Trois-Rivières. Celle-ci a transféré au Centre des arts la centaine de billets déjà vendus pour l'événement avec un partage des revenus générés.

«La région a besoin qu'on travaille en collaboration, a commenté Stella Montreuil, présidente de la Corporation de développement culturel de Trois-Rivières. En plus, cette fois, ça concerne une exclusivité. C'est très rare que des diffuseurs s'associent, même quand ils sont dans la même région mais nous sommes plus qu'enchantés que la pièce soit présentée à Shawinigan. Une telle collaboration favorise le dynamisme de la région et on souhaite que ça se reproduise dans le futur.»

Il est vrai que dans ce cas précis, le rôle central joué par Bryan Perro dans cette production semblait justifier que Shawinigan accueille cette pièce monumentale qui a connu suffisamment de succès à Montréal pour que quatre représentations supplémentaires soient ajoutées à la programmation régulière.

Moby Dick... - image 2.0

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Moby Dick

Toujours actuelle

Certes, il s'agit de l'adaptation d'un classique de la littérature du XIXe siècle mais selon l'auteur, la pièce est on ne peut plus pertinente. «C'est une pièce qui nous parle de ce qui se passe aujourd'hui, qui parle de notre humanité. Elle nous dit de ne pas suivre les fous qui nous entraînent à notre perte. Au début, le metteur en scène Dominic Champagne faisait un parallèle direct entre l'huile que les baleiniers recherchaient et le pétrole d'aujourd'hui. Avec le temps, son approche s'est élargie et il a adhéré à cette idée que c'est une pièce de modestie. L'angle qu'il suggère finalement est même beaucoup plus fort que l'idée qu'il avait au départ.»

«Je pense à l'exemple de Fukushima où en quatorze secondes, la marée a complètement rasé des constructions humaines qui se trouvaient à sa portée. Il nous faut faire attention à ce que nous faisons parce qu'il y a toujours une baleine blanche quelconque susceptible de nous remettre à notre place. En se lançant à la poursuite de ce monstre marin, le capitaine Achab s'attaque à Dieu et il le dit lui-même: ''Je frapperais le soleil si le soleil m'insultait.'' Il avait cette folie d'être plus fort que le monde, plus fort que Dieu, ce qui l'a mené à sa perte.»

Le directeur de Culture Shawinigan n'est évidemment pas peu fier de présenter une telle production dans son patelin. «Le théâtre, c'est évidemment un art qui me plaît particulièrement et présenter ce genre de pièce mais surtout continuer à présenter du théâtre de qualité, peu importe le genre, c'est certainement un des axes de développement que je favorise. Je crois qu'il y a une clientèle pour le théâtre à Shawinigan puisque c'est, après l'humour, le type de spectacle qui marche le mieux ici.

Il reste encore des billets à vendre pour la représentation de mardi, la seule de Moby Dick en Mauricie. On peut les obtenir par le site Internet de Culture Shawinigan.

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