Les Soeurs Boulay, sans compromis

Les soeurs Stéphanie (à gauche) et Mélanie Boulay... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Les soeurs Stéphanie (à gauche) et Mélanie Boulay reprennent le flambeau après le succès de leur premier album et présentent leur second, intitulé 4488 de l'amour.

François Gervais, Le Nouvelliste

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Si Mélanie et Stéphanie Boulay conviennent à l'unisson qu'elles ont frôlé l'épuisement à la fin de la tournée de leur premier album Le poids des confettis, elles n'ont pas pu rester loin ni de la musique, ni de la création, inscrites dans leur code génétique. Ça s'est traduit par deux mois de voyage et de vraie pause avant de reprendre le travail qui donne aujourd'hui un second opus intitulé 4488 de l'Amour.

«On ne regrette rien de la première tournée mais on tenait à ce que cette fois-ci, ce soit un peu plus relax, soutient la blonde Stéphanie. Nous sommes conscientes que c'est une grande chance que des gens attendent notre album et on veut honorer cette chance-là mais c'est important de respecter nos limites. Il faut qu'on soit en mesure d'avoir le sourire et d'être contentes à chaque fois qu'on va aller jouer devant un public.»

Le plaisir se confond avec leur démarche. Il s'entend sur les plages de ce nouvel album comme il était palpable dans le premier. Le plaisir mais aussi une candeur que les frangines ne peuvent renier. Au point d'avoir eu peur, dans leur fréquentation du vedettariat, de la perdre.

«À un certain moment après le premier album, le public a pris trop de place dans nos vies, admet Mélanie. On était super heureuses que les gens veuillent écouter nos chansons parce que c'est ce qu'on souhaite, mais après avoir constaté ce que ça représente le vedettariat, on a décidé de mettre la musique à l'avant-plan et d'être plus discrètes en tant qu'individus. On a eu beau avoir vendu pas mal de disques (55 000 copies) et fait énormément de shows, quand on va faire l'épicerie, les gens ne nous reconnaissent pas («Jamais!», insiste Stéphanie). C'est le meilleur des deux mondes.»

«Ça doit être tellement dur à vivre pour les artistes à qui ça prend systématiquement deux heures et demie pour faire leur épicerie parce que tu perds ta liberté», rajoute Stéphanie.

C'est ainsi qu'on ne voit pas leurs visages sur la pochette de 4488 de l'Amour, qu'elles refusent des entrevues pour des revues artistiques à grand tirage ou qu'elles sont réticentes à assister à des galas où elles se sentent un peu mal à leur aise. Ce qui ne fait pas le moindre doute, c'est que ce n'est pas là un manque de respect envers le public qui demeure leur plus précieux confident, celui à qui elles ont besoin de parler de leurs préoccupations les plus intimes.

Celles qui habitent ce nouvel album tournent presque toutes autour du thème de la maison, cet endroit de repos, où on est soi-même. Lieu paisible qui nous attend quand on s'égare comme elles ont eu l'impression de se perdre quelque peu dans le tumulte du succès. «Je pensais, avoue Mélanie, que j'étais faite pour l'instabilité, l'aventure, la route. Après deux ans de tournée, je me suis aperçue que j'avais besoin d'un chez-moi où je peux poser mes sacs et faire mon lavage tranquille.» 

Encore une fois, leur album reflète une quête d'identité que leur vingtaine commence à définir. «On a beaucoup travaillé sur cet album et il est vraiment conforme à ce qu'on souhaitait. Il nous ressemble, il est sincère. Il est peut-être un peu plus rugueux que le premier, plus coloré, et ce, même s'il est romantique.

Il a, malgré tout, une bonne dose de candeur à laquelle on tenait parce que c'est nous, mais sans que ce soit rose bonbon. Pendant la première tournée, on a cherché à casser cette image-là parce qu'on sentait que les gens nous percevaient beaucoup à travers cette naïveté. On voulait montrer une autre facette de nous: on peut être plus corsées à l'occasion. Les gens sont prêts à le prendre.»

La maison, c'est un havre, un lieu (le titre de l'album et d'une de ses chansons réfère au nom que les soeurs donnent à l'appartement montréalais qu'elles habitent avec des amis) mais c'est aussi une identité. C'est peut-être là, finalement, le thème central de cet opus fidèles aux harmonies vocales qui font le son des soeurs Boulay.

«Je suis tellement fière de ce disque-là, se réjouit Mélanie. On a réussi à recréer l'esprit qu'on trouvait dans le premier album. L'énergie de ''je ne sais pas trop où j'm'en vais mais je me pitche là-dedans un peu les yeux fermés''. On n'a pas fait de compromis. On s'est juste écoutée. En fait, c'était ça, la candeur du premier: c'était de s'écouter et de ne pas faire de compromis et on a réussi à le faire de nouveau.»

L'album est présentement disponible tant dans sa version CD que numérique.

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