Marie-Thérèse Fortin: la plénitude de la maturité

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La comédienne Marie-Thérèse Fortin apparaît dans le dernier film de Bernard Émond, Le journal d'un vieil homme.

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François Houde
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Si le vedettariat a ses évidents avantages et fait rêver, il est d'autres valeurs qui comptent davantage aux yeux de beaucoup de comédiens, surtout s'ils ont eu le privilège de durer. La crédibilité, le respect des pairs et du public est une richesse probablement bien plus grande et voilà pourquoi Marie-Thérèse Fortin connaît, depuis quelques années, les plus belles de sa fructueuse carrière.

La comédienne apparaît aujourd'hui dans le dernier film de Bernard Émond, Le journal d'un vieil homme. Elle y a non seulement le plaisir de jouer pour un cinéaste qu'elle aime et admire mais aussi celui d'incarner un personnage différent de ceux qu'on lui offre souvent. L'épouse, apparemment superficielle, du personnage central du film, un homme brillant qui contemple gravement sa mort dont il est seul à savoir qu'elle est imminente. À ses côtés, sa jeune épouse pourrait même être perçue comme une pimbêche inconséquente qui pèse sur le quotidien d'un homme chez qui la passion est éteinte.

Marie-Thérèse Fortin ne le voit pas de cet oeil. «Avec Bernard Émond, on a beaucoup parlé du personnage, explique-t-elle, et on convenait que cette femme, Barbara, avait une véritable fonction dans cette histoire. Elle et son mari traversent un tumulte et on sent qu'elle essaie, consciemment ou non, de ramener son mari dans le monde des vivants en l'inondant presque de considérations très concrètes: un arbre du jardin à émonder, problèmes de discipline de leur fille adolescente, etc. Elle cherche à retrouver l'homme qu'elle a connu jadis parce qu'elle n'arrive pas à admettre qu'il ne le soit plus.»

Communauté d'esprit

«On comprend à travers le film que finalement, quelle que soit la volonté qu'on y met, on ne peut rien pour les gens qui arrivent là où en est son mari. On comprend que leur mariage a fonctionné mais lui n'en est plus là et elle n'y peut rien. Cette tension entre les deux témoigne de quelque chose que je trouve très beau et que Bernard a traité avec beaucoup de sensibilité.»

En Émond, elle a sans doute trouvé un réalisateur avec lequel elle a des similitudes, ne serait-ce que dans la profondeur de leur réflexion sur les personnages qu'ils adoptent. «Ce que j'aime avec Bernard c'est qu'il va à l'essentiel, au fond des choses. Il n'y a rien à retrancher à son scénario. De mon côté, j'ai simplement tenté d'inventer un passé à mon personnage. Je me dis qu'elle voit les choses changer, qu'elle en a une peur bleue et elle se bat pour conserver ce qu'elle a. J'avais besoin de lui construire une vraie existence et là, je la comprends.»

Cette recherche en dit assez long sur son approche du métier qui est infiniment plus qu'un gagne-pain. «C'est un luxe de faire ce métier-là parce qu'il permet, surtout avec des auteurs du calibre de Bernard Émond, de réfléchir sur le sens des choses, de la vie. Moi, j'ai toujours fait ça, c'est dans ma nature.»

C'est peut-être cette approche qui fait qu'on lui offre enfin aujourd'hui des rôles qui correspondent à son âge. «Dès le Conservatoire, on me donnait des rôles de femmes plus âgées, de mères. Aujourd'hui, ils me conviennent parfaitement et depuis une dizaine d'années, je vis assurément les meilleures années de ma carrière d'interprète grâce à la qualité des rôles qu'on m'offre.»

La chose est favorisée par la polyvalence de l'artiste qui semble aussi à l'aise sur les planches que devant les caméras, qu'elle soit du cinéma ou de la télévision. «La petitesse du marché au Québec fait qu'on est porté à faire le plus de choses possible pour être en mesure de travailler constamment. Tant mieux, parce que moi, j'aime la diversité.»

«Par contre, poursuit-elle, je dois obligatoirement revenir régulièrement au théâtre parce que j'ai été formée pour ça et que pour moi, c'est comme revenir à la base, l'équivalent de faire des gammes pour un musicien.»

Elle ne rejette pas le divertissement populaire pour autant. «Je me sens privilégiée de jouer dans Mémoires vives à la télévision, par exemple. D'abord, parce que c'est un type d'écriture unique, à long terme, dans laquelle le personnage qu'on interprète évolue beaucoup. D'un autre côté, la télévision offre l'opportunité unique de rejoindre un très gros bassin de gens. C'est de l'art populaire mais dans l'aspect noble du terme. Ça me plaît beaucoup. Ça me permet d'explorer toutes les facettes de mon métier.»

On la verra également à TVA cet automne dans la série Boomerang. Fidèle à son parcours varié, elle apparaîtra également sur les planches alors qu'elle sera de la distribution d'un spectacle musical autour d'Édith Piaf intitulé Piaf a 100 ans. Vive la môme! et qui effectuera un arrêt à Trois-Rivières le 13 novembre prochain à la salle J.-A.-Thompson.

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