Le TGP ouvre sa saison avec Le Projet Laramie

Le Projet Laramie, pièce qui sera présentée dès... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

Agrandir

Le Projet Laramie, pièce qui sera présentée dès jeudi à la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture de Trois-Rivières, est la 14e mise en scène de Marc-André Dowd pour le compte du Théâtre des Gens de la place, dont il est l'un des membres fondateurs.

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) Marc-André Dowd a assisté à la pièce Le Projet Laramie au Théâtre du Trident à Québec en 2012. Il en est ressorti sonné, la gorge nouée, incapable même de parler. Comme il le fait souvent, il a attendu quelques années avant de songer à monter lui-même cette pièce, histoire d'oublier le spectacle qu'il a vu et de prendre la distance nécessaire pour lui apporter sa propre vision. C'est avec celle-ci que le TGP ouvrira sa nouvelle saison jeudi soir à la Maison de la culture de Trois-Rivières, une production qui réunira dix comédiens autour d'une pièce qui s'annonce percutante et qui sera présentée à six reprises jusqu'au 26 septembre.

Laramie est cette ville du Wyoming où un jeune étudiant homosexuel de 21 ans, Matthew Shepard, a été torturé et battu à mort en 1998 par deux autres jeunes garçons, un crime à caractère haineux qui a tristement fait le tour de la planète. De ce que l'on sait des événements, Shepard avait rencontré ses deux agresseurs dans un bar et avait consenti à embarquer avec eux dans un camion pour quitter les lieux, se croyant en sécurité. On le retrouvera toutefois ligoté à une clôture à bétail et laissé pour mort, décès qui surviendra après cinq jours de coma.

Le Projet Laramie est l'histoire d'une compagnie de théâtre new-yorkaise qui s'est rendue sur place pour mesurer l'impact du drame sur la communauté locale et tenter de comprendre comment une telle violence peut y avoir surgi. La pièce fait état de ce qu'ils ont constaté, racontant l'histoire de Matthew Shepard à travers les témoignages recueillis à Laramie, les extraits de rapports de police, les rapports médicaux et les notes du procès des deux accusés. Le tout forme une pièce qui permet aujourd'hui de visiter le drame sous la forme du théâtre-documentaire, un genre que Marc-André Dowd explore pour la première fois, lui qui en est à sa 14e mise en scène pour le compte du Théâtre des Gens de la place.

«C'est une forme théâtrale qui est très particulière. À travers les personnages, elle nous permet de comprendre comment cette communauté a été marquée par ce qui s'est passé. Plus on avance dans la pièce, plus on raconte directement cette soirée-là selon les différents points de vue, puis le procès et les funérailles de Matthew», explique le metteur en scène.

La pièce, qui devrait durer approximativement 2 h 35, sera portée par une distribution de dix comédiens qui sont appelés à interpréter 60 personnages, un groupe qui compte un comédien qui en est à sa première présence sur scène (Merlin Voghel), le reste étant formé d'habitués du TGP, soit Patrick Lacombe, Rollande Lambert, Guy Baillargeon, Marie-Andrée Leduc, Martin Francoeur, Cindy Rousseau, Étienne Bergeron, Frédérick Dowd et Mylène Renaud.

Au sein même de la distribution, le sujet a suscité son lot de discussions, note le metteur en scène, à l'image de ce qui risque de se produire chez les spectateurs après les représentations. «En trame de fond, il y a l'histoire d'un jeune homosexuel mais, à mon avis, c'est une pièce sur la nature humaine, sur l'intolérance et la peur de ce qui est différent», note Marc-André Dowd.

La pièce a été écrite par Moisés Kaufman et le Tectonic Theatre Project, puis traduite par le comédien Emmanuel Schwartz. Ce dernier en a d'ailleurs fait une adaptation québécoise qui a une résonnance universelle, considère le metteur en scène, d'autant plus que, selon lui, de tels drames peuvent survenir encore de nos jours. Il donne pour exemple cet homosexuel qui a été tabassé tout dernièrement dans le village gai de Montréal à la sortie des bars. «L'histoire de Matthew Shepard pourrait arriver encore aujourd'hui», considère Marc-André Dowd. «Quand j'ai vu cette pièce, je savais que ç'aurait pu être moi qui avait embarqué dans ce camion.»

La pièce sera présentée demain, vendredi et samedi à 20 h, dimanche à 14 h, ainsi que les 24, 25 et 26 septembre. Les billets sont disponibles au coût de 20 $ pour les adultes et de 18 $ pour les étudiants.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer