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Première de la revue American Story Show: voyage sur quatre décennies

Rick Hughes semble prendre un plaisir presque coupable...

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Rick Hughes semble prendre un plaisir presque coupable à incarner les Bob Dylan, Jimi Hendrix, Kurt Cobain, Styx, The Eagles, et Jim Morrison de ce monde. On se réjouit de le voir dévorer les succès rock.

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Myriam Lortie
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Si la production American Story Show misait sur une valeur sûre en s'appuyant sur la revue des plus grands succès américains de 1960 à 1999, encore fallait-il livrer la marchandise. C'était soir de première jeudi à la salle J.-Antonio-Thompson de Trois-Rivières. Avant-même le début du spectacle, l'assistance claquait des mains, réclamant un remarquable trio d'interprètes, composé de Kim Richardson, Rick Hughes et Marc-André Fortin. Le voyage pouvait commencer.

C'est un retour dans une mémoire collective bien ancrée que propose ce spectacle mettant de l'avant l'histoire américaine. À travers une centaine de classiques musicaux, on nous fait revivre plusieurs faits marquants des États-Unis.

Sur de grand écrans amovibles, les images d'archives prennent vie accompagnées des crédits de chacune des chansons. Tout le monde s'y retrouve et remet donc plus facilement ces airs familiers dans leur contexte original. On aurait toutefois avantage à avoir plus de temps pour lire ces précieuses descriptions.

Elvis Presley, Ray Charles, Louis Armstrong, The Beach Boys, The Doors, Johnny Cash défilent sur scène dans un enchaînement soutenu. Derrière, plusieurs moments de l'histoire américaine nous sont racontés allant de la guerre du Vietnam au premier Woodstock, en passant par le premier pas de Neil Armstrong sur la lune ou encore l'arrivée de l'émission de télé The Price is Right

Le rythme est rapide, mais nécessaire à ce panorama musical. Le voyage se fait en deux temps: les années 60 et 70 se font avant la pause tandis qu'on revisite les années 80 et 90 en deuxième partie, le temps de donner la chance au public de laisser décanter tous ces hits.

C'est à Mike Gauthier qu'on a confié le titre de recherchiste et directeur musical. Il avait le mandat de trier les plus grands morceaux de chacune de ces périodes. Certes, la sélection n'est pas imprévisible, mais la tâche ne demeurait pas moins colossale.

Un répertoire si minutieusement choisi ne serait rien sans les solides voix des interprètes. Complémentaires par leurs forces, Kim Richardson, Rick Hughes et Marc-André Fortin sont bien choisis pour porter un si large répertoire. C'est sur eux que reposait le succès de cette production. Ceux-ci forment un trio surprenant qu'on prend plaisir à aimer.

Impossible de passer sous silence la performance éclatante de Kim Richardson, qui occupe avec puissance toute la place qui lui est réservée dans cette production. Sa voix, pleine de caractère et de coffre, vient donner des frissons à plusieurs reprises. Difficile de ne pas être touché devant A Change Is Gonna Come, de Sam Cook, avec des images du discours de Martin Luther King en arrière-plan. Sans porter ombrage à ses collègues, il faut toutefois dire qu'elle rayonne sur scène. Son grain de voix épouse merveilleusement bien celui de Janis Joplin ou de Barbra Streisand. C'est également celle qui occupe le plus la scène de par ses mouvements de danse, autant sur du Flashdance que sur du Michael Jackson.

Rick Hughes de son côté semble prendre un plaisir presque coupable à incarner les Bob Dylan, Jimi Hendrix, Kurt Cobain, Styx, The Eagles et Jim Morrison de ce monde. C'est également lui qui assure un contact constant avec la foule, autant dans son énergie, son regard, que dans ses déplacements. Il fait un Elvis de lui en allant agripper la main des spectateurs en délire. Il en a aussi profité pour rappeler ses souvenirs de tournée avec Bon Jovi, juste avant d'entamer You Give Love A Bad Name. On se réjouit de voir Rick Hughes dévorer les succès rock. 

Marc-André Fortin se fait plus discret en première partie, mais on peut toutefois souligner ses interprétations de American Pie au piano ou encore de The Bridge Over Troubled Water de Simon and Garfunkel, avec les images d'Apollo 13 en filigrane. Rick Hugues a vanté les talents de la jeune recrue et le plaisir qu'il avait à chanter à ses côtés. S'en est suivie une touchante interprétation de l'ex-Académicien de la pièce Live To Tell de Madonna. 

Les nostalgiques apprécieront le fait que les classiques conservent leur allure et leur essence. Sans dénaturer les chansons, les trois chanteurs se fondent plutôt dedans, question de réellement faire revivre le passé. Bien qu'on n'aille pas jusqu'à l'imitation pure et simple, on tend à se rapprocher des voix originales.

On nous propose un immense medley auquel l'envie de chanter est difficile à résister. C'est un spectacle qui fait appel à la mémoire. C'est la trame sonore d'un pan de l'histoire américaine oui, mais également de nombreux récits individuels. Chaque chanson évoque un souvenir. 

La production ne prétend certainement pas réinventer la formule, mais propose plutôt un véhicule de voyage dans le temps. Les extraits sont très courts, afin de cibler directement le coeur des chansons. Quarante ans d'histoire sont étalés sur scène, pour un spectacle de deux heures, très chargé, mais informatif aussi. 

On en ressort transporté par cette histoire pas si lointaine. «L'Amérique s'est construite une chanson à la fois», nous dit-on. On en apprend sur ces morceaux qui ont marqué l'imaginaire et on comprend davantage le rôle de la musique autant comme moteur de changement, mais comme reflet d'une époque également. La foule tape du pied, des mains, chante et se dandine sur son siège.

Heure de tombée obligeant, il était impossible d'assister aux dernières minutes du spectacle.

Présentée en primeur tout l'été, la revue fera sa grande première montréalaise les 15, 16 et 17 octobre, au Théâtre Saint-Denis. D'ici là, les trois artistes seront en spectacle jusqu'au 8 août prochain, à la salle J.-Antonio-Thompson de Trois-Rivières.

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