Rémi Chassé: du rock, de la pop et de la ténacité

Rémi Chassé présente son premier album solo Debout...

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Rémi Chassé présente son premier album solo Debout dans l'ombre.

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Lorsqu'on se remémore sa performance éclatante sur une pièce de Led Zeppelin à La Voix (2014), on peut convenir qu'on ne s'attendait pas nécessairement à ce que le finaliste Rémi Chassé nous arrive un an et demi plus tard avec un album francophone.

C'est pourtant le pari qu'il fait avec Debout dans l'ombre, un choix artistique qui se révèle concluant si l'on considère que son premier extrait radiophonique Sans adieux figure au sommet du palmarès francophone depuis mai, trois mois avant le lancement de l'album effectué il y a deux semaines. Belle manière d'introduire ce premier opus solo qui nous présente dix pièces baignées dans un univers pop rock qui lui sied bien.

Au départ, Rémi Chassé avait l'intention de proposer un album bilingue, mais le matériel francophone s'est imposé suffisamment pour damer le pion à un profil anglophone qui s'était déjà exprimé passablement au sein de son ancien groupe Tailor Made Fable, avec lequel il avait déjà sorti trois albums au cours de ses onze premières années de métier.

Pour lui, l'émission La Voix est d'ailleurs survenue à un moment opportun, quelques années après la dissolution du groupe, passage qui l'avait mené à poursuivre sa route en solo dans les bars et les microbrasseries avec un spectacle de reprises qui fonctionnait, mais qui ne le comblait pas, dit-il. «Je cherchais une façon de rester en vie en tant que chanteur et de créer, mais je n'étais pas satisfait alors quand j'ai vu la première édition de La Voix, ça m'a sourit.»

Sur le plateau de cette émission, Rémi Chassé est arrivé avec une expérience et une lucidité qui lui ont servi et qui lui servent encore. Le jeune homme sait à quel point la ténacité doit être au rendez-vous pour parvenir à percer là où plusieurs convergent dans l'espoir d'y faire sa place. Tout comme la ténacité est bien présente au sein de ses relations et ce, malgré les distractions du métier.

Ce thème se retrouve d'ailleurs dans plus d'une chanson de son nouveau répertoire. Ténacité au sein d'une relation de couple dans la pièce Je refuse de nous laisser mourir; ténacité qui prédomine dans un clan familial quand arrive l'adversité dans la pièce Le même nom; et ténacité en période difficile dans La tête pleine, les mains vides. Cette dernière chanson lui est chère du fait qu'elle rend hommage à son père qui s'est retrouvé en eaux troubles cette année lorsque son entreprise a été entraînée dans une faillite par le retrait du distributeur de sa matière première. «Aujourd'hui tout est réglé, mais ça m'a touché de voir que mon père n'avait pas le choix de lâcher prise», note Rémi Chassé.

Voilà autant de pièces qui ont surgi ici et là à travers quelques nuits d'insomnie. «J'ai écrit la majorité de mes chansons entre 2 h et 6 h du matin», sourit-il. L'auteur-compositeur et interprète a par ailleurs expérimenté un degré de complexité accru du fait qu'en français, le rock est clairement plus difficile à rendre qu'en anglais, a-t-il noté. «C'était ça, le défi. Je ne voulais pas dénaturer ce qui me fait vibrer en tant qu'artiste. Il y a eu un moment d'adaptation pour arriver à formuler en français des phrases qui me permettaient de garder l'intensité», dit-il.

Mais encore, au-delà de la musicalité des mots, il a expérimenté aussi une plus grande pudeur en français. «Tout le monde comprend tout de suite ce que tu dis... On se met davantage à nu», dit-il, ajoutant toutefois que la censure ne s'est pas pointée pour autant. «Je pense que l'album est super transparent, peut-être un peu trop même. Les gens autour de moi trouvent que je dis pas mal tout...»

En fait, le seul titre qui n'est pas de lui est une reprise en mode acoustique de la chanson Une armée dans ma voix, pièce écrite par Louis-Jean Cormier qu'il souhaitait reprendre différemment que la version que l'on retrouve sur l'album collectif de l'émission. «Je trouvais important de lui donner une deuxième vie avec une version nouvelle qui va à l'essentiel.»

Depuis La Voix, il n'a revu son coach qu'à deux reprises, Louis-Jean Cormier ayant été retenu passablement par la sortie de son propre album. À la réalisation, Chassé s'est plutôt allié les services d'Hubert Maheux, qui est son guitariste et son ami depuis l'âge de11 ans. Guillaume Beauregard, fondateur du groupe Vulgaires Machins, a aussi collaboré à la réalisation en plus d'agir à titre de conseiller à l'écriture.

Avec le recul, Rémi Chassé considère qu'en bout de ligne, le statut de finaliste l'aura servi davantage que celui du grand vainqueur de La Voix, place qui a été cédée à Yoan Garneau. «Si j'avais gagné, je n'aurais pas pu profiter d'une aussi grande liberté», dit-il. «J'ai eu le temps de choisir mon équipe sans être trop pressé, ce qui fait en sorte qu'aujourd'hui, j'assume mon album à 100 %. Cet album-là, c'est moi.»

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