Une prise de conscience pour Patrick Huard

Patrick Huard interprète un modeste député.... (Photo: La Presse)

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Patrick Huard interprète un modeste député.

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Il n'est sans doute pas difficile d'imaginer Patrick Huard dans la peau d'un modeste député surtout s'il s'agit d'une ancienne vedette de hockey. Philippe Falardeau et le producteur Luc Déry ont allumé en même temps devant une évidence en voyant l'acteur lors de l'hommage à Micheline Lanctôt lors du gala des Prix Jutra, en 2014.

«Moi, ce qui m'a intéressé d'emblée dans le scénario, c'est son aspect humain, a confié l'acteur en entrevue au Nouvelliste. Je trouve qu'on a désincarné la politique et pour moi, c'est une déception. Le scénario de Philippe y ramène l'aspect humain: il n'est pas simplement question d'un gars en complet bleu marine qui gouverne, il s'agit plutôt d'un gars ordinaire qui fait de son mieux dans le monde politique.»

Le comédien affirme que son regard sur son propre pays a changé par son implication dans l'oeuvre. «Le film nous montre une amitié improbable entre le député et un stagiaire haïtien. Celui-ci est un idéaliste très cultivé alors que Guibord est le contraire d'un intello. C'est un gars terre-à-terre qui fait du mieux qu'il peut. Le choc des deux est intéressant et révélateur, je trouve.»

Le regard que pose Souverain, le stagiaire haïtien, sur notre système politique, est un point de vue qui a éclairé Patrick Huard. «Je me suis demandé si nous sommes suffisamment conscients de la richesse dont nous disposons. Matérielle, évidemment, mais aussi au niveau de la démocratie. Nous avons un vrai droit d'expression ici mais nous en servons-nous? C'est pourtant essentiel pour le maintenir en santé.»

«Je ne parle pas des partis politiques parce que jamais je ne m'afficherai ouvertement pour un parti ou un autre; je ne pense pas que ce soit ma job. Par contre, je me suis questionné sur la démocratie et je me suis demandé si j'en prenais soin. Je pense que je peux être plus responsable face à ces privilèges-là.»

Sans révéler de punch majeur, on peut dire que le député Guibord se retrouve dans une position stratégique décisive dans le cadre d'un vote très important pour l'avenir de son pays. Ce petit député anonyme devient quelqu'un de très important pour déterminer une orientation majeure de la politique du Canada.

«Pour moi, c'est plausible parce que je crois aux changements, explique Patrick Huard. Seulement, le vrai changement en politique est quelque chose de lourd et ça n'arrive pas d'un coup. Les grands hommes politiques ont réalisé de grandes choses mais sur le long terme. Nous, on voudrait que tout se fasse rapidement au rythme d'un topo sur une chaîne d'information continue et ce n'est pas possible. Le film est réaliste à ce titre-là et ça m'a plu.»

«Je crois au pouvoir des individus et au pouvoir des convictions. Je crois aussi au pouvoir des gens qui sont assez têtes de cochons pour continuer d'avancer sans se préoccuper du résultat immédiat. Et je crois au pouvoir de la confrontation des idées parce que le changement ne peut venir que de là. À travers quelques décennies, on a changé tellement d'habitudes par rapport à l'environnement, par exemple. Ce n'est pas rien, et c'est venu à travers l'acharnement à long terme d'individus entêtés.» 

«On doit respecter ce système politique qui permet la démocratie et des changements profonds. Le respecter, et en prendre soin. Nos voisins du sud nous parlent de respect des individus et ils se tirent dessus, ce que nous, nous ne faisons pas. Je veux qu'on protège ça.»

Cela dit, Huard est présentement plongé dans un tout autre univers puisqu'il travaille sur le scénario de la suite de Bon Cop, Bad Cop  dont le tournage est prévu pour le printemps 2016. «J'ai essayé d'écrire une suite et ça ne marchait pas. J'ai décidé d'écrire un film, à la place et là, ça a marché. C'est comme une suite, mais c'est un film très différent du premier. Un film qui existe en soi et qui nous offre le plaisir de retrouver les deux personnages principaux. Ça a la même couleur que le premier, je dirais, la même dynamique d'action, le même environnement mais on ne jouera pas sur le contraste entre les anglophones et les francophones.»

«Ça se passe dix ans après le premier. Les personnages ont évolué. Le défi, c'est qu'on soit aussi frais en l'abordant qu'on l'a été en découvrant le premier film. Comme on n'a pas les moyens de faire exploser 40 voitures et faire s'effondrer trois édifices, j'essaie de m'assurer que chacune des scènes d'action soit drôle. C'est un défi de plus qui, moi comme auteur, m'amuse beaucoup.»

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