Dernier week-end réussi à l'Amphithéâtre Cogeco

Fidèle à elle-même, Ginette Reno a offert toute... (Photo: Andréanne Lemire, Le Nouvelliste)

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Fidèle à elle-même, Ginette Reno a offert toute une performance aux spectateurs de l'Amphithéâtre Cogeco ce week-end.

Photo: Andréanne Lemire, Le Nouvelliste

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le spectacle était conçu pour souligner la première saison de l'Amphithéâtre Cogeco, pour célébrer le profil culturel de Trois-Rivières et pour faire rayonner les artistes qui en sont issus, tout en accueillant quelques invités de marque.

100, Avenue des Draveurs a rempli chacune de ces promesses de fort belle manière en proposant de magnifiques moments. Soir de première typique, on a connu samedi quelques inégalités et certains accrocs qui, lors de la deuxième représentation dimanche, risquaient toutefois d'être déjà réglés.

Les bons coups d'abord, puisqu'ils sont indéniablement les plus nombreux, le public a été terriblement gâté par la présence de l'Orchestre symphonique de Trois-Rivières qui, déployé sur la vaste scène de l'Amphithéâtre Cogeco, a donné de la grandeur à tous les numéros auxquels l'ensemble a contribué. Un condensé de virtuosité, d'élégance et de générosité.

Sous la direction de Jacques Lacombe, l'OSTR a épousé tous les répertoires avec une égale maîtrise, d'une ouverture éclatée sur une pièce contemporaine jusqu'au sprint effectué sur La valse à mille temps en compagnie de QW4RTZ, apportant une nouvelle ampleur à la pièce Marie Jo de Karim Ouellet, ou se collant juste comme il se doit au timbre de Fabiola Toupin sur La Manic. Mais encore, l'OSTR et maestro Jacques Lacombe portent très bien, mais vraiment très bien le rock, comme on a pu le constater en compagnie de Steve Hill.

Évidemment, l'OSTR a enveloppé comme il se doit la puissance d'une Ginette Reno qui, en deuxième partie, a fait dévier un peu la tangente de la soirée. Spectacle axé jusque-là sur un mélange des genres et un partage artistique, on s'est retrouvé avec une seule et grande performance solo dès qu'elle a mis les pieds sur scène. Et quelle performance. On ne se le cachera pas, ils étaient très nombreux à s'être déplacés pour elle.  

À ce public qui lui est fidèle et qui s'est levé en bloc dès son apparition sur les planches, elle a servi les cinq grands classiques de son répertoire (Fais-moi la tendresse, Ceux qui s'en vont, L'essentiel, Je ne suis qu'une chanson et Un peu plus haut), le tout avec cette ferveur et ce contact unique qu'elle sait créer avec l'auditoire. Sans compter cette expérience qui fait que samedi soir, au moment où les autres artistes joignaient leurs voix à la sienne en fin de spectacle, elle a été capable de

rattraper une erreur de parcours, d'arrêter net la dernière chanson de la soirée pour la reprendre et la terminer avec l'intensité qu'elle voulait lui donner. Sur ce, coup de chapeau à l'orchestre encore une fois.   

La mise en scène signée Véronique Marcotte, qui a réalisé ici un travail de moine pour tisser cette courtepointe artistique, avait privilégié jusque-là les numéros d'ensemble où chaque artiste, tout en ayant la lumière sur lui seul à un moment ou l'autre de la soirée, prêtait aussi son art au service de ses collègues de scène, que ce soit en duos ou dans des «back vocals». Une formule qui aura permis notamment de découvrir les diverses couleurs vocales d'Alexandre Désilets, de renouer avec l'ex-académicienne Maritza sur la vibrante I'm calling You et de savourer les multiples facettes de QW4RTZ. 

Ce quatuor trifluvien nous a résolument servi la note sympathique de la soirée, donnant aussi bien dans l'humour avec La valse à mille temps que dans l'émotion brute qu'ils ont su créer en s'asseyant tous sur le bord de la scène pour interpréter avec la beauté pure de leurs quatre voix l'Hallelujah de Leonard Cohen. La pièce prenait d'ailleurs tout son sens après l'hommage qu'ils ont rendu aux institutions culturelles trifluviennes, particulièrement aux Petits Chanteurs de Trois-Rivières dont ils sont issus, et à la mémoire de l'abbé Claude Thompson. 

En fait, c'est avec les Trifluviens qu'on a vécu samedi les émotions les plus senties du spectacle. Outre QW4RTZ, Fabiola Toupin a été impeccable à chacune de ses présences. Émue de se retrouver sur cette scène, on souhaite déjà l'y revoir.

Occupant le plancher à lui seul, le virtuose Steve Hill s'est transformé pour sa part en homme-orchestre, le temps de faire décrocher quelques mâchoires et de donner une magnifique décharge électrique à cette soirée. À la troisième pièce, on a frôlé l'incendie.

La metteure en scène avait aussi bien choisi son homme pour intégrer la poésie au spectacle. Digne descendant des Alphonse Piché et Gérald Godin, David Goudreault a prêté sa plume à un magnifique hommage à sa ville en ouverture de deuxième partie, un texte

dense et intelligent comme il en a le talent. Dommage qu'en début de soirée samedi, sa première prestation ait été enterrée sous la musique dans un numéro d'ouverture un peu timide. Certains espions sur place dimanche indiquent toutefois que la situation était déjà réglée lors de cette deuxième représentation.   

Soirée un peu inégale dans son ensemble et accusant parfois quelques longueurs, 100, Avenue des Draveurs n'en demeure pas moins un spectacle tout à fait unique qui, ce week-end, a fait honneur à la fois à l'Amphithéâtre et aux artistes trifluviens, et qui donne à souhaiter de les voir de nouveau réunis dans l'avenir.  

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