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La belle et folle aventure de l'été à l'Amphithéâtre

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De gauche à droite: Lydia Bouchard (danseuse et chorégraphe), Ariane Cabana (Ginette), les acrobates Jonathan Julien, David Girard et Jonathan Brochu, de même que Martin Paquette (l'homme fort) et Philibert Hébert-Filion (Géant Beaupré).

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Avec seulement deux représentations à présenter au public de l'Amphithéâtre Cogeco, les membres de la troupe du spectacle Le Monde est fou avaient peine à imaginer vendredi avant-midi qu'ils quitteraient sous peu la production qui a fait les beaux jours de leur été. Réunis à sept dans le salon adjacent à leurs loges, autant ils échangeaient joyeusement les anecdotes, autant ils avouaient une pointe de tristesse en toile de fond.

«Tu nous prends un peu dans un moment de deuil», observe l'acrobate David Girard. Car au-delà de leur vingt représentations, ils auraient volontiers étendu l'expérience à 60 spectacles, renchérit la danseuse Lydia Bouchard qui, à l'image des autres membres de la troupe, a été épatée par la synergie qui s'est formée au cours de l'été. «Il y a beaucoup de belles petites équipes dans les événements spéciaux, mais ici, on s'est vraiment ramassé avec un dream team...»

Les artistes ont eu l'impression de former une famille sur scène, en coulisses et à l'extérieur de l'amphithéâtre, mais ils ont aussi apprécié ce qui se passait devant la scène. Chaque soir, on a  tâté le pouls des spectateurs avant les représentations avec intérêt. Or, selon les soirées, le public trifluvien s'est révélé parfois contemplatif, parfois participatif, mais toujours chaleureux, disent-ils.

«Il y avait dans le public une soif de recevoir quelque chose de différent et de nouveau. Les gens étaient vraiment ouverts», observe l'acrobate Jonathan Brochu. «Je n'avais jamais fait un show de cirque où les gens chantent les paroles avec nous. Des fois, on se sentait comme des rock stars», ajoute David Girard.

En circulant dans la foule, l'homme fort Martin Paquette s'est dit surtout émerveillé par les commentaires des spectateurs alors que de son côté, Ariane Cabana (Ginette) affirme avoir été elle-même contemplative à ses heures. «Un de mes bouts préférés du spectacle, c'était lorsqu'on est assis sur la ville qui avance vers les gens. Ma seule job à ce moment-là, c'était de regarder le public et, chaque soir, je trouvais émouvant de voir plus de 3000 personnes assises là, prêtes à recevoir ce qu'on avait à leur proposer, avec un ciel magnifique derrière...» Le site était magique, reconnaissent-ils. D'ailleurs par deux soirs, ils ont joué sous une pleine lune, note Jonathan Brochu.

Cela dit, la troupe a évidemment connu ces petits accrocs qui les font aujourd'hui rigoler. Comme cette fois où les murs trampolines n'avaient pas été installés exactement au bon endroit et donc pas tout à fait dans l'éclairage... Cette autre fois où les deux acrobates à l'intérieur des jambes du Géant Beaupré ne parvenaient plus à sortir de là. Et cette représentation, la semaine passée, où la troupe a perdu Brochu, affairé à soigner le dessous de son oeil qui était ensanglanté après qu'il eut reçu une batterie de lumière lors de l'explosion de la voiture du premier tableau. «J'ai réussi à avoir deux pansements de rapprochement juste avant mon numéro de mats chinois...», sourit l'acrobate originaire de Shawinigan.

Enfin, on se souviendra aussi longtemps de l'effervescence folle qui régnait les jours qui ont précédé la première. Car même si le metteur en scène avait une idée claire du spectacle, la production s'est concrétisée en un temps fou, notent les artistes. «Ça a vraiment été une création en trois semaines. Tu dis ça à n'importe qui dans le milieu et on va te dire que ça ne se peut pas», fait valoir Lydia Bouchard. Surtout que dans cette équipe, personne n'avait envie de donner du déjà-fait, ajoute-t-elle. 

Les journées ont été très longues et tout aussi physiques. «Le samedi précédent la première, ouf... On' y croyait pas tant», avoue l'un d'eux, notant qu'au départ, rien ne fonctionnait dans les transitions. «Le lundi, le jell-o a commencé à prendre», disent-ils. Juste à temps pour la générale du mardi. «L'enchaînement de la structure du début à la fin a pris forme en trois jours. Avant, on voyait tout comme un cabaret en morceaux... Il fallait qu'il arrive un miracle et le miracle s'est produit», disent-ils. 

La raison tient beaucoup à l'esprit de famille qui s'est développé, considère Martin Paquette, qui en était à sa première expérience du genre. Un esprit de corps qui était d'ailleurs palpable encore vendredi à les écouter raconter joyeusement un été qu'ils ont trouvé résolument trop court. «Effectivement, on est un peu en deuil», observe Jonathan Julien, sourire en coin. «Je vois arriver la fin et je ne suis pas d'accord...»

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