Jouer pour jouer: la liberté et le plaisir

Jusqu'au 18 octobre prochain, le Centre d'exposition Raymond-Lasnier... (Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Jusqu'au 18 octobre prochain, le Centre d'exposition Raymond-Lasnier présente Jouer pour jouer une grande exposition consacrée à l'oeuvre inimitable de Guy Bailey.

Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Jusqu'au 18 octobre prochain, l'artiste trifluvien Guy Bailey prend toute la place au Centre d'exposition Raymond-Lasnier avec près de 60 oeuvres. Il avait tellement d'oeuvres à offrir à la commissaire Marie-Ève Bérubé qu'on en retrouve d'autres, toutes de production récente, à la bibliothèque Gatien-Lapointe.

C'est dire que Guy Bailey est enthousiaste. Il l'est de nature. Son art est enthousiaste et c'est peut-être la première chose dont témoigne cette riche exposition. Ce n'est pas qu'une question de nombre d'oeuvres, ça tient aussi et surtout au contenu.

L'art de Guy Bailey explose sous la pression d'une ludique ferveur intérieure. Voilà où prend naissance le titre de l'exposition: Jouer pour jouer.

Malgré l'impression initiale peut-être, c'est bien du jeu qui est au centre de cette exposition. Le jeu d'une expression sans contrainte, d'une libération de pulsions intérieures.

«Pour moi, dit l'artiste en regardant les murs autour de lui recouverts de ses oeuvres, tout ça, c'est du plaisir. Rien que du plaisir, même si parfois, on voit les signes de luttes.»

Le plaisir de l'expression de soi qui ne supporte pas de barrières, celui de l'introspection sans tabou. Celui de dessiner. «Je suis né avec des crayons de couleur dans les mains. Quand je crée, je pars en moi et rien d'autre n'existe. J'oublie tout.» L'exposition n'est pas une rétrospective à proprement parler parce que la grande majorité des oeuvres, estampes, sculptures et peintures sont récentes mais on présente à travers l'exposition des toiles de diverses époques de la carrière de Guy Bailey. Plusieurs toiles naïves, notamment; l'art naïf de ses débuts et de ses premiers succès à la sortie de l'École des beaux-arts. Il s'agissait déjà d'une révolte contre une jeunesse vécue sous le poids des traditions. Bailey s'est affranchi de ce monde sclérosant dans lequel il ne se reconnaissait pas en le noyant dans des couleurs vives et joyeuses.

En abandonnant l'art naïf, malgré le succès qu'il lui a procuré, il n'a jamais complètement abandonné la méthode, s'affranchissant constamment des contraintes par la force du geste gouvernant le trait, les couleurs, jusqu'à l'abstraction. Toujours les couleurs.

«Les couleurs me guident. Parfois, je prends des risques avec des couleurs qui ne semblent pas pouvoir se marier mais au fond de moi, je sais que ça va marcher. Je le sens.»

Si créer est une libération intime, Bailey avoue aussi qu'elle lui permet de bousculer le public. Jouer pour jouer en témoigne aussi.

«J'ai beaucoup dérangé bien des gens au cours de ma carrière et il y en a encore que je bouscule aujourd'hui mais ils sont de moins en moins nombreux. Je constate une certaine ouverture que j'apprécie. Ce n'est pas une question de message parce que mon art n'en comporte pas. C'est plus la liberté que je prends qui peut déstabiliser.»

«Il faut accepter d'être bousculé pour apprécier l'art de Guy à sa juste valeur, explique la commissaire. Chaque oeuvre a sa propre force et si on la laisse nous envahir, elle nous réserve de belles surprises. Certains nous sautent immédiatement au visage par leur côté très expressif mais d'autres nous invitent à les découvrir. À la fin, toute l'exposition n'est que le reflet de l'individu hors du commun qu'est Guy Bailey. Pendant toute sa carrière, il est resté imperméable aux tendances, aux modes et il a revendiqué sa liberté.

À ce titre, il donne une belle leçon.»

L'artiste le résume en d'autres mots: «L'art iste qui n'a pas son langage à lui, c'est juste un copieux!»

Comme les oeuvres de Guy Bailey ont trouvé leur place dans bon nombre de musées et de collections publiques, c'est surtout de ce côté qu'on a orienté les recherches pour meubler l'exposition en plus de faire appel aux plus récentes créations de l'artiste.

On n'a même pas eu besoin d'avoir recours aux nombreux collectionneurs privés qui possèdent de ses toiles. Preuve que s'il a peut-être dérangé, il a aussi beaucoup plu.

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