Les effets insoupçonnés de la météo sur les humains

Gilles Brien, biométéorologue.... ((Courtoisie))

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Gilles Brien, biométéorologue.

(Courtoisie)

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le temps qu'il fait peut-il avoir une influence sur le taux de suicides? La fréquence des meurtres? Le résultat des élections? Les désastres climatiques peuvent-ils contribuer à la naissance d'enfants présentant des problèmes mentaux? Le beau temps peut-il favoriser votre demande d'augmentation de salaire? Les douleurs arthritiques de grand-mère peuvent-elles vraiment prédire une tempête de neige 24 à 48 heures avant son arrivée?

La réponse à toutes ces questions est oui si l'on se fie à Gilles Brien, un météorologue professionnel à la retraite qui a oeuvré pendant 33 ans chez Environnement Canada.

M. Brien a trouvé réponse à toutes ces questions et bien plus en se passionnant tout au long de sa carrière pour la biométéorologie, une science vieille de plusieurs millénaires connue d'Hippocrate, mais négligée par la médecine et la science modernes, sans doute à cause de sa subjectivité et de l'impossibilité de reproduire le climat en laboratoire, fait-il valoir.

Gilles Brien a malgré tout écrémé, au fil de sa carrière, des études scientifiques ainsi que des statistiques absolument fascinantes sur le sujet qu'il a colligées dans un ouvrage intitulé Les baromètres humains qui vient de paraître aux éditions Québec Livres.

«On sait depuis le début du siècle que les enfants nés en hiver sont plus susceptibles d'avoir certaines maladies», dit-il. Si vous naissez en octobre, toutefois, vous devriez vivre quatre ans de plus que la moyenne des gens.

Afin d'enrichir son ouvrage, Gilles Brien s'est associé au Dr Wilhelm Pellemans, médecin chirurgien, anthropologue et biologiste.

Leur travail de recherche et leurs observations permettent de confirmer que l'humain a beau vivre bien au chaud dans sa maison et travailler à l'air climatisé en été, il est influencé par le vent, le temps maussade, le soleil, les extrêmes de températures et les variations de pressions atmosphériques.

Les douleurs de grand-mère qui prédisent la météo ne sont plus un mystère. «Les tissus qui se renouvellent autour d'une cicatrice sont jeunes et présentent des taux de dilatation différents de la blessure par rapport aux tissus anciens. Quand la peau se contracte, avec un changement de pression ou de température, les taux de dilatation différents vont faire en sorte que vous allez sentir du tiraillement», explique M. Brien.

L'électrification de l'air y serait aussi pour beaucoup. Les ions positifs apportés par les grands vents, par exemple, ou l'arrivée d'un front, apportent leur lot de problèmes de santé. En revanche, quand les ions de l'air sont négatifs, «les enfants apprennent mieux», dit-il.

Qui n'a pas entendu l'expression: «Les enfants sont tannants, il va y avoir une tempête.» Selon Gilles Brien, c'est un mythe. L'énervement n'est pas tant causé par la neige que «par la pression qui change rapidement», explique-t-il.

«Quand la pression est à la baisse, on observe aussi une augmentation des tendances suicidaires», dit-il.

Il y a très peu d'études sur l'influence de la météo chez l'humain, concède Gilles Brien qui a pu néanmoins en glaner plusieurs en provenance de divers pays. L'une d'elles, menée en Pennsylvanie, démontre qu'une baisse de pression atmosphérique de 2 kilopascals «entraîne 30 % de plus de tentatives de suicides», illustre-t-il.

Afin de confirmer cette donnée, Gilles Brien a fait le tour de divers experts au Québec pour se faire dire qu'il n'y avait pas de corrélations. Du même coup, il constate que la question météorologique est évacuée des équations et des études qui mènent les experts à faire de telles affirmations.

En revanche, dit-il, les pays chauds sont le théâtre de plus de meurtres et d'agressions armées. Même la plupart des émeutes raciales, ajoute le météorologue, sont survenues à des températures supérieures à 27 ° C.

Selon des recherches universitaires menées sur les enfants nés durant la crise du verglas et d'autres catastrophes environnementales, le stress vécu par la mère aurait eu des impacts mesurables sur la santé de leur progéniture, indique M. Brien.

Quand la pression atmosphérique chute, les gens sont aussi moins concentrés et plus distraits, ajoute-t-il.

La météo aurait même une influence sur les élections. Lors des deux référendums tenus au Québec, «on a eu des participations massives», dit-il et pour cause. «Il s'agissait de deux journées ensoleillées» presque partout au Québec.

«Attendez qu'il fasse beau pour demander une augmentation de salaire», suggère fortement le biométéorologue. Vous auriez plus de chance de vous faire dire oui.

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