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Louise Lacoursière fait revivre des personnages de La Saline

Louise Lacoursière était en Serbie au moment où... (Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Louise Lacoursière était en Serbie au moment où son nouveau roman est sorti en librairie. Deux semaines plus tard, elle effectue le lancement officiel. L'événement se passera mercredi soir, à la Librairie Poirier de Trois-Rivières.

Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Linda Corbo
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Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Au moment d'écrire sa série La Saline, Louise Lacoursière s'était fait la promesse de s'en tenir à une trilogie, format par excellence pour ses lectrices, trouvait-elle. L'auteure avait toutefois sous-estimé l'attachement développé à l'égard de son univers.

«Quand j'ai terminé mon troisième tome, j'ai contacté mon éditrice et je pleurais», raconte-t-elle. Aujourd'hui, si elle en parle avec un petit bonheur tranquille, c'est que ce jour-là, au bout du fil, la dame a trouvé les mots pour lui redonner le sourire. «Elle m'a dit que dans cette trilogie, j'avais créé des personnages secondaires tellement forts que je pourrais les développer et en faire des personnages principaux...»    

L'idée de l'éditrice est tombée dans l'imaginaire de l'auteure pour en ressortir avec un plan. Louise Lacoursière a présenté un projet de cinq nouveaux romans à la maison d'édition Libre Expression, autant de bouquins qui lui permettront d'élaborer le destin de cinq personnages secondaires.

Le tout débute aujourd'hui avec le lancement de La jeune fille au piano, qui met en scène Anne Alarie, jeune fille de 16 ans qui est aveugle depuis l'enfance et qui, dans La Saline, s'était fait connaître comme la fille de Napoléon, ramancheur de Saint-Léon-le-Grand. Le roman sera lancé officiellement ce soir à la Librairie Poirier de Trois-Rivières dans le cadre d'un «5 à 7» animé par Patricia Powers.

Le roman est à la portée de quiconque veut s'y plonger. Que l'on ait lu ou pas La Saline, il est aisé de suivre les pas de la jeune Anne alors qu'elle débute une nouvelle vie, au moment où elle débarque à l'Institut Nazareth de Montréal pour y entreprendre des études en musique. C'est dans ce pensionnat que l'on suit la jeune fille alors qu'elle apprivoise une  nouvelle autonomie, de nouvelles amitiés et ses premiers émois amoureux, le tout dans le contexte de 1894, une époque où l'enseignement des religieuses, quoiqu'on en dise, avait aussi son lot de grands avantages, fait valoir Louise Lacoursière. 

Pour bien cerner cet établissement voué à la cause des non-voyants et semi-voyants, l'auteure n'a pas lésiné sur les détails historiques. Au fil de ses recherches, elle a rencontré une dizaine de personnes non-voyantes, parmi lesquelles elle a pu longuement discuter avec d'anciennes élèves et enseignantes de l'Institut Nazareth, collège qui logeait jadis

à l'endroit où on retrouve aujourd'hui la Place des Arts de Montréal, rue Sainte-Catherine. 

Autant d'informations qui ont permis à Louise Lacoursière de traverser une difficulté de taille dans ce roman, celui d'écrire la trajectoire d'une non-voyante. Or, l'auteure avait déjà une petite longueur d'avance en la matière, elle qui, en bas âge, a guidé sa propre mère qui a perdu une grande part de sa vue après la naissance de son premier enfant, une cécité qui l'a gagnée graduellement au fil des années subséquentes sans que les gens s'en aperçoivent. 

Sa main dans celle de sa mère, Louise Lacoursière (cadette des huit enfants) avait d'ailleurs appris toute une gamme de petits signes subtils pour guider la dame. Capable de regarder les gens droit dans les yeux au seul son de leur voix, la fière dame parvenait à berner tout le monde autour d'elle. «Mon propre conjoint a mis trois mois à s'apercevoir qu'elle avait des problèmes de vision...», raconte l'écrivaine.  

Entre La Saline et La jeune fille au piano, Louise Lacoursière a pris une année sabbatique d'écriture, ce qui n'a fait que renforcer ce qu'elle croyait. «Je n'ai pas eu de difficulté à faire autre chose et à ne pas mettre mon cadran pour écrire, mais je me sentais à côté de ma mission», note-t-elle. «Cette période a été une prise de conscience aiguë que le processus créatif me donnait plus que de la satisfaction, ça me donne du bonheur.»

Le livre est déjà en librairie depuis le 23 septembre, mais l'auteure était en voyage en Serbie, d'où le lancement deux semaines plus tard. Chez Libre Expression, on a déjà prévu que La jeune fille au piano sera adapté en braille, tout comme il est fort possible qu'on en fasse un livre sonore.  

De son côté, Louise Lacoursière a déjà débuté le prochain tome, qui devrait être publié l'automne prochain et qui sera destiné celui-là à Judy, une herboriste qui ira vivre chez les Abénakis de Pierreville, là où se trouve actuellement Odanak. Les destins de Marie-Ange, Lionel et Marilou devraient suivre, se réjouit l'auteure. «Je voulais avoir 12 enfants et je ne les ai pas eus, mais je vais certainement avoir 12 livres...»

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