Lente mais intense Marche à l'ombre

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La série Marche à l'ombre décrit l'univers de quatre agents de libération conditionnelle d'une maison de transition.

Bell Média

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La série Marche à l'ombre permettra-t-elle à Super Écran de devenir le HBO québécois, comme c'était son souhait? La première série dramatique originale de la chaîne payante, diffusée dès le lundi 12 octobre à 21 h à Super Écran 4, décrit l'univers de quatre agents de libération conditionnelle d'une maison de transition. Laurence Leboeuf, qui joue l'un d'eux, y crève l'écran.

Même qu'elle constitue l'un des principaux atouts de la série, fabuleuse dans le personnage aussi fascinant que complexe de Rachel Marchand, une écorchée vive qui s'enfonce dans une relation très charnelle avec un policier impulsif (Jean-Sébastien Courchesne). Au début, ses comportements à peine violents l'excitent, la motivent même à rester; plus tard, ils deviendront intolérables, envahissants.

Dès le premier épisode, Rachel prend une décision concernant un détenu qui aura beaucoup d'impact sur sa vie professionnelle et personnelle. Le travail d'agent de libération impose une pression indue sur ceux qui le pratiquent, certains s'en sortent moins bien que d'autres.

Catherine Brunet, qu'on a connue jadis dans Le monde de Charlotte et qu'on voit dans

Le chalet à VRAK, est brillante dans le rôle d'Audrey, la nouvelle collègue qui vient de l'armée, aux méthodes qui dérangent. Une agente de libération conditionnelle qui ne croit pas à la réhabilitation  «du crossage!» dit-elle. Ève Duranceau et Éric Robidoux jouent les deux autres agents, Sylvain Marcel, leur patron, Gildor Roy, Didier Lucien et Jean-Carl Boucher, des détenus en processus de libération.

Marche à l'ombre n'est pas une série proprette, et on ne s'en plaindra pas. Scènes sexuellement explicites, d'autres d'une grande violence. Même l'interprète de M. Craquepoutte dans Toc toc toc, Denis Houle, y sacre comme un charretier, et fait rire, inévitablement. Parce qu'il est parfois permis de rire dans Marche à l'ombre.

Mettons quelque chose au clair: Marche à l'ombre n'est pas destinée à un grand réseau, où le rythme fait foi de tout, et où on a parfois l'impression que les émissions servent à boucher les trous que les publicités daignent leur laisser. L'oeuvre de Francis Leclerc porte davantage la signature du cinéaste que du réalisateur de télé, et prend le temps qu'il faut pour installer l'intrigue et les personnages. Comme sur HBO, les 10 épisodes sont d'une durée variable, allant de 48 à 54 minutes, sans publicité.

Le réalisateur des Beaux malaises et d'Apparences répétait hier ne jamais avoir disposé d'autant de liberté sur une série. «C'est complètement magique de faire de la télévision comme ça, ça se rapproche beaucoup du long métrage», a-t-il dit avant la projection.

Beaucoup de liberté, en effet, et peut-être même trop. Parce que plusieurs passages de ces deux premiers épisodes auraient pu être resserrés. Sans impératif de durée, le réalisateur s'étend parfois inutilement. Quand on prend le temps de montrer l'héroïne remplir son pot à crayons, choisir son fond d'écran d'ordinateur et enregistrer le message de sa boîte vocale, j'appelle ça du «trip de réalisateur».

Et c'est pour toutes ces raisons que la série ne plaira pas à tous d'emblée. Surtout que le premier épisode n'est pas le plus vendeur; plutôt que d'entrer de plain-pied dans l'univers de la maison de transition, on passe beaucoup de temps sur un souper amical entre trois des criminologues et leurs conjoints, qui débattent sur le féminisme et la présence des femmes dans la police.

Une deuxième saison est déjà confirmée de cette série scénarisée par Ian Lauzon, avec la collaboration de Ludovic Huot et Catherine Léger. Ironiquement, elle arrive au moment où Bell Média procède à des compressions au Québec pour recentrer ses activités à Toronto. Mario Clément, initiateur de l'idée d'un HBO québécois, a été congédié le mois dernier. Hier, plusieurs cadres de la société à Montréal passaient devant les grands patrons pour connaître leur sort. Sept cents postes devraient être abolis au pays d'ici le mois prochain.

Passage télé réussi pour La soirée

L'émission radiophonique La soirée est (encore) jeune, pilotée par Jean-Philippe Wauthier, réussit bien son passage à la télé. Dimanche à 19 h, 79 000 curieux ont voulu voir au lieu d'entendre, sur ICI ARTV, un score honorable pour cette chaîne, considérant que C'est juste de la TV en a attiré 74 000 vendredi soir. Seule «ombre» au tableau: le plateau mal éclairé, mais j'ai le sentiment qu'on fera mieux la prochaine fois.

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