Joannie Benoît: treize histoires, un coeur

Trois ans après son passage à Star Académie,... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

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Trois ans après son passage à Star Académie, l'Acadienne Joannie Benoît présente son premier album, intitulé Pot Mason.

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Dans son profil publié sur le site de l'émission Star Académie alors qu'elle était de l'aventure, Joannie Benoît disait rêver de vivre un jour de la musique. Trois ans après sa participation à l'émission, elle a atteint son but. Même qu'elle lançait la semaine dernière son premier album: Pot Mason, une référence à une chanson où elle dit vouloir mettre le coeur de son amoureux dans un pot Mason pour le conserver avec elle.

Un album, même pour une interprète ou peut-être surtout pour une interprète, c'est l'affirmation d'un style, et parfois, d'un son. Un style qui exige plus que la réduction à un qualificatif. Folk pop, les chansons de Joannie Benoît? Oui, si on veut. Une pop propre, qui ne se casse pas la tête à faire des effets pour se distinguer.

«Je pense que je l'ai trouvé, mon style, dit la chanteuse de 27 ans. C'est pour ça que j'ai pris deux ou trois ans à faire cet album. C'est le choix des chansons qui était la priorité. Il me fallait en trouver qui me ressemblaient, qui me collaient à la peau. Trouver aussi le bon réalisateur pour moi.» C'est David Brunet, qu'elle a trouvé, comme l'avaient trouvé Coeur de Pirate, Patrice Michaud ou Tricot Machine avant elle.

Pour les treize chansons qui se succèdent sur Pot Mason, elle a puisé à une multitude de sources. Michel Rivard, Daniel Beaumont, Chloé Breault, Élise Larouche, Mathieu Lippé, Dave Richard, Nancy Dumais et d'autres aux textes, Catherine Durand, Viviane Audet, Félix Dyotte, Jean-François Breau et d'autres encore à la musique. Comment faire le tri? Avec le coeur, apparemment.

«Comme la plupart des gens, j'accroche d'abord à la mélodie. Mais je ne pourrais tout simplement pas chanter une chanson dont les paroles ne m'émeuvent pas. Veux, veux pas, chaque chanson est une histoire que tu racontes. Il faut que je sois moi-même émue si je veux transmettre cette émotion-là au public.»

D'où les thèmes derrière les treize histoires racontées: ruptures, amour naissant, amitiés, le mal du pays. Ce qui habite une femme de 27 ans. Ce qui habite Joannie Benoît. Elle va aussi là où presque personne ne peut aller avec Le parcours une chanson sur l'amputation de sa jambe emportée par un cancer il y a dix ans.

Elle n'en a pas fait le titre de ce premier album; elle aurait pu. Peut-être par pudeur, pour éviter de jouer avec trop d'insistance sur cette émotion. «Ç'a été beaucoup médiatisé avec Star Académie et je ne veux surtout pas que les gens me prennent en pitié. En même temps, c'est moi, c'est ma vie. Quoiqu'on en dise, un événement pareil, ça change une vie. Et quelque part, c'est une des meilleures choses qui me soient arrivées parce que j'ai eu à me battre. Je suis devenue plus fonceuse et plus forte juste d'être passée par ça.»

«Aujourd'hui, ça ne me dérange pas d'en parler ouvertement parce que ça permet des échanges humains riches. Et si ça peut faire du bien à des gens, ça me fait plaisir de le faire. Des gens m'ont aidée quand ça m'est arrivé et aujourd'hui, je veux redonner à ceux qui affrontent ça, leur dire qu'il y a une vie après une amputation.»

À travers les thèmes abordés, quand elle s'arrête à définir une orientation à ce premier album, elle pense au mot sagesse. «Plusieurs me l'ont dit et c'est vrai que le parcours que j'ai vécu m'a peut-être donné une certaine sagesse, une façon particulière de voir la vie. Comme le veut l'expression, j'ai parfois l'impression d'avoir une vieille âme dans un jeune corps et je trouve que l'album reflète ça.»

Ce qui ne signifie pas pour autant qu'elle adresse des leçons à son public. «Je veux seulement que l'album fasse du bien à ceux qui l'écoutent, que les gens se retrouvent dans les histoires. Et puis, comme un album fait connaître notre répertoire et permet de faire des spectacles sur scène, j'aimerais qu'il donne aux gens l'envie de venir me voir chanter.»

Elle sera au Festival western de Saint-Tite, le 13 septembre, au sein de la soirée acadienne en compagnie d'Annie Blanchard, Wilfred LeBouthillier, Maxime McGraw et Jean-François Breau. Même si elle ne revendique pas l'étiquette country, elle n'a pas de malaise à ce que des gens la perçoivent ainsi. «Je ne pense pas qu'on m'associe au country à travers ma musique qui est assez clairement folk pop, mais si ça arrive, ça ne m'embête pas. Je suis contente d'aller à Saint-Tite parce que c'est un gros événement et je suis surtout contente d'y représenter l'Acadie avec des amis. En plus, on va pouvoir jouer avec un gros orchestre, ce qu'on n'a pas la chance de faire tellement souvent. Ça va être le fun

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