Christine Beaulieu incarne le fantasme masculin

La Trifluvienne d'origine Christine Beaulieu est ravie de... (Photo: courtoisie)

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La Trifluvienne d'origine Christine Beaulieu est ravie de constater que son personnage est bien accueilli par la gent féminine, comme elle le souhaitait. En contrepartie, les hommes ne lui font pratiquement aucun commentaire. «Je crois qu'ils n'osent pas venir me parler...», constate la comédienne.

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Linda Corbo
Linda Corbo
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le moins que l'on puisse dire, c'est que la comédienne Christine Beaulieu, originaire du secteur Pointe-du-Lac à Trois-Rivières, fait cligner bien des yeux au cinéma ces jours-ci dans le long métrage Le Mirage, qui connaît un franc succès. En incarnant la belle Roxanne, obsession du personnage Patrick Lupien (Louis Morrissette), elle aborde le rôle le plus sexy de sa carrière. Or, au-delà du mirage, ce personnage n'était pas si évident à incarner.

Pour bien servir le long métrage, Christine Beaulieu devait devenir un fantasme masculin tout en ne se faisant pas détester de la gent féminine, une tâche délicate qu'elle honore d'une superbe manière. Depuis que le film est sorti, elle savoure les réactions positives et constate qu'elle a réussi son pari.

«C'était périlleux car c'est vraiment le genre de fille qu'on peut détester. Louis (Morrissette, auteur) le savait, Ricardo (Trogi, réalisateur) le savait aussi et il était très important pour moi qu'elle soit très réelle», fait valoir la comédienne. «Je ne voulais pas qu'elle soit snob. Je pense que c'est une fille qui peut tomber dans la bouette et en rire. Je voulais aimer ce personnage. C'est une fille pas compliquée malgré toute son organisation physique bien parfait», dit-elle.  «Personnellement, je n'ai pas du tout été élevée dans la superficialité. J'ai grandi à Pointe-du-Lac, je viens d'un milieu super modeste et j'ai tondu le gazon. J'ai essayé de la rendre la plus vraie et la plus sensible possible.»

Pour incarner ce rôle, elle a mis un frein à toute pudeur. «C'était un grand challenge d'assumer ma féminité de manière aussi totale mais, honnêtement, il était temps que je le fasse et que je présente cette facette sans avoir peur d'être étiquetée. En même temps, c'est super d'incarner des femmes aussi à l'aise avec ce qu'elles sont», dit-elle. «Ma mère est elle-même une femme complètement décomplexée et encore aujourd'hui, à 68 ans, elle l'est toujours. Nous sommes quatre filles chez nous et elle a toujours voulu qu'on soit bien avec qui on est.»

Ce qui ne veut pas dire qu'il était plus facile de se regarder sur grand écran. «Je crois que c'est pire», confie la comédienne. «C'est toujours dur de se voir à l'écran, et encore plus dans ce genre de personnage», réalise-t-elle. «Si tu joues une fille un peu maganée par la vie, tu acceptes tes défauts parce qu'ils peuvent exister. Mais Roxanne, idéalement, c'est la femme parfaite et là, les défauts apparaissent plus forts et je les vois à la loupe...» Les faux seins ajoutent encore à la transformation. «Il a fallu des heures pour m'installer cette prothèse! Des seins comme ça, ça change beaucoup et ça envoie un message très clair.»

C'est entre autres avec cette poitrine que sa Roxanne fait perdre la tête à son ami de couple, Patrick, qui étouffe déjà dans une relation conjugale agonisante, au centre d'un quotidien axé sur la consommation, dans un commerce qui croule sous les dettes et au coeur d'une série de non-dits qui démontrent encore plus à quel point le couple s'est perdu dans cette galère. Le propos suscite la réflexion au sein du public, et l'a fait aussi chez la comédienne. «Je n'ai pas d'enfant, mais je veux fonder une famille un jour et je trouve qu'il y a quelque chose d'épeurant là-dedans...», dit-elle.

Professionnellement, ce personnage avait toutefois quelque chose de réjouissant à honorer, d'autant plus qu'il est tout à fait à l'opposé de celui de Marianne, qu'elle incarnait dans son film précédent Ceci n'est pas un polar, une femme toute en pudeur et totalement fermée.  

Pour elle, qui est une habituée du théâtre et des films d'auteur, Le Mirage est à ce jour le film le plus large public que Christine Beaulieu a proposé, et elle en est ravie. «Je n'avais jamais touché une affaire qui rejoint le monde autant.» Malgré un parcours déjà éloquent, plusieurs lui ont mentionné qu'ils ne la connaissaient pas avant de la découvrir dans ce film. «Être connue, c'est comme un passage obligé dans ce métier-là. C'est vrai que ça ouvre des portes. Par la suite, ça devient plus rassurant pour un producteur de t'engager.» Cela dit, elle demeure prudente. «J'ai appris à ne pas m'attendre à trop d'affaires», note-t-elle.

Quant à ses proches, qui sont habitués de la voir incarner une panoplie de personnages, ce n'est pas tant ce film qui est susceptible de les surprendre, que l'ensemble de l'oeuvre. «Des fois, j'ai l'impression qu'ils sont un peu dépassés. J'étais une enfant très timide et peu expressive alors que mes soeurs, elles, étaient très expressives et très drôles. Disons qu'ils n'auraient pas misé un gros montant sur moi à 10 ou 12 ans...», rigole-t-elle.

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