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Compressions dans le milieu scolaire: les musées écopent

Les attraits culturels de la région ont moins... (Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Les attraits culturels de la région ont moins d'inscriptions en raison des moyens de pression dans le milieu scolaire.

Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les dirigeants des attraits culturels de la région suivent avec intérêt l'évolution des moyens de pression mis de l'avant par les syndiqués du milieu de l'éducation cet automne. C'est que plusieurs musées ou centres d'interprétation observent une baisse dans les réservations de groupes scolaires, et cette diminution est souvent justifiée par les moyens de pression liés au processus de négociation des conventions collectives des employés de l'État.

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«On reçoit environ 26 000 visiteurs par année, et la clientèle scolaire représente 45 %» - Carole Bellerose, directrice générale du Centre de la biodiversité.

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«On peut dire que les réservations sont en baisse par rapport aux autres années. C'est au ralenti.» - Jean-François Royal, directeur du Musée des religions du monde.

Carole Bellerose, directrice générale du Centre de la biodiversité du Québec à Bécancour est catégorique: «Ça nous fait vraiment mal». Une dizaine d'écoles ont récemment annulé leur visite en invoquant le contexte des moyens de pression. Pour un établissement comme celui géré par Mme Bellerose, ces 1400 à 1500 élèves de moins feront assurément une différence dans le bilan de l'année.

«On reçoit environ 26 000 visiteurs par année, et la clientèle scolaire représente 45 %», détaille-t-elle. L'an dernier, de septembre à la mi-novembre, le centre avait accueilli 25 groupes scolaires. «Ce qui va peut-être nous sauver, ce sont les centres de la petite enfance. Souvent, ils voulaient venir chez nous mais nous n'avions plus de place», note Mme Bellerose, qui misera sur cette clientèle pour palier aux annulations de réservations des écoles.

Cette baisse de la clientèle scolaire est aussi remarquée au musée Boréalis, fréquenté annuellement par quelque 5000 élèves. Sa directrice Valérie Bourgeois constate qu'à l'automne 2014, entre trois et six groupes scolaires se prévalaient de son programme éducatif chaque semaine, tandis qu'en date de lundi, quatre groupes étaient attendus au cours des huit prochaines semaines.

«Nous avons évalué une perte de 1800 à 2000 élèves si le boycott se poursuit jusqu'à la fin décembre. On essaie d'être proactif en promouvant nos activités hors-murs, en espérant que si les écoles n'ont pas à se déplacer, on pourra les rejoindre quand même», indique Mme Bourgeois.

Au Musée des religions du monde de Nicolet, le directeur Jean-François Royal peut aussi compter sur l'option «mobile» de son programme éducatif. Un animateur peut se déplacer dans les écoles, et ces visites se concrétisent cet automne dans des régions comme le Lac-Saint-Jean.

«Nous avons eu une annulation officielle, d'une école de Laval qui vient à toutes les années depuis cinq ans. On nous a dit que c'était dû au contexte des moyens de pression. On peut dire que les réservations sont en baisse par rapport aux autres années. C'est au ralenti», observe M. Royal. Le Musée des religions du monde accueille environ 4500 élèves par année, ce qui correspond à entre 25 et 30 % du nombre total de visiteurs.

Le Musée québécois de culture populaire propose également un programme éducatif adapté à ses expositions. Et comme ses collègues des autres musées, la responsable des communications Claire Plourde observe une diminution des réservations de groupes scolaires cette année.

«Il y a vraiment une baisse, surtout au niveau primaire. On a un tour-opérateur qui fait seulement du parascolaire, principalement pour les services de garde, qui avait réservé des dates et les a annulées. Pour le reste, on n'a pas eu d'annulation mais on n'a pas eu beaucoup d'inscriptions comme par les années passées non plus. On est chanceux parce que le collégial nous reste fidèle avec les nuitées en prison. Sinon c'est un début d'année assez tranquille», détaille Mme Plourde.

La hausse des tarifs des services de garde dans les écoles expliquerait la désertion de cette clientèle, que l'on voyait notamment les vendredis de journées pédagogiques. La clientèle de niveau collégial à laquelle Mme Plourde fait référence provient surtout des programmes d'intervention en milieu carcéral.

À la Cité de l'énergie, le responsable de l'animation Mario Lachance parle d'une diminution «très minime» se traduisant par deux annulations. «Ce n'est pas dramatique. De toute façon il est tôt dans la saison. Nous, le gros de nos groupes scolaires viennent au printemps», dit-il.

Pas de consigne claire

Le dossier des sorties scolaires est géré par chacune des écoles sous l'égide de leur conseil d'établissement respectif. La présidente du Syndicat de l'enseignement de la Mauricie Chantal Légaré assure qu'«il n'y a pas eu de mot d'ordre» suggérant aux écoles de laisser tomber les sorties scolaires. «Ce qui est le plus important de retenir, c'est que les enseignants respectent leur tâche. Ils se consacrent à leurs tâches à l'intérieur du temps qui leur est reconnu», formule-t-elle.

Le directeur du Musée des religions du monde Jean-François Royal appuie les revendications des enseignants qui doivent composer avec des coupes. «Je comprends tellement ce que les profs sont en train de faire avec leurs moyens de pression! Les coupures, on connaît ça aussi dans le milieu culturel. Mais en même temps, je ne crois pas que l'élément des sorties culturelles soit celui qui va faire la différence auprès du gouvernement», commente-t-il.

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