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Agression de Mathieu Grégoire: la troupe du TGP très touchée

Marc-André Dowd signe la mise en scène de... (Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Marc-André Dowd signe la mise en scène de la pièce de théâtre Le projet Laramie, actuellement présentée par le Théâtre des Gens de la place.

Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «Ça n'a pas de sens comme coïncidence.»

Richard Senneville est le président du Groupe régional... (Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste) - image 1.0

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Richard Senneville est le président du Groupe régional d'intervention sociale en Mauricie et au Centre-du-Québec.

Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste

La coïncidence à laquelle fait référence Marc-André Dowd est la présentation de la pièce Le projet Laramie par le Théâtre des Gens de la place. La pièce propose le récit d'un événement réel, soit le meurtre de Matthew Shepard, un Américain de 21 ans torturé à mort par deux jeunes hommes en 1998 en raison de son homosexualité. M. Dowd signe la mise en scène de cette pièce et il était avec la dizaine de comédiens dans les loges de la salle Anaïs-Allard-Rousseau dimanche après-midi en préparation de la représentation de 14 h. Une heure auparavant, la troupe apprenait via les réseaux sociaux qu'un jeune homosexuel, Mathieu Grégoire, avait été passé à tabac au Festival western de Saint-Tite, de toute évidence en raison de son orientation sexuelle.

La finalité de cette agression est heureusement moins grave pour Mathieu Grégoire, qui porte d'ailleurs le même prénom que l'homme dont il est question dans la pièce. Mais le parallèle entre les deux situations a frappé de plein fouet l'équipe du TGP.

«L'atmosphère était particulière, témoigne le metteur en scène. Les comédiens ont réussi à canaliser leur émotion. Ça donnait un sens aux comédiens que c'était encore plus important de jouer cette pièce et de porter ce message.»

À la suite des premières représentations, des spectateurs ayant abordé Marc-André Dowd étaient d'avis qu'une telle situation ne pourrait jamais se produire au Québec, convaincus que les mentalités avaient changé. Non seulement une agression de ce type est arrivée au Québec, mais en Mauricie.

«On n'est jamais à l'abri de situations dramatiques. Il faut faire de l'éducation et mettre les gens en contact. C'est la peur de la différence qui apporte de tels comportements. C'est le même mécanisme que le racisme», croit M. Dowd, dont la troupe a invité Mathieu Grégoire à assister cette semaine à une représentation de la pièce.

HOMOPHOBIE PURE ET SIMPLE

Pour Richard Senneville, l'agression dont a été victime Mathieu Grégoire ne peut laisser place à aucune interprétation.

«C'est de l'homophobie pure et simple. Quand j'ai appris cette histoire, le coeur m'a fendu en deux. C'est un geste gratuit. S'en prendre à quelqu'un parce qu'il a une différence... La personne qui a fait ça est soit un gai qui ne s'accepte pas ou bien elle a une incompréhension totale de ce qu'est un homosexuel. Mais dans les deux cas, les gens doivent être civilisés», lance le président du Groupe régional d'intervention sociale (GRIS) de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

Le GRIS a comme mission de favoriser une meilleure connaissance des réalités homosexuelles et de faciliter l'intégration de ces personnes. L'organisme communautaire effectue des visites dans les écoles secondaires afin d'aborder ces sujets pour que les élèves réalisent que les homosexuels sont des gens comme tout le monde.

«L'éducation est le meilleur chemin à prendre pour enrayer l'homophobie. On vise la jeunesse en se disant qu'ils seront les parents de demain. S'ils ne sont pas homophobes, peut-être qu'ils transmettront cette ouverture d'esprit à leurs enfants.»

M. Senneville se dit peu surpris de voir de tels comportements même si on est en 2015.

«On se déclare comme étant un peuple plus libre penseur au Québec, plus ouvert à la diversité. Il y a beaucoup de progrès qui a été fait. Il reste une minorité de gens qui est homophobe, mais cette minorité prend de la place.»

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